À l’occasion de la remise des diplômes du programme « Savoir rouler à vélo » à plusieurs dizaines d’enfants marseillais, dans le quartier des Crottes à Euroméditerranée, Gomet’ a interrogé, le 30 juin dernier Aurélie Cousi, directrice générale d’Euroméditerranée, sur la place du vélo et des mobilités actives dans la transformation urbaine du territoire.
Que représente cette remise de diplômes organisée ce matin ?
Aurélie Cousi : Nous avons remis les diplômes à des enfants qui ont appris à faire du vélo sur un espace d’urbanisme transitoire que nous avons ouvert pour plusieurs années et que nous avons mis à disposition de la Recyclerie sportive (*). Il s’agit d’un terrain situé aux Crottes, destiné à accueillir ultérieurement un projet urbain, mais que nous avons souhaité valoriser dès aujourd’hui au bénéfice des habitants.
Pour nous, ce type d’initiative est essentiel. Dans la ville que nous construisons, le développement des transports en commun et des mobilités actives, notamment le vélo, constitue un enjeu majeur. Apprendre à faire du vélo dès le plus jeune âge participe pleinement à cette transformation.

Jusqu’à quand ce site peut-il être utiliser pour l’apprentissage du vélo ?
Aurélie Cousi : Le dispositif a été ouvert au début de l’année 2026 et l’occupation du terrain est prévue jusqu’à fin 2027. Nous bénéficions notamment d’un soutien financier de l’État à travers le Fonds vert, qui permet d’accompagner ce type de projets. Nous cherchons ensuite, année après année, à mobiliser de nouveaux financements pour prolonger ces actions lorsque cela est possible.

Quel bilan tirez-vous de cette première expérience ?
Aurélie Cousi : Cette expérience montre que des actions relativement modestes peuvent parfois avoir davantage d’impact sur la ville de demain que des opérations beaucoup plus lourdes et coûteuses.
Apprendre à faire du vélo est souvent le premier pas vers une autre façon de se déplacer et de vivre la ville. Cela permet de gagner en autonomie, de découvrir d’autres usages de l’espace public et, à terme, de réduire la dépendance à la voiture. Il ne suffit pas de construire des pistes cyclables pour que les habitants changent leurs habitudes. Il faut aussi accompagner les pratiques et créer une culture du vélo.

Un futur jardin d’expérimentation à l’entrée du futur parc des Aygalades
Cette démarche pourra-t-elle être reproduite ailleurs dans Euroméditerranée ?
Aurélie Cousi : Oui. Nous menons depuis plusieurs années une politique d’urbanisme transitoire baptisée « Move ». L’objectif est de mettre temporairement à disposition des bâtiments ou des espaces libres afin que des associations ou des acteurs locaux développent des projets utiles au territoire.
Aux Crottes, les futurs aménagements vont progressivement prendre la place de ces occupations temporaires. Mais sur d’autres secteurs en développement, notamment au Canet, nous poursuivons cette logique. Nous avons par exemple accompagné la relocalisation de la Réserve des arts qui était aux Fabriques et nous préparons l’ouverture d’un jardin d’expérimentation à l’entrée du futur parc des Aygalades.
Quelle place le vélo occupe-t-il dans le projet urbain d’Euroméditerranée ?

Vélo, piétons, voitures : mieux répartir l’espace public
Aurélie Cousi : Une place importante. À terme, le périmètre d’Euroméditerranée comptera près de 23 kilomètres d’aménagements cyclables, avec des pistes bi-directionnelles comme sur la rue de Lyon. Nous développons également de larges trottoirs, des cheminements piétons et des espaces publics davantage végétalisés.
L’enjeu est de mieux répartir l’espace public entre la voiture, les piétons et les modes actifs. C’est particulièrement visible dans le secteur des Crottes, où plusieurs voiries seront largement apaisées, avec davantage d’arbres et une place renforcée pour les déplacements à pied ou à vélo.

Nous intervenons dans des quartiers déjà constitués, avec une histoire et des usages existants. L’objectif n’est donc pas de tout transformer, mais de rendre la ville plus respirable et plus agréable à vivre tout en respectant son identité.
(*] La Recyclerie Sportive avec notamment son responsable Axel Schoenhenz (par ailleurs nouveau président du collectif métropolitain Ramdam)
participe aux 5e Rencontres du vélo et des mobilités douces organisées par Gomet’ vendredi 11 septembre à Marseille. Inscrivez-vous !















