Vous êtes président pour la France de l’association GlobalAI, pouvez-vous nous la présenter ?
Pasquale Falconio : GlobalAI France est l’antenne française de la GlobalAI Association, une association internationale basée en Suisse. La GlobalAI Association a été fondée par Daniela Leveratto, Aldo Celasco, Hardik Makhija et Oreste Foppiani, en étroite collaboration avec Marco Bena, tous engagés dans de longues carrières internationales, autour d’une ambition commune : structurer et promouvoir une vision responsable, pragmatique et économiquement utile de l’intelligence artificielle à l’échelle internationale.
L’association définit un cadre stratégique global visant à accompagner l’innovation technologique, les entreprises et les institutions dans l’adoption de l’IA. Dans ce contexte, GlobalAI France agit comme un relais opérationnel et technologique. L’antenne française que je préside, avec Stefano Ascani à la trésorerie, a pour mission de décliner et de compléter, sur le terrain français, la vision portée par l’association internationale, en tenant compte des spécificités économiques, institutionnelles et culturelles locales. Nos actions s’articulent autour de la sensibilisation, de la formation, de la mise en réseau des acteurs et de la promotion d’une intelligence artificielle responsable, orientée vers l’impact économique et humain.
Quel parcours personnel vous a conduit à ce rôle ?
Pasquale Falconio : J’ai 49 ans, je possède les passeports italien et français et je vis en région Provence-Alpes-Côte d’Azur depuis cinq ans. Mon parcours est celui d’un professionnel international, construit à travers différentes industries et plusieurs pays, notamment l’Espagne, l’Allemagne et la France. J’ai débuté dans les technologies satellitaires et le broadcast média, avant d’évoluer vers l’informatique appliquée au secteur pharmaceutique.
À travers toutes ces expériences, un fil conducteur s’est imposé : la technologie n’est jamais une fin en soi, mais un moyen d’atteindre des résultats concrets et mesurables. C’est pour cette raison que je me suis formé en profondeur à l’intelligence artificielle, au machine learning et au deep learning, afin de comprendre les mécanismes réels et de mettre la technologie au service du progrès humain. Plus récemment, je me suis spécialisé davantage dans le machine learning, notamment à travers une collaboration avec le SAS Institute.
Quels sont selon vous les défis, les risques et les avantages de l’IA pour l’économie régionale ?
Pasquale Falconio : Le machine learning et l’IA générative accélèrent fortement les cycles d’innovation et permettent une véritable économisation du temps. Or, l’histoire montre que les technologies qui gagnent du temps et répondent à des besoins réels sont celles qui s’inscrivent durablement dans le paysage économique. L’IA générative deviendra progressivement une tâche quotidienne, intégrée naturellement à nos pratiques professionnelles. Le machine learning, quant à lui, constitue un nouvel instrument de vision, comparable aux télescopes de Galilée : il permet de voir plus loin, à travers des millions de données, là où nous étions auparavant limités dans notre capacité d’analyse.
Mais comme tout pouvoir, l’IA exige responsabilité et contrôle. Avec mon fils Luca, je regarde Harry Potter : la métaphore est parlante. L’IA est une « baguette magique »; elle peut produire le meilleur comme le pire. Il est donc essentiel de canaliser cette énergie autour de valeurs humaines, éthiques et responsables.
Conseilleriez-vous aux cadres dirigeants de se former à l’IA ?
Pasquale Falconio : Oui, sans hésitation. L’intelligence artificielle est incontournable et sera utilisée par tous. La question n’est plus de savoir s’il faut l’utiliser, mais comment. Se former permet de comprendre ce qu’est réellement l’IA, ses limites, ses usages, et notamment l’art du prompting. Un professeur universitaire d’électronique romain me disait : « Le monde peut faire ce que vous voulez, à condition de savoir lui demander. » C’était vrai autrefois, et c’est encore plus vrai aujourd’hui pour l’IA, pour celles et ceux qui savent bien l’interroger.
Les formations doivent être adaptées aux parcours professionnels : certaines seront plus techniques, d’autres orientées vers les usages, la stratégie ou le management. L’IA remet au centre des valeurs essentielles : la créativité, la résilience et la capacité d’exécution. Comme à l’époque de Léonard de Vinci, l’homme créatif redevient central. Mais l’homme résilient l’est tout autant. Dans ce contexte, l’IA peut devenir un formidable accélérateur pour tous les projets humains. Avec une approche éthique, telle que celle que nous nous efforçons de promouvoir et de soutenir au sein de notre association.
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