Avec 2,6 millions de passagers accueillis en 2025 et 660 escales enregistrées, en hausse de 8 % sur un an, le port de Marseille confirme sa place centrale dans le paysage de la croisière en Méditerranée. Une dynamique que l’association Marseille Provence Croisière entend accompagner en renforçant les liens entre compagnies maritimes et acteurs locaux.
C’est dans cette optique qu’elle a organisé pour la première fois à Aix-en-Provence, le 29 janvier à l’hôtel Caumont, son workshop annuel, afin d’élargir le périmètre des escales au-delà du port, en valorisant « la richesse culturelle et touristique du territoire », de l’arrière-pays notamment. Une approche territoriale que l’association entend poursuivre.
Un marché en pleine mutation
Réunissant 90 participants issus de secteurs variés – gastronomie, tourisme, loisirs, sport, luxe ou artisanat –, la rencontre visait à mieux intégrer l’offre territoriale aux attentes d’un marché en pleine mutation. Car au-delà des volumes, la croisière évolue et « s’accompagne d’une évolution notable des pratiques » En 2025, 185 escales ont été assurées par des navires propulsés au gaz naturel liquéfié (GNL), contre 169 l’année précédente : près de 28 % des escales reposent désormais sur cette motorisation « verte », ou moins émettrice de polluants atmosphériques, signe « de la montée en puissance d’une croisière plus responsable de la part des compagnies ».
Euromaritime 2026 : une table ronde « Charte croisière durable en Méditerranée »
A l’occasion du salon Euromaritime 2026 qui se déroule actuellement au parc Chanot, à Marseille, une table ronde « Charte croisière durable en Méditerranée » se déroulera jeudi 5 février, à 14h. Ouverte par Philippe Tabarot, le ministre des Transports, elle accueillera Jacques Hardelay (président de Marseille Provence Croisière), Nikos Mertzanidis (directeur exécutif Europe de la Clia – association internationale des compagnies de croisière) et Stéphan Rousseau (directeur adjoint interrégional de la Mer Méditerranée).
L’occasion, notamment, de revenir sur l’extension du périmètre géographique de la charte qui concerne désormais, depuis juin 2025, la Méditerranée française et monégasque. Mais aussi de se projeter sur l’entrée en vigueur, au 1er juin 2026, de la nouvelle version de la charte avec un nouveau référentiel applicable à l’ensemble des compagnies signataires. Le tout avec un renforcement des engagements puisque la charte passe de 13 engagements en 2022 à 20 engagements répartis en huit grandes thématiques, traduisant « une ambition environnementale accrue et une approche plus globale de la durabilité ».
Dans ce contexte, Marseille Provence Croisière, qui fédère depuis près de trente ans acteurs publics et privés autour du développement du secteur, mise sur la qualité des escales et leur acceptabilité locale. Le workshop s’est ainsi structuré autour de trois axes : l’intégration de la croisière dans les territoires d’accueil, ses retombées économiques et la réduction de son impact environnemental, tout en améliorant l’expérience des passagers.
Objectif affiché : permettre aux prestataires régionaux de mieux comprendre les contraintes et les attentes des compagnies, et offrir à ces dernières des propositions adaptées aux différents profils de voyageurs, qu’ils soient en transit ou en tête de ligne. En 2025, sur les 2,6 millions de passagers accueillis à Marseille, 1,9 million relevaient de l’escale transit et 680 000 du segment tête de ligne (embarquant/débarquant), stratégique en matière de retombées économiques locales.

Concilier attractivité pour les croisiéristes et retombées pour l’économie locale
« Chaque rencontre est préparée sur mesure », souligne Jacques Hardelay, président de Marseille Provence Croisière, évoquant un travail en amont d’analyse des besoins des compagnies et d’identification de prestataires locaux capables d’y répondre. L’enjeu, selon lui : construire des escales « qualitatives », à la fois attractives pour les croisiéristes et bénéfiques pour l’économie locale, dans un secteur où la concurrence entre destinations méditerranéennes reste vive.
Au-delà des échanges commerciaux, l’association inscrit ces initiatives dans une stratégie plus large, formalisée par le Plan Horizon 2030. Celui-ci vise à diversifier l’offre proposée aux passagers – sport et plein air, gastronomie, expériences culturelles ou immersives – tout en accompagnant la transition écologique du secteur. Une manière aussi, pour Marseille et la Provence, de consolider leur position de destination croisière de référence, tout en répondant aux attentes croissantes des habitants et des collectivités en matière d’impact environnemental et social.
Liens utiles :
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