Dans un communiqué publié ce 13 mai, le maire des 15e et 16e arrondissements de Marseille condamne l’interception par la marine israélienne de bateaux de la flottille humanitaire mondiale pour Gaza, partis début avril depuis le port de l’Estaque.
La prise de position intervient quelques jours après la libération des deux militants retenus en Israël. Thiago de Avila, ressortissant brésilien, et Saïf Abukeshek, espagnol d’origine palestinienne, avaient été arrêtés le 30 avril lors de l’interception par l’armée israélienne de plusieurs navires de la flottille « Global Sumud » au large de la Crète. Ils ont été libérés et expulsés le 10 mai. Saïf Abukeshek a déclaré avoir subi des insultes, des interrogatoires violents et des pressions psychologiques. Il a annoncé son intention de rejoindre à nouveau la flottille, dont une vingtaine de navires ayant échappé à l’interception se trouvent en Turquie pour poursuivre leur route vers Gaza selon l’agence Media Palestine.
Marseille, port de départ
Deux bateaux achetés par la campagne française sont partis le 4 avril 2026 de Marseille, rejoints par les dix-huit navires du mouvement Thousand Madleens France. Pendant plus d’un mois, des bénévoles s’étaient affairés dans un hangar du port de l’Estaque à préparer une vingtaine d’embarcations, avec le soutien des habitants du quartier expliquent France Palestine Solidarité et Reporterre.

La mairie des 15e-16e, dirigée par Jean-Marc Coppola (PCF) dont le ressort territorial englobe l’Estaque, affirme dans son communiqué que cet arraisonnement et l’arrestation de militants pacifiques « constituent des violations graves du droit international ». Elle rappelle que la France ayant reconnu l’État de Palestine, les autorités de la République ont selon elle « le devoir de garantir le droit de la Palestine à accepter souverainement l’aide humanitaire dans ses ports, sans interférences d’États étrangers ».
Une exposition en écho
La mairie annonce également accueillir l’exposition « Déplacer le silence : 40 artistes et poéte·sses de Gaza », organisée par le collectif Maan for Gaza Artists, du 16 mai au 5 juin à Jeanne Barret, 5 boulevard de Sévigné (15e).
La moitié des artistes représentés sont aujourd’hui accueillis en France, l’autre moitié reste bloquée à Gaza. L’exposition sera prolongée par des rencontres les 21 et 22 mai au Mucem, réunissant artistes, chercheurs et institutions culturelles autour de la question de la création en temps de destruction.










