C’était une rumeur, insistante. C’est désormais une certitude. Dans une interview accordée au Figaro mercredi 8 avril, Renaud Muselier a officialisé sa candidature aux élections sénatoriales de septembre prochain dans les Bouches-du-Rhône, annonçant dans le même mouvement qu’il quitterait la présidence de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur s’il était élu. « En septembre, je serai candidat aux élections sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône. Ce choix est mûrement réfléchi », annonce-t-il en parallèle sur ses réseaux sociaux.
En septembre, je serai candidat aux élections sénatoriales.
— Renaud Muselier (@RenaudMuselier) April 8, 2026
Un choix mûrement réfléchi, pour servir ma région et notre pays, sur lequel je reviens dans @Le_Figaro ⤵️https://t.co/eTMka5ogUf
À la tête de la Région Sud depuis 2017, le président Renaissance de Paca, ancien cadre des Républicains, justifie ce choix par une volonté de peser davantage dans le débat national, à un an de l’élection présidentielle, « la mère des batailles », tout en présentant cette candidature comme une continuité de son engagement « contre les extrêmes ». « Cette présidentielle est celle de tous les dangers. C’est pour ça que je vais mener ce combat à Paris », justifie-t-il.
Féderer toutes les forces politiques de la droite et du centre du département
Un repositionnement qui n’est pas sans risque. Dans les Bouches-du-Rhône, terre de rivalités anciennes entre la droite classique, le centre et le Rassemblement national, le scrutin sénatorial repose sur un corps électoral d’élus locaux où les alliances comptent autant que les étiquettes. Renaud Muselier devra convaincre bien au-delà de son socle et composer notamment avec les réseaux de la droite traditionnelle, encore puissants dans le département.
Ce à quoi il s’attelle déjà. « Je suis le candidat Muselier, qui veut fédérer toutes les forces politiques de la droite et du centre dans le département des Bouches-du-Rhône, pour faire élire près de quatre sénateurs. C’est l’objectif, ce sera ma méthode » annonce-t-il.
« A la Région, j’ai le sentiment du devoir accompli » (Renaud Muselier)
Un « retrait », comme sifflent déjà certains, à deux ans d’élections régionales très incertaines face à la poussée du Rassemblement national dans la région, comme l’ont encore montré les dernières municipales ? Lui s’en défend : « On m’a toujours prédit les défaites, j’ai toujours ramené les victoires, lance-t-il dans la même interview. Sous ma présidence, la Région a multiplié les succès (…) J’ai le sentiment du devoir accompli. Je suis candidat au Sénat et je quitterai mon fauteuil de président si je suis élu, fin septembre, mais je n’abandonnerai pas le Conseil régional ».
François de Canson en pole pour lui succéder ?
Son éventuel départ anticipé lance déjà, en tout cas, les spéculations sur sa succession à la tête de l’exécutif régional. Alors que Christian Estrosi, premier vice-président et successeur naturel, sort affaibli de la séquence municipales après sa défaite face à Eric Ciotti à Nice, c’est le nom de François de Canson qui ressort avec insistance. Et l’appui du – toujours – patron de la Région.
Actuel troisième vice-président de la Région et président du Comité régional de tourisme, le maire largement réélu à La Londe-les-Maures (Var) coche toutes les cases pour Renaud Muselier : « Il a beaucoup de qualités pour réprésenter la projection de la Région dans l’avenir », dit-il. Mais d’ici septembre, beaucoup de choses peuvent encore se passer.
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