C’est sur LinkedIn que Philippe Pujol, journaliste, écrivain et réalisateur marseillais a annoncé la nouvelle, sobrement mais avec une profondeur certaine. « Par arrêté présidentiel du 15 mai 2026, j’ai été nommé Chevalier de l’ordre national du mérite (sur proposition du Premier ministre, ndlr). » Avant d’ajouter : « Une distinction qui m’honore et récompense aussi tous les gens modestes que je raconte à travers mon travail. Des citoyens si éloignés, dès le départ, de la possibilité d’un quelconque Mérite. »
Une œuvre bâtie sur les fractures sociales de Marseille
Lauréat du prix Albert Londres en 2014, Philippe Pujol a construit une œuvre documentaire et littéraire rare sur les territoires oubliés, entièrement consacrée à donner une voix aux « invisibles ». La Fabrique du monstre, La Chute du monstre, Les Enfants du monstre forment une trilogie de référence sur les mécanismes qui broient les quartiers populaires marseillais. Son ouvrage Mon cousin le fasciste élargit le regard à la montée des extrémismes, en lien direct avec la précarité sociale.
Au-delà de ses livres, Philippe Pujol s’est imposé comme un acteur engagé du débat public local. Co-fondateur du collectif MarseilleS, aux côtés d’entrepreneurs et d’universitaires, il y produit des reportages couplés à des recherches académiques pour décrypter les cultures et renforcer la cohésion urbaine. Une démarche qui dépasse le journalisme pour toucher à l’économie sociale du territoire.
Une distinction rare
Créé en 1963 par le général de Gaulle, l’ordre national du mérite récompense des services distingués rendus à la nation. Il constitue le second ordre national français, après la Légion d’honneur. Chaque promotion rassemble plusieurs milliers de lauréats issus de tous les secteurs — monde économique, culture, sécurité, enseignement. La présence d’un journaliste de terrain dans cette liste reste néanmoins rare et symboliquement forte.
Liens utiles :
> Le journal officiel du 16 mai 2026
> Les nominations à Aix-Marseille Provence à retrouver chaque semaine dans Gomet’ L’Hebdo et tous les ans dans Métroscopie















