Entretien avec Jérôme Lavandier, Directeur International IARD de Verlingue, courtier en assurances français indépendant, à dimension internationale, au cœur des enjeux de défense.
La filière défense traverse une phase d’accélération. Comment analysez-vous cette transformation ?
Jérôme Lavandier : Nous assistons à une transformation profonde de l’industrie de Défense française. La montée en cadence industrielle est réelle, portée par des investissements massifs et un contexte géopolitique exigeant. Mais, en parallèle, les industriels font face à des contraintes croissantes, notamment dans leur accès à l’assurance. Nous observons un décalage tangible entre l’intensité de la production demandée et la capacité immédiate du marché assurantiel à accompagner cette montée en puissance.
Justement, quelles sont les principales difficultés rencontrées par les industriels en matière d’assurance ?
Jérôme Lavandier : Elles sont multiples et souvent structurelles. D’abord un nombre significatif de refus ou restrictions de couverture naissent de la perception du secteur comme « sensible » ou « à risque » par les assureurs : sans présentation d’une analyse fine de leur activité, certaines entreprises peuvent se trouver exclues des standards de sélection des assureurs. Par ailleurs, les demandes d’informations souvent invasives de ces derniers peuvent aussi s’avérer peu compatibles avec les exigences de confidentialité du secteur de l’industrie de Défense. Enfin l’empilement des différentes couvertures d’assurances, requis par les donneurs d’ordre publics ou privés, ajoutent une pression budgétaire accrue, notamment pour les PME de la supply chain.
Ces difficultés ne sont pas anecdotiques : elles peuvent freiner directement la capacité de production et d’investissement des industriels.
Dans ce contexte, quel rôle avez-vous été amené à jouer dans cet écosystème ?
Jérôme Lavandier : Nous avons été missionnés pour intervenir à deux niveaux : premièrement, une contribution à l’échelle de la filière en participant aux actions de sensibilisation des autorités publiques sur les enjeux assurantiels, en structurant un discours mettant en valeur les réalités industrielles et les engagements RSE des entreprises et en analysant les acteurs pour identifier des problématiques communes et proposer des solutions adaptées.
Deuxièmement, nous accompagnons sur le plan opérationnel les industriels pour revoir leur stratégie de management des risques avec l’intervention de nos ingénieurs spécialisés en prévention. Ceci nous permet de négocier face aux assureurs en centrant l’attention sur la nature des activités industrielles, et non sur l’appartenance au secteur Défense.
Cette double approche, collective et individuelle, nous place au cœur même des enjeux de la BITD avec une vision combinée des risques et des assurances.
En quoi cette mission révèle-t-elle votre positionnement dans la filière ?
Jérôme Lavandier : Elle met en évidence une évolution majeure du rôle du courtier. Nous ne sommes plus uniquement un intermédiaire entre assureurs et assurés. Nous intervenons comme un acteur d’influence, de structuration et de transformation du marché.
Concrètement, cela signifie que nous contribuons à faire évoluer la perception du secteur Défense par les assureurs, adapter les pratiques assurantielles aux réalités industrielles et faciliter l’accès à des solutions de couverture dans un environnement contraint.
Votre indépendance est-elle un facteur clé dans ce contexte ?
Jérôme Lavandier : Oui, clairement. Notre statut de courtier français, indépendant et internationalisé est un élément déterminant, surtout pour un environnement où la souveraineté est un enjeu majeur. Nous ne dépendons financièrement d’aucun assureur et sommes donc totalement dévoués à la défense des intérêts de nos clients.
Dans un secteur sensible comme celui de la défense, cette indépendance est un facteur de confiance essentiel, à la fois pour les industriels et pour l’écosystème.
Qu’est-ce qui distingue concrètement votre approche auprès des acteurs de la BITD ?
Jérôme Lavandier : Notre différenciation tient à notre capacité à combiner trois dimensions. Tout d’abord, une approche technique et industrielle du risque à partir de laquelle nous analysons les entreprises dans leur réalité opérationnelle, et non à travers des filtres sectoriels simplifiés. Puis une capacité à structurer un narratif assurantiel qui nous permet de présenter les industriels au marché d’assurance sous l’angle de leur création de valeur, de leur maîtrise des risques et de leur contribution stratégique. Cela permet de lever nombre de blocages assurantiels.
Enfin, par une vision systémique de la filière, nous intervenons à l’échelle des entreprises, des chaînes de sous-traitance et plus largement de l’écosystème de la BITD.
Peut-on dire que vous êtes devenu un acteur structurant de la filière ?
Jérôme Lavandier : Ce que nous constatons, c’est que notre rôle dépasse désormais largement le périmètre traditionnel du courtage grâce à nos interventions sur l’identification des problématiques communes, le dialogue avec les pouvoirs publics, la structuration de solutions adaptées et sur l’accompagnement direct des industriels.
Tout cela nous permet effectivement de structurer pleinement la réponse assurantielle aux enjeux de la BITD.
Quel message souhaitez-vous adresser aux dirigeants industriels de la Défense ?
Jérôme Lavandier : Le contexte est exigeant mais porteur. La montée en puissance de la production est une opportunité majeure, mais elle doit être maîtrisée. Notre conviction est claire : la capacité à sécuriser ses risques devient un levier de performance industrielle et de souveraineté.
C’est précisément sur cette équation et avec notre expérience que nous accompagnons les acteurs de la filière.
À propos de Verlingue :
Courtier en assurances spécialisé dans la protection des entreprises, Verlingue s’impose aujourd’hui comme un acteur engagé de l’écosystème de la Défense, en structurant des réponses assurantielles adaptées aux enjeux industriels, financiers et souverains de la BITD. Filiale du groupe Adelaïde, Verlingue se donne pour ambition de faire du management des risques et de la protection des collaborateurs un véritable levier de création de valeur et de performance pour ses clients. Implanté en France, au Portugal, en Suisse, au Royaume-Uni, en Italie, et présent via des partenaires dans plus de 100 pays, Verlingue accompagne ses clients, dans la durée et à chaque instant, pour mieux comprendre et anticiper les nouveaux risques afin de concevoir des solutions simples et performantes.
1 600 collaborateurs dont 600 à l’international
3 400 M€ de primes négociées pour le compte de ses clients
5 pays d’implantation en Europe / Présent via des partenaires dans plus de 100 pays
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