Au cœur de la canicule cet été, le pôle de compétitivité Aqua Valley annonçait qu’il mettait les clés sous la porte faute de financement de l’État. Un non-sens intégral pour ce pôle qui s’étendait sur la région méditerranéenne associant l’Occitanie, la Corse et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le tribunal judiciaire de Montpellier a prononcé, le 10 juillet 2026, la liquidation judiciaire de l’association Aqua-Valley, créée en 2010 et labellisée pôle de compétitivité eau.
Pendant plus de quinze ans, Aqua-Valley a structuré et mis en place un réseau unique d’acteurs privés et académiques. Il a accompagné une centaine de projets d’innovation, notamment sur la gestion quantitative et qualitative des ressources et sur la réutilisation des eaux usées traitées, développé des partenariats industriels et académiques forts, porté des dispositifs européens et contribué au rayonnement international de la filière française de l’eau.
Depuis le mois de mars, un mandataire accompagnait l’association dans la recherche d’une solution permettant d’assurer sa pérennité. Les principales ressources publiques de la structure devraient en effet passer de 450 000 euros en 2025 à seulement 72 000 euros (financement de la région Occitanie) potentiellement en 2027. Au désengagement de l’État, soit 258 000 euros, s’est ajouté l’arrêt des subventions de la Région Sud, soit 120 000 euros. Dans ces conditions, un processus de restructuration avait été engagé, mais le mandataire a estimé, que la liquidation judiciaire constituait la seule solution offrant les garanties nécessaires aux dix salariés.
Préserver et développer des liens de business pour la filière eau
Face à cette situation, le cluster régional Éa Eco-entreprises annonce le lancement d’Éa Business Club de l’eau, à l’initiative d’entreprises du secteur, TPE, PME et grands groupes. Ce club réunit les acteurs de la filière autour d’une ambition commune : développer les opportunités commerciales, renforcer les coopérations et faire entendre leurs besoins auprès des décideurs publics et privés pour répondre avec efficacité aux impacts du changement climatique dans nos territoires.
Les entreprises ont besoin souligne Éa EcoEntreprises, « de lieux d’échange pour identifier des partenaires, construire des projets communs et contribuer ensemble à formuler des réponses efficaces aux enjeux de l’eau. »
Historiquement construit autour de cette filière, avant de s’ouvrir aux autres métiers de la transition écologique, Éa Eco-entreprises souhaite contribuer à cette dynamique en s’appuyant sur son expérience et son ancrage méditerranéen.

Pour une gestion sobre de la ressource en eau
Jean-Marc Philip, vice-président et trésorier d’Éa Ecoentreprises confie à Gomet’, qu’avec « l’été que nous avons passé, les tensions qu’on a observées sur la ressource en eau, exigent que tous les acteurs, se mobilisent en faveur d’une gestion sobre de la ressource en eau. C’est pour cela qu’Éa se mobilise pour fédérer les forces des TPE, PME, ETI et grands groupes qui font « l’école de l’eau » à la française. Sur nos territoires méditerranéens, les talents sont là. Ils sont à la disposition des donneurs d’ordre publics comme privés. On doit avancer beaucoup plus vite sur des sujets majeurs comme la réutilisation des eaux, le traitement des PFAS, l’irrigation sobre, etc. Ce Business Club de l’eau est là pour tout cela : fédérer les entreprises, leur permettre de développer leur activité, représenter leurs intérêts auprès des décideurs, peser sur les prochaines échéances démocratiques pour rappeler combien la gestion de l’eau doit être au centre des politiques d’aménagement du territoire. Ce club est ouvert à tous les acteurs économiques qui se retrouvent dans ces valeurs. »

Ancré sur les rives de la Méditerranée, hotspot climatique, le club veut dépasser les frontières locales et s’ouvrir aux entreprises qui partagent ces enjeux et souhaitent y contribuer.
Lien utile :
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