Le Premier ministre a présenté, vendredi 10 avril 2026 lors d’une intervention vidéo (voir ci-dessous), une nouvelle étape de la stratégie énergétique française, avec une série d’annonces visant à accélérer l’électrification des usages. La déclaration intervient en plein choc pétrolier alimenté par la guerre en Iran et le blocage du détroit d’Ormuz. Si la France n’a pas de pétrole, Sébastien Lecornu a lui une série d’idées pour sortir enfin de la dépendance française.
« C’est un choix fort, électrifier la France pour la rendre plus indépendante. Désormais, il nous faut transformer notre consommation d’énergie, remplacer le pétrole et le gaz par de l’électricité » déclare le Premier ministre avant d’égrener les mesures qu’il compte prendre.
Cette orientation prolonge les décisions engagées en début d’année pour relancer le nucléaire, y compris celui de nouvelle génération, développer les énergies renouvelables utiles et produire davantage d’électricité souligne le chef de gouvernement quelques semaines après la publication de la programmation pluri-annuelle de l’énergie 3.
Pour changer d’échelle, le soutien public à l’électrification sera doublé d’ici à 2030 en passant de 5,5 milliards d’euros à 10 milliards d’euros par an. Cet investissement massif se fera en tenant les cibles de déficits fixées par le Gouvernement, a assuré vendredi Sébastien Lecornu.
Electrification de la France : installation d’un million de pompes à chaleur par an
Le logement constitue l’un des premiers chantiers annoncés. À partir de la fin de l’année 2026, il ne sera plus possible d’installer des chaudières à gaz dans les constructions neuves. En parallèle, les aides publiques destinées aux particuliers accompagneront davantage le remplacement des chaudières au gaz et au fioul par des pompes à chaleur. Le Gouvernement met aussi l’accent sur le logement social. Deux millions de logements sociaux devront sortir du gaz d’ici à 2050. « Cette électrification sera, selon l’exécutif, accélérée, organisée et financée, avec un objectif social clairement assumé : protéger d’abord les ménages les plus exposés à la hausse des prix de l’énergie. »
100 premiers territoires seront sélectionnés pour s’engager d’ici à 2030 dans une trajectoire « zéro gaz », avec un accompagnement complet. Cette transformation doit s’appuyer sur une logique territoriale plutôt que sur une approche uniforme décidée depuis Paris assure le gouvernement.
L’objectif est l’installation d’un million de pompes à chaleur par an d’ici 2030. Selon le Gouvernement, « cette montée en puissance doit permettre de faire baisser les coûts de chauffage, tout en soutenant une filière industrielle française. Au total, 85 térawatts-heures de gaz devraient être remplacés par de l’énergie produite en France à l’horizon 2030, soit l’équivalent de 20 % des importations françaises de gaz.»
Voitures électriques françaises : en avant toute !
Deuxième grand volet : les transports. Le Gouvernement fixe l’objectif que deux voitures neuves sur trois soient électriques d’ici 2030 en mettant en avant « un enjeu de pouvoir d’achat, en soulignant qu’un trajet de 100 kilomètres coûte en moyenne entre 2 et 3 euros en véhicule électrique, contre 11 euros en moyenne avec du diesel. »
Cette stratégie s’accompagne d’un objectif industriel : les constructeurs français devront atteindre 400 000 véhicules électriques produits par an dès 2027, puis 1 million en 2030, alors que la France était absente de cette production il y a cinq ans.
Pour les ménages modestes, le leasing social (des voitures à loyer mensuel modéré) doit reprendre dès le mois de juin avec 50 000 véhicules électriques supplémentaires. Un nouveau dispositif est également prévu pour les « gros rouleurs » des classes moyennes, notamment les aides à domicile, aides-soignantes, infirmières, artisans, salariés et agents publics, avec 50 000 véhicules électriques subventionnés supplémentaires dès 2026.
PME, artisans, commerçants : électrifier les outils de travail
Les mesures annoncées concernent aussi l’activité économique. Pour les entreprises, notamment les Petites et moyennes entreprises (PME), le Gouvernement prévoit pour la première fois des dispositifs dédiés aux véhicules utilitaires et aux poids lourds, pouvant aller jusqu’à 100 000 euros par véhicule. L’exécutif veut également agir mieux pour décarboner les grands sites industriels et agroalimentaires.
Les artisans et commerçants sont eux aussi concernés : l’électrification des outils de travail, comme les fours, rôtisseries ou certains équipements professionnels, doit faire l’objet de dispositifs dédiés, tout comme les équipements des pêcheurs, des agriculteurs ou de la filière des travaux publics.
L’électrification de l’économie, on en parle lors de la matinale organisée le mardi 28 avril par EDF
avec l’Une 13, l’Union des transports et de la logistique de France, Capenergies et Gomet’. Inscrivez-vous !














