Lors de son discours à Istres jeudi dernier, Emmanuel Macron a largement évoqué l’Europe pour saluer le chemin parcouru et la prise de conscience nouvelle en matière de défense et de sécurité.
« Nous avons, depuis neuf ans, constamment porté la nécessité de renforcer l’autonomie stratégique européenne et de la renforcer pour nos armées. Nous l’avons fait au début assez seul. Mais cette solitude ne doit jamais nous faire douter. Et je le redis ici avec force. Et regardez ce qui s’est passé ces dernières années, tous ceux qui nous disaient « idée française, cette stratégie autonomique européenne » ou « ce pilier européen de l’Otan », se sont réveillés en février 2022, lors de la guerre d’agression russe lancée en Ukraine. Un mois plus tard, sous présidence française lors du sommet de Versailles, l’autonomie stratégique européenne était consacrée dans une déclaration de l’Union européenne. »
Et en mars 2025, un Conseil européen venait reconnaître l’engagement européen, le pilier européen de la défense, les financements décidés par l’Union européenne pour soutenir les efforts des armées européennes en ce sens, se félicite le chef des armées françaises. « Ce qui était au début une conviction française face à l’évolution de la menace est devenu progressivement une évidence européenne. »
Un préférence européenne qui est opérationnelle
Et cette Europe de la défense qui reste, certes, « éminemment intergouvernementale dans ses capacités de décision et opérationnelle », dispose désormais de financements avec « une préférence européenne pour laquelle nous nous sommes battus et qui est opérationnelle. » La France a bien évidemment son rôle à jouer en tant que l’une des quelques « nations-cadres crédibles ».

L’une des concrétisations les plus spectaculaires de cette nouvelle donne est l’engagement en faveur de l’Ukraine. « La semaine précédente a marqué un tournant dès ce début 2026, observe Emmanuel Macron dans le hangar de la base d’Istres. Avec la réunion qui s’est tenue à Paris de la Coalition des volontaires pour l’Ukraine, nous avons finalisé un travail commencé il y a un an. Et il y a un an, c’était simple. Personne ne pensait qu’une fois la paix signée, les Européens seraient capables d’assurer la sécurité du territoire européen ou d’être crédibles face à un risque de réengagement russe. En un an, qu’avons-nous fait ? La Coalition des volontaires rassemble les Européens, mais aussi tous les Européens qui ne sont pas membres de l’Union européenne, des Britanniques aux Norvégiens et des partenaires Islandais et Canadiens, sans oublier le Japon et la Nouvelle-Zélande. »
Les deux tiers des renseignements aux Ukrainiens fournis par la France
« Cette Coalition des volontaires qui rassemble 34 pays s’est réveillée, se félicite le chef de l’Etat. Elle assure la totalité de l’effort de soutien à l’Ukraine aujourd’hui. 100 % de ce qui est financé pour l’Ukraine dans sa guerre de résistance, c’est la Coalition des volontaires qui le soutient. N’ayons aucune faiblesse, ne doutons pas de nous-mêmes, quelles que soient les tergiversations de certains. Là où l’Ukraine était éminemment dépendante des capacités de renseignement américaine, à une écrasante majorité, il y a un an, aujourd’hui, les deux tiers sont fournis par la France. Les deux tiers ! »
« Mais surtout, affirme le président français, nous avons bâti des garanties de sécurité pour le jour d’après la paix de manière crédible : monitoring de la ligne de cessez-le-feu, régénération de l’armée ukrainienne, force de réassurance, garantie de sécurité de rang 2 pour tous ceux qui s’y engageront. Et nous l’avons fait en consolidant sur chacune de ces composantes les efforts de tous les membres de la Coalition des volontaires, dont les nôtres. »
« Nous l’avons fait pour la première fois de notre histoire avec un commandement intégré franco-britannique, relève encore Emmanuel Macron. Avec des quartiers généraux opérationnels au Mont-Valérien, et en ayant associé nos partenaires et alliés américains dans les composantes où ils sont prêts à s’engager, mais avec un vrai mandat donné à leur commandement militaire et confirmé au sommet de Paris et dans la Déclaration de Paris d’il y a quelques jours. Ceci est une avancée massive et historique qui crédibilise ce qu’est l’Europe de la défense et qui crédibilise la France aux côtés de nos partenaires britanniques, comme étant ensemble les nations-cadres de cet effort. Mais le signal envoyé à nos partenaires ukrainiens, aux autres Européens et au monde, c’est que nous sommes prêts. »
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