Le confort climatique s’impose progressivement comme un nouveau critère dans les projets résidentiels des Français, selon l’étude « Canicule & Immobilier 2026 » menée par leboncoin auprès de 1 752 personnes de son panel La Bonne Communauté publiée le 18 juin 2026. Et deux mois après cette publication, avec une série de canicules supplémentaires et un été ravageur sur le front des incendies, il est à fort à parier que l’opinion des Français a dû encore se renforcer.
L’étude du Boncoin montre l’émergence d’un véritable « réflexe climatique », sans toutefois parler à ce stade d’un exode climatique massif. 81 % des Français déclarent ressentir un inconfort lié aux fortes chaleurs dans leur logement et plus d’un tiers intègrent désormais le climat dans leurs réflexions résidentielles.

Au total, 34 % des répondants envisagent déjà ou pourraient envisager de déménager si les canicules s’intensifient : 7 % y pensent sérieusement et 27 % pourraient l’envisager si la situation se dégrade. Les jeunes sont les plus concernés, avec 12 % des 18-24 ans qui envisagent sérieusement un départ, contre seulement 1 % des plus de 65 ans.
La fraîcheur redessine les territoires recherchés : la disgrâce du Sud
Les habitants des régions les plus exposées aux fortes chaleurs sont aussi ceux qui expriment le plus fortement une intention de départ. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur arrive largement en tête, avec 18 % des habitants envisageant sérieusement de partir, devant l’Occitanie, l’Auvergne-Rhône-Alpes et le Centre-Val de Loire, à 8 %.

Lorsqu’ils imaginent un lieu de vie plus agréable face aux fortes chaleurs, 42 % des Français privilégient un littoral tempéré, 27 % la montagne et 18 % le nord de la France. La Bretagne, la Normandie et la façade Atlantique pourraient ainsi devenir les grands territoires bénéficiaires de cette recherche de fraîcheur. Les Alpes, les Pyrénées et le Massif central pourraient également profiter de cette nouvelle attractivité climatique.
« Les Français ne déménagent pas encore à cause du climat, mais ils commencent à choisir où vivre en fonction de lui », estime Nicolas Garcia Benitez, directeur du marché immobilier chez leboncoin. Selon lui, le risque n’est pas celui d’un exode climatique massif, mais celui d’une « nouvelle fracture immobilière ».
Immobilier : en Île-de-France, les biens avec piscine se vendent plus vite, mais pas forcément plus cher
Alors que le marché immobilier francilien reste prudent, les maisons avec piscine continuent de se distinguer révèle leboncoin. Au premier semestre 2026, elles génèrent 145 % de contacts de plus que les maisons sans piscine sur leboncoin, sans pour autant afficher un prix au m² supérieur. La piscine apparaît désormais comme un critère de qualité de vie qui favorise la mise en relation entre vendeurs et acheteurs.

Le coût du départ, principal obstacle
L’étude souligne en effet que le principal enseignement réside moins dans le désir de partir que dans la capacité à le faire. 51 % des répondants citent le fait de rester proche de leur famille comme frein, devant la conservation de l’emploi (45 %), l’attachement à leur région (43 %) et les contraintes financières (39 %).
Cette dernière donnée progresse de 7 points par rapport à 2025. Pour leboncoin, la fraîcheur pourrait ainsi progressivement devenir un facteur de pouvoir d’achat immobilier, avec le risque de renforcer les inégalités entre les ménages capables de choisir leur environnement climatique et ceux qui ne peuvent pas financer un changement de territoire.
La résidence secondaire comme « refuge climatique » ?
Une autre tendance se dessine autour de la résidence secondaire. 7 % des Français envisageraient sérieusement d’en acquérir une dans une région plus fraîche, tandis que 26 % pourraient y réfléchir si les épisodes de canicule devenaient plus fréquents.
Pour leboncoin, cette solution pourrait apparaître comme une forme d’adaptation plus accessible qu’un déménagement définitif pour certains ménages. L’étude dessine ainsi progressivement une nouvelle géographie résidentielle dans laquelle la recherche de fraîcheur devient un critère immobilier à part entière, appelé à prendre davantage d’importance avec l’intensification des épisodes de chaleur.

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