Alors que la France s’apprête à battre un nouveau record de faillites, la région Sud fait figure d’exception. Selon la dernière étude d’Allianz Trade, leader mondial de l’assurance-crédit (1), la région affiche une baisse de 3 % des défaillances d’entreprises au 3e trimestre 2025 par rapport à la même période en 2024. Mieux encore, sur les neuf premiers mois de l’année, la baisse atteint 8 %, faisant de Provence-Alpes-Côte d’Azur la seule région française à enregistrer une diminution depuis le début de l’année.
Un ralentissement après deux années sous tension
Après des envolées spectaculaires (+31 % en 2023 et +15 % en 2024), cette accalmie confirme un certain retour à la normale, même si le niveau des défaillances reste élevé : 1 379 entreprises ont été placées en procédure collective entre juillet et septembre.
Mais la tendance n’est pas uniforme sur le territoire. Deux départements se distinguent particulièrement. Les Bouches-du-Rhône affichent ainsi une baisse de 12 %, et les Alpes-Maritimes de 7 %. À l’inverse, le Vaucluse connaît une hausse marquée de 20 %, tandis que le Var (+6 %), les Alpes-de-Haute-Provence (+4 %) et les Hautes-Alpes (+4 %) connaissent de légères progressions.
Les Bouches-du-Rhône en première ligne
Avec 547 faillites enregistrées au troisième trimestre, les Bouches-du-Rhône restent malgré tout le département le plus impacté et concentre près de 40 % des défaillances régionales, loin devant les Alpes-Maritimes (313) et le Var (293). La région Sud demeure ainsi dans le Top 4 des régions les plus touchées de France, derrière l’Île-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Nouvelle-Aquitaine.
Les services restent le secteur le plus exposé, représentant 35 % des faillites régionales. Ils devancent la construction (22 %) et le commerce (21 %). L’hébergement-restauration arrive juste derrière (14 %), confirmant que la reprise touristique ne suffit pas encore à stabiliser toutes les entreprises du secteur.

À l’échelle nationale, un nouveau record attendu
La situation nationale, elle, continue de se dégrader : 14 438 défaillances ont été recensées en France au troisième trimestre, soit une hausse de 5 % sur un an. « Nous nous attendons à un nouveau record de défaillances d’entreprises en France pour 2025 », prévient Maxime Lemerle, responsable de la recherche défaillances chez Allianz Trade.

L’assureur prévoit au moins 67 500 cas d’ici la fin de l’année, soit +2 % par rapport à 2024, après trois années consécutives de fortes hausses (+49 % en 2022, +35 % en 2023, +17 % en 2024). En clair, le rythme des faillites reste durablement élevé, bien au-dessus des niveaux d’avant la pandémie de Covid.
Des risques en cascade à l’horizon 2026
La hausse ne concerne plus seulement les petites structures. À fin septembre, les entreprises défaillantes affichaient un chiffre d’affaires cumulé de 33,2 milliards d’euros et un passif fournisseurs de 6,6 milliards, des niveaux historiquement hauts.
Allianz Trade alerte aussi sur les risques de défaillances en chaîne, notamment à cause des tensions commerciales internationales. Les droits de douane américains décidés par l’administration Trump, qui devraient atteindre 14 % d’ici la fin de l’année, pourraient fragiliser les entreprises exportatrices françaises. « Si le commerce mondial ralentit, la France pourrait compter jusqu’à 6 000 faillites supplémentaires », avertit encore Maxime Lemerle.
Au niveau mondial, l’assureur anticipe une hausse des défaillances de +6 % en 2025 et +5 % en 2026, prolongeant ainsi un climat économique tendu, avant une timide amélioration en 2027.
Une vigilance toujours de mise
« Le risque clients en faillite reste plus fort à l’export que sur le marché domestique », souligne Maxime Lemerle, précisant que l’indice de défaillance à l’export a augmenté de 8 % en 2025, contre +6 % pour l’indice global. Pour les entreprises régionales tournées vers l’international – notamment dans la construction, la logistique ou le commerce -, la prudence reste donc plus que jamais de mise.
(1) Spécialiste reconnu dans les domaines de la caution, du recouvrement, du financement structuré et du risque politique, Allianz Trade, présent dans plus de 40 pays, se base sur son réseau d’intelligence propriétaire qui repose sur un accès instantané aux données de plus de 289 millions d’entreprises.
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