Moins de 24 heures après le 1er tour des élections municipales, le maire sortant de Marseille Benoît Payan a tranché. Dès la fin de matinée ce lundi 16 mars, vers 11h30, entouré des têtes de liste de sa coalition du « Printemps marseillais », il s’est rendu à la préfecture pour déposer officiellement sa liste pour le second tour. Un geste administratif autant que politique : en déposant sa liste sans modification, l’édile a fermé de facto la porte à toute fusion avec la liste menée par Sébastien Delogu, comme l’avait appelé de ses voeux le représentant de La France insoumise.
Arrivé en tête au premier tour avec 36,7 % des voix, le maire sortant, soutenu par le PS, le PCF et les écologistes d’EELV, ne devance le candidat du Rassemblement national, Franck Allisio, crédité d’environ 35,02 %, que d’une (très) courte tête. Un résultat qui installe un duel particulièrement serré dans la deuxième ville de France et place l’entre-deux-tours sous très forte tension politique. Et ce, alors que Martine Vassal (DVD), arrivée très loin derrière en troisième position (12,41 %) et longtemps restée murée dans le silence, a finalement indiqué se maintenir au 2e tour.

« Nos courants doivent continuer à être représentés, justifie la présidente de la Métropole et du Département. Entre la gauche de Monsieur Payan, l’extrême droite du RN et l’extrême gauche LFI, il existe à Marseille un courant de pensée profondément républicain, attaché à l’ordre, à la responsabilité, à l’équilibre et au respect de toutes les sensibilités de notre ville. Il serait impensable de priver les Marseillais de cette représentation au second tour. »
Une décision rapide pour couper court aux négociations
En décidant d’aller vite, Benoît Payan a clairement fermé la porte à toute négociation avec les Insoumis, refusant ce qu’il a qualifié de « tambouilles » entre formations politiques dans l’entre-deux-tours. « Face au RN, il n’y a ni compromission, ni tabouille, ni arrangement. Il n’y a qu’une seule ligne, celle de la clarté qui a toujours été la nôtre », a fermement plaidé le maire sortant devant la presse à sa sortie de la préfecture. « Je ne parle pas aux appareils mais aux Marseillais. Ce sont eux qui m’intéressent, qu’ils aient voté LFI, LR, Modem ou Renaissance. Ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous sépare », a-t-il ajouté, prévenant que le RN était « aux portes de la ville ». Et renvoyant, de fait, la responsabilité à LFI de se désister au 2e tour pour lui faire barrage.
Davoux apporte son soutien à Payan
Avec 1,85 % des voix au 1er tour, Erwan Devoux, candidat divers centre se revendiquant d’un chiraquo-gaullisme historique, a reconnu dans un communiqué des résultats « pas conformes à nos espérances » pour sa liste « Marseille pour tous » qu’il menait avec Nora Preziosi. Ancien directeur général des relations internationales au Département, qu’il a quitté avec des prolongements judiciaires, en conflit ouvert avec sa présidente Martine Vassal, Erwan Davoux appelle à voter au second tour pour Benoît Payan.
« Je souhaite que notre ville renoue avec son destin et avec une voie d’espérance, écrit-il, dans un esprit de concorde que seul Benoît Payan peut désormais incarner. Le changement de présidence à la Métropole devrait y concourir. »
Désistement ou quadrangulaire à haut risque
Quelle sera la réaction du parti d’extrême gauche ? Sébastien Delogu, qui avait évoqué la possibilité d’une « fusion technique » entre les deux listes si les conditions électorales l’exigeaient, a vivement critiqué la stratégie du maire sortant, dénonçant « la position irresponsable » de Benoît Payan.
La tension entre les deux hommes ne date pas de l’entre-deux-tours. Durant la campagne, les relations s’étaient déjà fortement dégradées, le maire sortant reprochant notamment à son concurrent insoumis de l’avoir « insulté pendant six mois ». Et lui laissant désormais la responsabilité, s’il décidait malgré tout de se maintenir, d’une quadrangulaire à très haut risque.
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