L’idée avait été actée par Jean-Yves Le Drian alors ministre des armées en 2017. Elle semble évidente, mais a mis du temps à se concrétiser. À ce jour, les trois armées air & espace, terre et mer entretiennent, se forment, pilotent cinq modèles d’hélicoptères différents et hétérogènes dans la gamme d’hélicoptères légers: le Gazelle pour l’Aviation légère de l’Armée de terre, le Fennec de l’Armée de l’air & de l’espace et le Panther, le Dauphin et l’Alouette III pour l’Aéronautique navale.
L’idée est de remplacer ces modèles par une plateforme qui a déjà fait ses preuves dans le civil, le H160 en service depuis plus de trois ans. Airbus Helicopters sous la direction de la Direction générale de l’armement (DGA) finalise un appareil de six tonnes qui promet d’être 50 % moins bruyant et de consommer 18 % moins de carburant que ses prédécesseurs.

H160M : une première commande de 2021pour 30 appareils
La commande est arrivée à Marignane en 2021 : la DGA a signé un contrat avec Airbus Helicopters pour le développement et l’acquisition du H160M qui devient Guépard, dans le cadre d’un programme interarmées d’hélicoptères légers (HIL). Le contrat comprend le développement de plusieurs prototypes et la livraison d’un premier lot de 30 appareils (21 pour l’Armée de terre, 8 pour la Marine et un pour l’Armée de l’air).
Le modèle H 160, plateforme civile, cartonne déjà sur ses marchés. « L’avion a aujourd’hui des clients dans tous les segments de marché pour lesquels il a été conçu déclare sur le site web Airbus Benoît Klein, directeur de programme pour le H160. Il y aura bientôt des clients des forces de l’ordre et des services publics en Europe et en Amérique du Nord. Le H160 a rejoint les flottes d’aviation privée et d’affaires sur tous les continents, à l’exception de l’Antarctique ».
Airbus Helicopters travaille avec la DGA. Un banc d’essai a été construit, reproduisant le cockpit de l’avion, et le connectant aux systèmes réels qui seront utilisés à bord du H160M. Il intègre l’équipement HForce et Safran a déjà fourni le système électro-optique Euroflir 410. Thales a également apporté la fonction de poste de pilotage FlytX. Cette avionique de nouvelle génération et cette suite de missions pour hélicoptères avaient déjà été testées en vol par Thales qui a livré le casque tête haute pour pilote d’hélicoptère TopOwl, un système de navigation inertielle, des systèmes de communication et le système mondial de navigation par satellite (GNSS).

En juin 2024, la Marine nationale a annoncé la mise en place d’une équipe intégrée d’essais en vol avec des personnels des forces armées et d’Airbus Helicopters.
Airbus Thalès et Safran sont à bord
Le H160 fédère les majors. Il est équipé des moteurs Safran Arrano. Il a bénéficié de 68 brevets. La version militaire, le H160M, est équipée de l’avionique FlytX de Thales et d’un système de mission développé par Airbus. Ces systèmes permettent à l’équipage d’effectuer des missions complexes dans des environnements dégradés avec une parfaite connaissance tactique de la situation.
Le H160M est nativement équipé d’un système de coopération de drones. Le H160M bénéficie également de capteurs de nouvelle génération tels que le système électro-optique Euroflir 410 de Safran et le radar AirMaster C de Thales. Le système d’autoprotection est conçu pour fonctionner sur l’ensemble du spectre électromagnétique et optique avec des capacités de leurre automatique des menaces.

Le H160M aura la capacité de transporter des mitrailleuses de 12,7 mm dans des nacelles et des roquettes guidées. Le H160M peut également être équipé de mitrailleuses de 7,62 mm dans un support à tétine ou d’un bras articulé pour un tireur de précision.
L’appareil qu’il soit civil ou militaire et fabriqué dans plusieurs sites du groupe. Chaque H160 et H160M est composé de quatre MCA (Major Component Assembly ou sous-ensemble) , qui sont construits et assemblés sur le site d’Airbus Helicopters en Allemagne avant l’assemblage final de l’hélicoptère à Marignane. Le fuselage principal provient de Donauwörth, les pales de Paris le Bourget (France), la poutre de queue d’Albacete (Espagne) et la boîte de vitesses principale de Marignane.
Le 24 juillet était le grand jour pour ce programme Joint Light Helicopter. Airbus Helicopters a commencé les essais en vol du H160M Guépard. À son bord, l’équipage d’essais en vol était composé de Samuel Chartier, pilote d’essais en vol du H160M, et des ingénieurs d’essais en vol Nicolas Certain, Laurent Maruejols et Alban Corpron.
Trois prototypes
Airbus a choisi de produire trois prototypes pour accélérer le développement du H160M. Un deuxième prototype est en cours d’assemblage final. Ilservira principalement à valider les performances en vol du H160M et mènera des campagnes de tir en 2026. Le 3e prototype sera utilisé, entre autres, pour des campagnes par temps chaud et froid.
« Le début de la campagne d’essais en vol est une étape importante pour le programme H160M. Nous avons reçu d’excellents retours de la Marine nationale sur les performances de leurs six H160, qui ont fait leurs preuves avec un taux de disponibilité élevé. Déployés depuis plus de deux ans dans le cadre de missions de recherche et de sauvetage en mer, ces appareils ont démontré des performances et des niveaux de fiabilité exceptionnels dans un environnement exigeant », a déclaré Bruno Even, CEO d’Airbus Helicopters. « Le H160M est un avion taillé sur mesure pour les opérations militaires de demain : fiable, agile, hautement connecté et équipé de la dernière génération de capteurs et d’armement. Plus important encore, il est hautement évolutif et peut s’adapter à des contextes opérationnels changeants. »



À terme, 169 Guépards seront déployés : 80 pour l’armée de Terre, 49 pour la Marine nationale et 40 pour l’armée de l’Air et de l’Espace.
La livraison aux forces armées françaises débutera fin 2028. Airbus assurera la maintenance et le support opérationnel du H160M pour une période initiale de dix ans.
Le développement, la livraison, le soutien logistique, la formation et le maintien en condition opérationnelle sur une période de dix ans sont évalués à 10 milliards € par Airbus.

Fiche technique
Sous la maîtrise d’ouvrage de la Direction générale de l’armement :
- Maître d’œuvre : Airbus Helicopters (19 745 employés, 2 sites en France)
- Moteur : Safran (92 000 employés, 69 sites en France)
- Avionique et système de mission : Thales (80 000 employés, 76 sites en France)
- Équipages : 2 pilotes + 5 combattants équipés
- Masse : 6 tonnes
- Vitesse : 147 knots (272 km/h)
- Rayon d’action en autonomie : 850 km
- Moteur : 2 moteurs Arrano
- Baptisé « Guépard », le H160M, version militaire du H160 d’Airbus Helicopters, a été choisi pour être la plateforme commune des armées françaises. Modulaire et polyvalent, il assurera les missions aux côtés des hélicoptères spécialisés de dernière génération comme le Tigre, le Caïman Marine ou le Caracal.
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