C’est une nouvelle sortie de piste qui secoue une fois encore le Comité d’organisation des jeux olympiques et paralympiques (Cojop). Et entame un peu de sa crédibilité, en même temps qu’il révèle des tensions persistantes au sein même et jusqu’au sommet de la structure en charge de la préparation des JO-2030 dans les Alpes françaises.
Dix mois après le retrait surprise de Martin Fourcade, remplacé depuis par Edgard Grospiron à la tête du Cojop, c’est cette fois Anne Murac, la directrice des opérations, un poste stratégique, qui a claqué la porte, mardi 9 décembre, cinq mois à peine après sa nomination.
Le Cojop prend acte et « salue le travail accompli »
« La directrice des opérations du Cojop Alpes françaises 2030, Anne Murac, a annoncé ce mardi 9 décembre sa volonté de quitter le comité d’organisation (…), après en avoir informé le président Edgar Grospiron », explique un communiqué du Cojop.
Si les raisons de ce départ ne sont pas communiquées, le Cojop dit « respecter » la décision d’Anne Murac et « salue le travail accompli », soulignant qu’elle a « activement contribué à la mise en place des premiers jalons-clés pour la planification, la coordination sur le terrain et la préparation des futurs sites ».
JO-2030 : des tensions autour de la carte des sites
Choisie en raison, notamment, de son expérience acquise lors de Paris 2024, en tant que responsable du cluster Île-de-France à partir de 2021, Anne Murac faisait partie des 12 directeurs qui composent le Cojop et avait été recrutée en juillet dernier pour avancer sur la carte des sites.

Un dossier ultra sensible sur lequel le comité planche toujours. Et se divise, avec des discussions musclées autour de la présence de Val d’Isère, qui a chassé Méribel pour se partager les épreuves de ski alpin avec Courchevel. Depuis la présentation d’un « schéma préférentiel des sites », le 21 juillet dernier, rien n’a vraiment avancé, au point que l’annonce prévue lundi prochain à l’occasion du conseil d’administration des Alpes 2030 pourrait être repoussée.
Au point, aussi, de provoquer la démission de la directrice des opérations ? En coulisses, les rumeurs circulent tout schuss. Pour certains, Anne Murac voulait nommer quatre responsables de clusters (Savoie, Haute-Savoie, Nice et Briançon), une source de tension avec le président du Cojop, Edgar Gropiron. D’autres soulignent que le courant ne serait pas bien passé entre les dirigeants des collectivités et l’ancienne directrice qui n’avait pas « les codes de la montagne ».
La fronde, aussi, au Conseil départemental de Savoie
Le départ d’Anne Murac n’est pas le seul problème auquel les organisateurs des Jeux 2030 doivent faire face. Le 3 décembre, le Conseil départemental de Savoie a annoncé « suspendre jusqu’à nouvel ordre sa participation » aux réunions de préparation des JO, refusant notamment d’être « une variable d’ajustement budgétaire ». Dans un courrier adressé à Edgard Grospiron, le président (Les Républicains) de l’institution, Hervé Gaymard, sans revenir toutefois sur « les engagements budgétaires antérieurs », déplore notamment que la Savoie n’ait « pas été consultée (…) sur la carte des sites, dont la première mouture officielle n’est pas satisfaisante ».
Le projet de loi olympique discuté à l’Assemblée nationale à partir du 15 décembre
Quoiqu’il en soit, l’annonce tombe mal alors que le projet de loi relatif à l’organisation de ces Jeux d’hiver 2030, présenté en conseil des ministres le 15 mai, puis adopté par le Sénat le 23 juin, doit être examiné par l’Assemblée nationale à partir du 15 décembre. « Le Cojop Alpes Françaises 2030, désormais structuré, est entièrement concentré sur la poursuite de ses activités, notamment au niveau de l’équipe des Opérations », tente de rassurer le comité dans son communiqué. « Un processus de recrutement sera lancé dans les meilleurs délais », conclut-il.
Le temps presse, désormais, alors que la cérémonie d’ouverture doit se tenir le 1er février 2030.
Lien utile :
> Notre dossier consacré aux Jeux olympiques 2030













