La Marine nationale a engagé fin décembre 2025 une commande significative de drones aériens embarqués, avec la signature de deux contrats majeurs dans le cadre du programme SDAM (Système de drones aériens de la Marine), marquant une avancée concrète dans la modernisation de ses moyens de surveillance et de renseignement en mer.
Pilotée par la Direction générale de l’armement (DGA), cette commande porte à la fois sur des drones lourds VSR700, développés par Airbus Helicopters (Marignane) et intégrés par Naval Group, et sur des drones plus légers Camcopter S-100F, fournis par Naval Group et destinés aux frégates de premier rang. Les montants exacts des contrats n’ont pas été rendus publics.
Six VSR700 pour renforcer les missions de renseignement
Le volet principal concerne l’acquisition de six systèmes VSR700. Dérivé de l’hélicoptère léger Cabri G2, construit par la PME Hélicoptères Guimbal basée à Aix-les-Milles, ce drone de plus de 700 kg, à décollage et atterrissage vertical (VTOL), offre une endurance supérieure à huit heures et peut embarquer jusqu’à une centaine de kilos de capteurs – radar de surveillance maritime, systèmes optiques et récepteur d’identification automatique des navires (AIS).
« Nous sommes honorés que le ministère français des Armées ait décidé de lancer la prochaine phase du programme VSR700 avec une production en série pour la France et de futurs clients à l’export », s’est réjoui Bruno Even, le PDG d’Airbus Helicopters, sur le départ. Rappelant au passage qu’afin de garantir la réussite de cette nouvelle étape, Airbus Helicopters a « mis en place une nouvelle structure industrielle spécifiquement dédiée à la production en série. Cette structure nous permet de nous adapter aux spécificités du marché des drones et d’optimiser notre production tout en maintenant les plus hauts standards de sécurité et de performance aéronautiques. »

Mise en service opérationnelle à partir de 2028
Ce contrat, en date du 30 décembre dernier, s’inscrit dans la continuité de l’accord-cadre signé en juin 2025 au salon du Bourget, qui avait formalisé l’entrée du VSR700 dans sa phase de production après plus de dix années de développement et d’essais, notamment des campagnes de décollage et d’appontage automatiques en mer.
Destinés à des missions d’intelligence, de surveillance et de reconnaissance (ISR), les appareils VSR700 sont destinés à être pleinement intégrés aux systèmes de combat des bâtiments de la Marine grâce au système de mission Steeris® de Naval Group. La mise en service opérationnelle des appareils est prévue à partir de 2028, avec un déploiement progressif sur les navires concernés, mais pas les frégates multi-missions (FREMM), comme prévu initialement.
Camcopter S-100F : une capacité légère pour les frégates, dès 2026
Parallèlement, en effet, la DGA a notifié le 29 décembre un second contrat portant sur l’acquisition de drones légers Camcopter S-100F, déjà éprouvés au sein de la Marine nationale, fournis par Naval Group et produits par l’autrichien Schiebel. Ce sont finalement ces drones, eux aussi à décollage et atterrissage vertical, qui ont été retenus pour équiper les FREMM.

Chaque système comprend deux aéronefs et les moyens de contrôle associés. Dotés d’une autonomie d’environ six heures et d’une charge utile d’environ 50 kg, ils embarqueront des capteurs optiques et infrarouges améliorant l’évaluation tactique, la connaissance de la situation maritime et les capacités de surveillance bien au-delà de l’horizon visuel.
La première frégate équipée devrait achever son adaptation en vue de l’accueil des S-100F à la fin de l’été 2026, prélude à un déploiement plus large sur la flotte.
Un pas vers la souveraineté et l’efficacité opérationnelle
Ces décisions concrétisent une stratégie militaire et industrielle portée par la loi de programmation militaire 2024-2030, qui prévoit la livraison de dix systèmes de drones aériens d’ici 2030. L’objectif affiché est double, comme l’a, entre autre, rappelé le chef de l’État, Emmanuel Macron, lors de sa venue à Istres le 15 janvier, pour les vœux aux armées : renforcer l’autonomie opérationnelle de la Marine nationale face aux menaces émergentes et structurer un écosystème industriel français souverain dans le domaine des systèmes sans pilote navals.
À terme, ces drones sont appelés à compléter les moyens aériens habités de la Marine nationale, en apportant une capacité de surveillance persistante tout en réduisant l’exposition des équipages aux risques opérationnels.
Lien utile :
> Notre dossier d’actualités consacré à l’aéronautique et la Défense










