Vendredi 16 octobre, Gomet’ et le cabinet Partis-Pris ont lancé le baromètre de la Responsabilité Territoriale des Entreprises (RTE) sur la métropole Aix-Marseille-Provence, à l’Institut de Management Public et de Gouvernance Territoriale (IMPGT).
Cet outil, pensé au service de la structuration d’une démarche collective, est issu des enseignements de l’étude pilotée par Marion Pigamo. Il a été mis en débat lors d’une table ronde animée par Jean-François Eyraud, réunissant un panel d’experts — Christophe Alaux (Chaire A&NMT), Timothée Duverger (Chaire TerrESS, Sciences Po Bordeaux), Anaïs Jacoby (Fondation de France Méditerranée) et Nicolas Mat (PIICTO) — ainsi que deux grands témoins : Sandrine Motte (Société des Eaux de Marseille) et Laurent Laïk (Groupe La Varappe).

« Nous avons besoin d’une boussole, pas d’un classement. Et d’un dialogue régulier à partir d’un référentiel partagé.»
L’étude, menée auprès d’entreprises de toutes tailles, d’acteurs de l’ESS, de l’insertion, de la philanthropie, de la recherche et des institutions publiques, a mis en lumière le besoin d’un référentiel commun pour structurer une dynamique collective. C’est l’objectif du nouveau baromètre qui sera diffusé en 2027 : aider chacun à se situer, à progresser et à suivre son évolution dans le temps.
Il s’agit de répondre à un double défi :
- Rendre la RTE plus visible, mesurable et lisible en tant que démarche globale.
- Fédérer les parties prenantes en créant une dynamique collective, agile mais structurée.

« On ne peut pas être une entreprise qui gagne sur un territoire qui perd. »
Il existe une réelle conscience d’un rôle qui dépasse le seul périmètre de l’entreprise. Le territoire métropolitain n’est pas vierge en matière d’action collective : il en est même richement doté, ce qui rend son éparpillement d’autant plus frappant. Les initiatives sont nombreuses, mais elles se connaissent mal et se réfèrent peu les unes aux autres. L’absence d’articulation de ces pratiques constitue le premier déficit de la RTE. Pour qu’elle passe de l’initiative ponctuelle ou isolée à la pratique systémique, la question de la gouvernance et du réamorçage du dialogue public-privé à l’échelle des bassins d’emploi est incontournable.

Les initiatives restent intuitives, portées le plus souvent par la conviction des dirigeants et dirigeantes, et demeurent dispersées sans réelle articulation entre elles. Les référentiels existants ne sont pas adaptés aux TPE, qui forment pourtant l’essentiel du tissu économique : seules 19 % des TPE mesurent leur impact territorial, contre 53 % des entreprises de 250 salariés et plus.
Pourtant, un engagement bien réel ressort du terrain :
- 87 % nouent des partenariats avec des acteurs du territoire (principalement sur des projets ponctuels).
- 70 % mènent des actions d’insertion ou d’emploi local (via la formation et l’alternance).
- 74 % déclarent mettre en place des actions pour limiter leurs impacts négatifs ou améliorer l’écosystème local.
- 35 % estiment que leur activité participe directement à la régénération du territoire.

Comment dépasser « l’effet Monsieur Jourdain » ?
Les pratiques existent, mais elles ne sont ni nommées, ni reconnues, ni évaluées. 87 % des entreprises déclarent ainsi faire de la RTE, mais seules 31 % mesurent leur impact territorial et 28 % la distinguent clairement de la RSE.
Il s’agit ainsi de reconnaître la RTE là où elle ne se nomme pas. La diffusion du concept de RTE au sein des organisations reste très inégale. La grande majorité des acteurs économiques qui la pratiquent, à des degrés divers, mobilisent peu ce vocabulaire et confondent souvent RTE et RSE.

Cette réalité de terrain a une conséquence directe pour l’analyse : la RTE doit être identifiée non seulement là où elle est revendiquée, mais aussi là où elle se manifeste de façon implicite dans les discours et les pratiques.
Cela implique de prendre en compte la RTE comme une démarche à part entière, sans la réduire à une simple extension géographique de la RSE. Il faut considérer en premier lieu la coopération pour passer d’une logique centrée sur le seul impact de l’activité de l’entreprise à une logique collective, faisant du territoire un acteur et non un simple support. Pour faire grandir la RTE sur notre territoire, rejoignez le panel du baromètre 2027 et recevez les conclusions de l’étude.











