Airbus engagé dans la production d’engins aériens de toutes formes, de toutes tailles, a décidé de centraliser son offre dans un seul portefeuille complet. Il sera géré par sa division Airbus Helicopters à Marignane. L’objectif, explique Airbus dans un communiqué du 14 octobre, est de « proposer une approche de marché ciblée pour les clients de la défense et de la sécurité, tant dans les divisions Hélicoptères que Défense et Espace ».
Pascal Kuhn, le directeur du site de Marignane, avait évoqué le projet dans le grand entretien accordé à Gomet’ en septembre. « Aujourd’hui, nous avons une équipe d’une cinquantaine de personnes, mais on pourrait regrouper cette activité en France et tripler l’effectif » déclarait-il notamment. Pascal Kuhn et le conseiller militaire du groupe, le général Patrick Brethous interviendront jeudi 12 novembre à Marseille à l’occasion du forum Question centrale, défense aéronautique organisée par Gomet’ et Centrale Méditerranée (inscription ouverte ici)
La guerre en Ukraine a démontré l’omniprésence des drones dans ce combat en terre d’Europe. Ce furent d’abord l’usage de drones civils, astucieusement équipés par les militaires ukrainiens, puis les ripostes russes avec des armes venues d’Iran, de Corée du Nord ou de Chine. Lors de rencontres professionnelles du pôle Safe, à Salon-de-Provence sur la base 701 de l’armée de l’air, un expert relatait, qu’en six mois, les soldats ukrainiens, opérateurs de drones, avaient perfectionné de façon exceptionnelle leurs outils volants, pour qu’ils aillent plus loin, qu’ils soient moins visibles et pour qu’ils ciblent mieux.
Les armées occidentales traditionnelles, habituées à des évolutions lentes, souvent proches de la décennie, ont du mal à s’adapter ces innovations permanentes et redoutablement efficaces. La Marine française a par exemple sollicité une start-up pour simuler une attaque de drones marins sur ses navires. La start-up a tout simplement bidouillé des jet-skis débarrassés de leurs gadgets de loisirs, automatisés, téléguidés et munis de simulacre d’armes. Le résultat du test n’a pas fuité !
Les drones prennent ainsi peu à peu leur place dans la programmation militaire et le terme est trompeur. Si l’on peut imaginer les nuages de drones avec les petits appareils, qui ressemblent à ceux qui sont dans le commerce civil, ou pour la production de spectacles des ex-feux d’artifice, il s’agit surtout de supprimer les équipages sur des équipements conventionnels comme un char, un navire ou un avion.
Un pilotage unique d’Airbus Helicopters
Airbus se met en ordre pour répondre à la demande et anticiper les besoins des armées. L’offre dispersée, avec une filiale Survey Copter et des productions éclatées, devient un catalogue unifié sous le pilotage unique de la division Airbus Helicopters. Depuis 2011, Survey Copter est une filiale à 100 % d’Airbus. Basée à Pierrelatte, elle conçoit, produit et entretient des systèmes de drones tactiques légers depuis 1996. L’entreprise est spécialisée dans les systèmes de drones légers pour des applications civiles et militaires, et a vendu plus de 300 drones à des clients nationaux et internationaux depuis sa création.

Airbus Helicopters propose désormais une gamme diversifiée de drones tactiques conçus pour répondre aux besoins en constante évolution de la défense moderne. Les systèmes aériens sans équipage offrent des capacités essentielles en temps réel pour diverses missions. Ils offrent une détection haute résolution pour l’ISTAR (renseignement, la surveillance, l’acquisition d’objectifs et la reconnaissance) et l’ISR (renseignement, surveillance et reconnaissance) à longue endurance.
Dans les missions de combat, ces systèmes renforcent la supériorité aérienne grâce au ciblage automatique. Pour les opérations navales, les drones Airbus comme le VSR700 tactique et le SIRTAP améliorent la connaissance maritime et la détection des menaces.
Pour améliorer les potentialités d’association entre les drones et les hélicoptères, Airbus a créé HTeaming, une solution modulaire d’association avec ou sans équipage, qui permet aux équipages d’hélicoptères d’exercer un contrôle total sur les drones en vol.

Le portefeuille de drones d’Airbus Helicopters
- · L’Aliaca est un drone de 25 kg qui peut transporter jusqu’à 3 kg d’équipement pendant 6 heures, ce qui en fait un outil d’imagerie robuste qui améliore la reconnaissance et la prise de décision.
- · Le Flexrotor est un drone de 25 kg qui peut transporter jusqu’à 8 kg d’équipement pendant 10 à 12 heures, ce qui le rend idéal pour les missions à longue endurance.
- · Pour une flexibilité ultime, le Capa-X est un drone de 120 kg qui peut transporter jusqu’à 20 kg d’équipement, ce qui en fait un système hautement adaptable qui peut être modifié pour diverses missions et terrains.
- · Le VSR700 est un drone multi-missions de 750 kg au design discret, spécialement développé pour les rôles exigeants dans les domaines maritime, du fret et du combat.

© Airbus Helicopters
En complément de ce portefeuille consolidé de drones de petite et moyenne taille, Airbus continue de développer et d’offrir des technologies et services multimissions en matière d’UAS [1] (Unmanned Aerial System).
- L’Eurodrone, un système d’avion télépiloté de nouvelle génération à longue endurance conçu pour renforcer la défense et la souveraineté stratégique de l’Europe ;
- Le drone tactique haut de gamme SIRTAP, pour les missions ISR de jour et de nuit sur terre et en mer ;
- La plate-forme de haute altitude stratosphérique solaire électrique Zephyr (HAPS) pour cibler les drones.
Airbus a également développé des solutions d’association avec ou sans équipage permettant aux équipages d’avions et d’hélicoptères de prendre le contrôle total des UAS en vol.
« En intégrant Aliaca et Capa-X dans notre portefeuille d’UAS (Unmanned Aerial System), nous construisons une famille de produits cohérente et renforçons la position d’Airbus en tant que leader du marché des drones tactiques », déclare Bruno Even, le PDG d’Airbus Helicopters. « Avec cette décision, nous mettons en place un centre d’excellence qui consolide un portefeuille complet et complémentaire de systèmes aériens sans équipage et facilite les synergies entre les équipes qui travaillent à les développer et à les soutenir davantage. Cela permettra ainsi d’accélérer la coopération entre les drones et les hélicoptères grâce à notre solution HTeaming », a-t-il ajouté.
Liens utiles :
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Notre dossier d’actualités consacré à la défense et à l’aéronautique
[1] UAS, Unmanned Aerial System: terme générique international utilisé dans les textes européens pour désigner l’aéronef sans pilote et tout l’équipement permettant de le contrôler à distance (radiocommande, écran, liaison sans fil…)











