« Nous ne lâcherons pas. » C’est la phrase que prononce Sophie Joissains, maire d’Aix-en-Provence, lorsque Philippe Klein l’interroge en conseil municipal le 10 octobre sur la gestion des huit parkings du centre-ville aujourd’hui pilotés par la Métropole. « La Ville va-t-elle récupérer la gestion ? Ou alors d’autres projets sont-ils en cours ? », demande encore l’élu. Sophie Joissains, droite sur son siège, réplique : « Ces parkings permettent la piétonnisation de la Ville, de faire venir les gens lors des manifestations sportives et culturelles. Nous ne lâcherons pas. »
L’affaire remonte à la délibération métropolitaine du 15 décembre 2022, par laquelle la Métropole Aix-Marseille-Provence (MAMP) déclare d’« intérêt métropolitain » plusieurs parkings du centre d’Aix : Méjanes, Carnot, Cardeurs, Bellegarde, Mignet, Pasteur, Signoret et Rotonde. Depuis, leur gestion relève du budget métropolitain, au nom d’une stratégie globale de mobilité. L’objectif affiché par la Métropole : harmoniser la politique du stationnement à l’échelle du territoire, mieux articuler parkings et transports en commun, et favoriser le report modal.
La gestion des parkings aixois restent à la Métropole
La Ville d’Aix s’oppose dès le départ à cette intégration. Elle considère que ces parkings, situés au cœur de la cité, relèvent d’un intérêt purement communal dans une « politique de piétonnisation. » Pour la majorité municipale, perdre la main sur leur gestion reviendrait à se priver d’un outil stratégique : réguler le stationnement, accompagner la piétonnisation, soutenir le commerce de proximité et gérer les flux lors des grands événements culturels.

La Ville dépose donc un recours le 15 février 2023 en annulation contre la délibération métropolitaine de 2022. L’affaire est examinée par le tribunal administratif de Marseille, qui rend son jugement le 16 octobre dernier : le recours est rejeté. La juridiction estime que « les aires et parcs de stationnement présentent un intérêt métropolitain dès lors qu’il s’inscrivent dans la politique de la Métropole de promotion des transports en commun. » Autrement dit : la gestion des parkings reste de compétence métropolitaine.
« Nous ferons appel »
Au micro de nos confrères de Ici Provence, la Ville confie son « étonnement » : « Quand vous vous garez au parking Mignet, Rotonde, Carnot ou Bellegarde, vous ne prenez pas de transport en commun. Vous immobilisez là votre voiture pour pouvoir partir en pied. Ce n’est pas une politique de mobilité, c’est une politique d’attractivité de la ville et de service aux habitants. »
Le 10 octobre, Sophie Joissains avait anticipé l’éventualité d’un revers. « Nous ferons appel si la décision ne nous convient pas », avait-elle déclaré devant les élus. Promesse tenue : la Ville d’Aix dépose un appel auprès de la cour administrative d’appel de Marseille, contestant le raisonnement du tribunal. La Maire annonçait aussi « travailler sur trois nouveaux projets (que) nous pourrons bientôt ouvrir à la concertation, mais je ne peux pas encore indiquer la localisation », lors du dernier conseil. « On a un besoin de places de stationnement qui est crucial », conclut-elle.
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