À l’occasion de la 20ᵉ édition des Assises de l’Économie de la Mer, Rodolphe Saadé, président-directeur général du groupe CMA CGM, a annoncé ce mardi 4 novembre l’immatriculation sous pavillon français de dix nouveaux porte-conteneurs géants propulsés au gaz naturel liquéfié (GNL). Une décision qui se veut hautement symbolique, associant souveraineté maritime, transition énergétique et emploi français.
Ces mastodontes, les plus grands au monde propulsés au gaz naturel liquéfié (GNL), illustrent la double ambition du groupe, rappelle ce dernier dans un communiqué : réaffirmer son « ancrage durable » en France, « au service de la puissance maritime et de la souveraineté française et européenne », ainsi que son « rôle moteur » dans la transition énergétique du transport maritime mondial.
Un investissement stratégique pour la France maritime
« CMA CGM a décidé d’immatriculer sous pavillon français dix nouveaux navires parmi les plus grands au monde. Propulsés au gaz naturel liquéfié, ils témoignent de notre confiance dans le secteur maritime français et ses acteurs », se félicite Rodolphe Saadé, soulignant la création de 135 emplois de marins français et le partenariat renforcé avec l’École nationale supérieure maritime (ENSM).
Une manière, aussi, d’aligner son image de champion mondial sur celle d’un acteur stratégique au service de l’économie nationale.
Le pavillon français, c’est quoi ?
Battre pavillon français signifie qu’un navire est immatriculé en France, soumis au droit national et placé sous le contrôle de l’État. Cela implique des équipages comprenant des marins français, formés et encadrés selon les standards les plus élevés, le respect des règles sociales, fiscales et environnementales françaises et européennes, ainsi qu’un suivi régulier par l’administration maritime pour garantir la sécurité et la conformité du navire.
Pour CMA CGM, ce « choix fort » en faveur du pavillon français, souvent jugé trop contraignant face à la concurrence internationale, vise ainsi à « renforcer la compétitivité maritime française, en réaffirmant la place du pavillon national comme levier d’attractivité, d’investissement et d’innovation au service de la France maritime. Ces navires, parmi les plus grands porte-conteneurs du monde, relèveront du droit français en matière de sécurité et de conditions de travail à bord, affirmant ainsi le rayonnement et l’excellence du pavillon national. »
Des navires à la pointe de la décarbonation
Les nouveaux porte-conteneurs, d’une capacité de 24 212 EVP, comptent parmi les plus avancés technologiquement. Leur motorisation dual-fuel au GNL, compatible avec le biométhane et l’e-méthane, des carburants alternatifs bas carbone, permettra respectivement une réduction de -67% et -85% des émissions de CO₂, annonce CMA CGM, ainsi qu’une « diminution significative des polluants atmosphériques – émissions de soufre, de particules fines et d’oxydes d’azote. »
La construction de ces navires mobilise un réseau d’industriels 100 % européens et français, souligne encore l’armateur marseillais, dont GTT (concepteur des réservoirs GNL) et Bureau Veritas (certification).
Des noms évocateurs pour une flotte résolument tricolore
CMA CGM a choisi de baptiser ses dix nouveaux navires du nom d’un monument ou d’un lieu emblématique français : CMA CGM Notre-Dame, Panthéon, Orsay, Luxembourg, Pont-Neuf, Versailles, Austerlitz, Nation, Cluny et Longchamps. Ils doivent symboliser à la fois « la fierté nationale, le patrimoine commun et l’esprit d’audace de la France maritime ».
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