Et un, et deux, et trois… Mais que se passe-t-il au sein du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop) d’hiver 2030 dans les Alpes françaises ? Bertrand Méheut, président du comité des rémunérations, a annoncé à son tour sa démission, lundi 2 février, a appris l’AFP de source proche, confirmant une information du Monde, devenant ainsi le troisième cadre à quitter l’instance en l’espace de deux mois.
L’ancien président du groupe Canal+ puis du Pari Mutuel Urbain (PMU) dirigeait jusqu’à présent le comité interne – consultatif – chargé de formuler des avis sur les rémunérations et avantages en nature des salariés de l’organisation, notamment des cadres dirigeants. Deux autres membres du comité des rémunérations auraient également fait savoir qu’ils quittaient leurs fonctions, sans que leurs identités aient été rendues publiques.
Trois départs en deux mois qui interrogent
« Ce départ (de Bertrand Méheut, NDLR) ne remet pas en cause la gouvernance de l’organisation ni les principes de transparence qui la guident. Un processus de remplacement sera engagé dans les prochaines semaines afin de reconstituer le comité et reprendre ses travaux. L’organisation est pleinement mobilisée pour garantir un cadre de gouvernance clair et conforme à ses engagements », a sobrement indiqué le Cojop, dans un communiqué à l’AFP.
Ce départ s’inscrit dans une série de désengagements qui ont marqué la gouvernance du Cojop ces dernières semaines. Le 23 janvier, Arthur Richer, directeur de la communication, avait annoncé qu’il mettait fin à sa collaboration avec le comité, évoquant des désaccords stratégiques. En décembre, Anne Murac, directrice des opérations, avait elle aussi quitté ses fonctions moins de six mois après sa nomination. Elle supervisait notamment le sujet très sensible de la « carte des sites », attribuant les compétitions des différentes disciplines à chacun des quatre grands pôles, Savoie, Haute-Savoie, Nice et Briançonnais et qui ne sera arrêtée qu’au mois de juin.
Ces départs successifs ont attiré l’attention de la ministre des Sports, Marina Ferrari, qui avait demandé le 23 janvier une « clarification rapide et complète sur la gouvernance et la stabilité » du Cojop, jugeant essentielle « la dynamique collective » pour assurer la réussite du projet olympique.
Une « mission » lancée
Dans la foulée, le bureau exécutif du Cojop s’était réuni et ses parties prenantes – le gouvernement, les comités olympique et paralympique, les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Auvergne-Rhône-Alpes – avaient annoncé le lancement d’une « mission » dans le but de garantir au projet « une organisation plus lisible, stable et opérationnelle ». Avait également été annoncée « la présentation d’une organisation consolidée à l’issue des Jeux de Milan Cortina (6-22 février) et de la mission conduite, lors du bureau exécutif du 19 mars ».
Le nom d’Étienne Thobois, ancien directeur général des Jeux de Paris 2024, est évoqué pour piloter cette démarche, qui vise à structurer davantage le comité en vue des échéances à venir, alors que beaucoup évoquent, en coulisses, de nombreuses tensions autour des « choix politiques », « stratégiques » ou « managériaux » déjà pris ou à prendre, dans un contexte de crispations entre certains responsables parisiens et des acteurs régionaux.
Hasard du calendrier, ou non, le président du Comité d’organisation, Edgar Grospiron, était attendu en Italie, hier mardi 3 février, pour présenter l’avancement des travaux du Cojop devant la session du Comité international olympique (CIO) réunie à Milan, avant l’ouverture, vendredi, des JO d’hiver de Milan-Cortina d’Ampezzo (Italie). Ambiance…
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