La grève déclenchée à La Méridionale et Corsica Linea par la CGT des marins, qui perturbe depuis lundi 2 février les liaisons maritimes entre le continent, la Corse et le Maghreb, continue de produire ses effets sur le transport de fret et de passagers.
Alors que le mouvement s’est durci jeudi 5 février, deux navires de Corsica ferries, les Mega Express Three et Pascal Lota, ayant dû être déroutés vers Propriano et L’Île-Rousse après avoir été empêchés d’accoster à Ajaccio et Bastia par des marins du Sammm de Corsica Linea, la compagnie, délégataire du service public maritime, est sortie de sa réserve pour appeler à une « reprise immédiate » de l’activité.
Corsica Linea « se désolidarise de toute action de blocage »
Dans un communiqué, la direction de la compagnie dit « regretter profondément l’impact » du mouvement social sur ses clients, aussi bien pour la desserte de la Corse que pour les lignes vers l’Algérie et la Tunisie. L’armateur, qui affirme comprendre « les préoccupations légitimes » des organisations syndicales, notamment face à « conséquences économiques ravageuses de l’expansion du dumping social » de certaines compagnies opérant en Méditerranée sous pavillons étrangers, accusées de contourner les normes sociales françaises, marque cependant une ligne claire et se « désolidarise de toute action de blocage » de ses navires ou de ceux d’autres compagnies.
Au cœur du bras de fer, une inquiétude partagée sur l’avenir du pavillon français et de l’emploi maritime. La compagnie rappelle qu’elle est le deuxième employeur de marins français, avec jusqu’à 1 400 salariés en haute saison, et qu’elle assure une mission essentielle de continuité territoriale. « En tant que délégataire du service public de transport maritime, Corsica Linea réaffirme ses responsabilités pour garantir la continuité territoriale corse », souligne la direction, qui juge « déraisonnée » toute prolongation du conflit.
Deux médiateurs désignés
Une réunion s’est tenue mercredi 5 février en préfecture, en présence du ministère des Transports et de la Direction interrégionale de la mer Méditerranée. À l’issue de cet échange, syndicats et armateurs ont acté des « engagements collectifs » visant à mettre en œuvre « des solutions concrètes et rapides » pour défendre le premier registre français et l’emploi des marins. Deux médiateurs ont également été désignés afin d’accompagner les discussions. Dans ce contexte, la direction de Corsica Linea appelle à un retour au travail « afin de garantir un cadre de dialogue social serein et apaisé », aux côtés de l’État et des représentants syndicaux, lesquels portent également des revendications sur l’emploi qu’ils considèrent, à ce jour, toujours non satisfaites.
Compagnie maritime de transport de fret et de passagers, Corsica Linea réalise un chiffre d’affaires de 340 M€ et transporte près d’un million de passagers, 380 000 voitures et 120,000 camions annuellement. La compagnie dispose d’une flotte de 9 navires sous pavillon français premier registre et dessert 10 routes maritimes entre le continent français, la Corse, l’Algérie et la Tunisie depuis 10 ports en lignes régulières (Marseille, Sète, Ajaccio, Bastia, Ile Rousse, Propriano, Alger, Bejaia, Skikda et Tunis).
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