Le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, a estimé jeudi 22 octobre entre 1 800 et 3 000 le nombre de personnes ayant participé aux pillages du centre-ville dans la cité phocéenne samedi 17 octobre. Il a dénoncé la présence de délinquants habituels mais aussi de personnes sans antécédents judiciaires, qu’il appelle à un « ressaisissement ».
« Ce qui est assez désolant, c’est qu’il y a des délinquants d’habitude, naturellement, mais également des personnes insérées et sans casier judiciaire », a déclaré Nicolas Bessone sur BFMTV.
Une organisation « quasi militaire »
Le magistrat a décrit une organisation structurée entre les personnes chargées de briser les vitrines, celles qui entraient dans les magasins pour récupérer les marchandises et les opportunistes qui suivaient.
« Il y a une organisation quasi militaire, avec des costauds cagoulés qui vont briser les vitrines, des personnes qui vont rentrer avec des sacs, qui font partie des mêmes organisations, pour récupérer la marchandise, et puis après des opportunistes derrière », a-t-il expliqué, évoquant « un chaos indescriptible ». Le procureur a également dénoncé des scènes auxquelles il dit avoir assisté directement dans le centre-ville de Marseille, où il se trouvait avec des policiers.
« Moi, j’en appelle au ressaisissement de l’ensemble de la société »
« J’ai assisté en direct (…) à des mères de famille se battre pour une théière. Mais dans quelle société vit-on ? », a-t-il déclaré, déplorant une « perte de valeur morale considérable ». « Moi, j’en appelle au ressaisissement de l’ensemble de la société », a-t-il ajouté.

Un bilan de 3000 pilleurs, selon le procureur
Interrogé sur l’écart entre son estimation et les chiffres déclarés par la préfecture qui avait déclaré la présence de 30 000 pilleurs, qui avait parlé de dizaines de milliers de pilleurs, Nicolas Bessone a indiqué ne pas vouloir commenter ces données.
« Moi, dans le centre-ville de Marseille, je considère que nous étions aux environs de 3 000 pilleurs », a-t-il affirmé, précisant que ce chiffre ne tenait pas compte des émeutiers. Il a ajouté que les chiffres de la préfecture pourraient s’expliquer par l’inclusion de ces derniers, évoquant environ 8 000 émeutiers, ou par la présence de manifestants parmi les personnes comptabilisées. « En tout cas, moi, j’estime qu’on était aux alentours de 3.000 pilleurs, ce qui est déjà énormissime », a-t-il conclu.
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