Dix ans après la mise en service de ses premières centrales solaires, l’écoparc de Corbières-en-Provence célèbre une décennie d’activité. Né en 2013 sur le site d’une ancienne gare désaffectée, ce projet mêle immobilier d’entreprises et énergie photovoltaïque. À l’occasion de cet anniversaire, ses fondateurs reviennent sur une aventure toujours en mouvement, alors que leur société, Volta, poursuit sa croissance à l’échelle nationale.
Conçu à l’origine pour accompagner l’installation du projet international Iter à Cadarache, un projet de réacteur expérimental à fusion nucléaire fondé sur le principe du confinement magnétique, l’écoparc de Corbières devait répondre á une problématique bien précise : « J’avais anticipé qu’un projet de cette envergure, s’il n’était pas accompagné d’un plan de développement local cohérent, allait entraîner un fort déficit d’infrastructures et d’espaces de travail », explique Jean-Luc Guigue, initiateur du site et aujourd’hui responsable de la prospection foncière chez Volta.
L’écoparc de Corbières, 13 bâtiments et 180 emplois
Les premières autorisations sont signées fin 2011. En 2013, « le projet était prêt à démarrer, affirme Jean-Luc Guigue, mais un obstacle majeur est venu le bloquer : le financement. » C’est dans ce contexte que Volta intervient. Grâce à son financement, les travaux de l’écoparc démarrent en 2013 et les premières centrales solaires sont inaugurées l’année suivante. Dix ans plus tard, l’écoparc aligne 13 bâtiments, occupés par des entreprises variées — un Gamm Vert, une crèche, ou encore Meta, spécialisée dans la promotion immobilière de bureaux et fournisseur d’Iter. Près de 180 emplois sont désormais recensés sur place pour un village de 1 200 habitants.
L’entreprise Volta, fondée par Pierrick Morier, a depuis consolidé sa présence. En 2024, elle a installé son siège opérationnel à Corbières, à quelques mètres du site historique. Le groupe y emploie 37 collaborateurs, sur un effectif global d’environ 90 personnes.

Après une levée de fonds de 40 M€, Volta vise 1 GW d’exploitation d’ici 3 ans
Au-delà du symbole local, la société affiche aujourd’hui des ambitions plus larges. En 2023, Volta a levé 40 millions d’euros auprès de TiLT Capital Partners, Eiffel Investment Group, Bpifrance et Socadif, pour accélérer le développement de ses projets solaires en France et en Europe. En 2024, un financement supplémentaire de 65 millions d’euros a été bouclé avec l’aide d’Arkéa pour la construction et la rénovation de 175 centrales photovoltaïques.
Le groupe exploite aujourd’hui près de 270 MWc sur différents pays et ambitionne d’atteindre 1 GW en développement d’ici trois ans. En matière d’impact environnemental, cela permettrait d’éviter environ 100 000 tonnes d’émissions de CO₂ par an, selon le facteur moyen d’émission du mix énergétique français.
Du gagnant-gagnant
Pour la commune de Corbières-en-Provence, l’écoparc reste un levier de développement. « Depuis dix-huit ans, les différentes municipalités n’ont eu de cesse que Corbières marche sur ses deux jambes, l’une tournée vers notre histoire, l’autre vers la modernité », souligne le maire Jean-Claude Caste.
« Pour Volta, Corbières a été un laboratoire stratégique, reconnaît de son côté Pierrick Morier. Ce projet nous a poussés à inventer notre propre modèle : accompagner la transition énergétique dans le réel, au service du tissu économique et social local. »
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