Le premier tour des élections municipales a confirmé, en région Sud, plusieurs tendances nationales : une participation relativement modérée, signe d’un désengagement électoral persistant malgré l’importance supposée des scrutins municipaux (56,17 % de participation dans les Bouches-du-Rhône, dans la moyenne nationale) et une recomposition du paysage politique local, sous l’effet notamment de la poussée puissante du Rassemblement national.
Elections après élections, le parti de Marine Le Pen confirme en effet son ancrage local, y compris désormais dans les grandes villes où il enregistre des performances notables. C’est le cas à Marseille, mais aussi Nice et Toulon, symboles de ce nouveau rapport de forces avec, dans ces deux cas, une droite traditionnelle bousculée comme jamais et une gauche marginalisée.
Nice : Ciotti bien parti face à Estrosi dans un duel fratricide
À Nice, la liste menée par Éric Ciotti, soutenue par l’Union des droites pour la République (UDR) et alliée au RN, arrive ainsi nettement en tête du premier tour avec 43,43 % des suffrages. A l’issue d’une campagne à l’ambiance délétère, il devance le maire sortant Christian Estrosi (Union de la droite/Horizons), qui obtient 30,92 % des voix.

Derrière ce duel à droite, la gauche apparaît fragmentée. Mireille Damiano (LFI-Viva) plafonne à 8,95% des voix alors que la liste (PS-PCF-Verts) conduite par l’écologiste Juliette Chesnel‑Le Roux recueille 11,93 %, en position de se maintenir au second tour, dans un triangulaire où l’enjeu sera notamment celui des reports de voix et des possibles recompositions à gauche comme au centre pour tenter de contrer la dynamique de la liste Ciotti.
Dès dimanche soir, Christian Estrosi en a ainsi appelé au sursaut des abstentionnistes et au « front républicain », demandant à la candidate de la gauche unie de se retirer. Une hypothèse rejetée par cette dernière, qui a déposé sa liste pour le second tour sans attendre, dans le journée de ce lundi 16 mars.
Toulon : le RN en tête, vers un duel incertain
À Toulon, autre ville clé de la région, la dynamique électorale est également favorable au RN. La députée Laure Lavalette arrive en tête du premier tour avec 42,05 % des suffrages, devançant la maire sortante (DVD) Josée Massi, créditée de 29,54 % et le sénateur Michel Bonnus, candidat des Républicains, avec 15,71 % des voix.
La candidate de l’union de la gauche, Magali Brunel, obtient 8,38 %, un score insuffisant pour se maintenir.

Malgré la qualification de trois candidats, c’est un duel qui se dessine désormais, Michel Bonnus ayant d’ores et déjà annoncé qu’il se désistait au profit de Josée Massi. « Oui je me retire. Il n’y a pas de débat là-dessus. J’ai toujours dit depuis le début que si j’arrivais en troisième position, je me retirerai. Maintenant, moi je veux rencontrer Josée Massi, me poser tranquillement avec elle et discuter », a indiqué ce dernier, sans préciser les modalités, désistement simple ou fusion des listes.
Des discussions qui laissent présager d’un résultat final encore bien incertain, dans une région devenue l’un des principaux « laboratoires » électoraux du pays, scruté de très près par tous les états-majors politiques.
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