Domaine du Bagnol : un cru rare, familial et situé dans l’un des joyaux du terroir provençal. La visite organisée mardi 19 mai par Provence Unie, le groupe majoritaire au Département des Bouches-du-Rhône, au Domaine du Bagnol à Cassis, au pied de la falaise du Cap Canaille, en présence d’Hervé Granier, conseiller départemental LR délégué à la viticulture – par ailleurs maire de Gardanne et conseiller métropolitain – témoigne des difficultés rencontrées par la viticulture française.

L’une des principales raisons qui expliquent la baisse globale de 3 % des ventes en 2025 est l’évolution des habitudes de consommation, notamment chez les jeunes, qui délaissent le vin au profit de la bière. Lisa Genovesi, qui exploite avec son frère et son père le Domaine du Bagnol, reconnaît le ralentissement du secteur. « C’est terminé le temps où on écoulait toute la production », dit la propriétaire, dont la famille a racheté le vignoble en 1987. « Oui, la consommation change, mais il y a aussi une question de pouvoir d’achat. »
Pour résister, à défaut de croître, Lisa Genovesi – également adjointe à la Culture à la mairie de Cassis -ne reste pas les bras croisés. Avec sa famille, elle mise sur l’exportation, qui se porte plutôt bien. Entre 20 % et 25 % de la production partent à l’étranger, principalement aux États-Unis, grâce à un accord solide noué depuis vingt ans avec un important importateur qui stocke lui-même entre 20 000 et 25 000 bouteilles. Le nerf de la guerre, « c’est la gestion du stock », souligne la diplômée de Kedge Business School, qui a commencé sa carrière dans la communication.
Domaine du Bagnol : l’ancrage local
Autre réponse face au ralentissement du marché : l’ancrage local, avec une distribution dans les restaurants et hôtels de la région, qui représentent près de 50 % des débouchés. Plusieurs établissements mettent ainsi le Bagnol à la carte. Le réseau national de cavistes et de tables gastronomiques complète cette distribution, mais sans passer par la grande distribution. « Je m’y refuse car nous voulons garder le contrôle. Nous misons sur les circuits plus courts. Ici, les restaurateurs jouent le jeu. »
Les domaines de Cassis
220 hectares, 10 domaines, une appellation créée en 1936. Le Domaine de Bagnol a été créé en 1867 par le marquis de Fesques. Le Bagnol historique couvre sept hectares mais l’exploitation s’étend désormais sur 20 hectares avec l’exploitation en fermage d’autres terres.
Le domaine dispose également d’une boutique physique et en ligne où il est possible de déguster et d’acheter les vins. En revanche, pas d’œnotourisme pour booster la fréquentation. « Ici, c’est avant tout une exploitation familiale : j’habite sur le domaine, mon frère aussi, mes parents également. Je tiens à préserver cet équilibre », explique Lisa Genovesi. « Je fais principalement de la vente directe et un peu de dégustation. Certains domaines développent davantage d’événementiel ou de restauration pour compenser les difficultés économiques. C’est une stratégie qui peut fonctionner, mais ce n’est pas le modèle que j’ai choisi ici. »

Il y a également une volonté farouche de défendre le patrimoine et le domaine familial pour le transmettre. Une culture différente de celle d’autres zones de Provence, où nombre de châteaux et de vignobles sont tombés dans les mains d’investisseurs, souvent étrangers.
Enfin, la vigneronne mise sur l’animation. « Nous ne demandons pas d’aide mais de la visibilité. » Le Département, la Région, la Ville de Cassis et le Crédit Agricole apportent leur soutien. Les dix domaines ont organisé les 18 et 19 mai les 90 ans de l’appellation à travers un banquet complet. Pour renouer avec la tradition, une bataille de joutes nautiques entre les domaines puis une sortie en barques provençales décorées aux couleurs de chaque propriété ont animé la journée. Le dimanche, la messe a même été célébrée en partie en provençal.
La fête s’est poursuivie avec des danses folkloriques réunissant toutes les générations du village, avant la procession de la Saint-Vincent, « durant laquelle on a porté la vigne. Nous ne défendons pas seulement un produit mais une identité et un art de vivre. Nous avons toujours la mer, la terre et la vigne. Nous sommes liés. »

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Vins et spiritueux : ce que les chiffres d’export révèlentLe domaine dispose également d’une boutique physique et en ligne où il est possible de déguster et d’acheter les vins. En revanche, pas d’œnotourisme pour booster la fréquentation. « Ici, c’est avant tout une exploitation familiale : j’habite sur le domaine, mon frère aussi, mes parents également. Je tiens à préserver cet équilibre », explique Lisa Genovesi. « Je fais principalement de la vente directe et un peu de dégustation. Certains domaines développent davantage d’événementiel ou de restauration pour compenser les difficultés économiques. C’est une stratégie qui peut fonctionner, mais ce n’est pas le modèle que j’ai choisi ici. »














