Du 7 au 10 mai 2026, au cinéma Le Miroir du Centre de la Vieille Charité à Marseille, le Festival du Film d’Artiste (Aviff) déploie une programmation où se croisent cinéma expérimental et art contemporain.
Fidèle à son ADN, le festival explore les formes cinématographiques transdisciplinaires, et propose un focus sur des artistes iraniens dont les œuvres interrogent les réalités sociales et politiques de leur pays.
Désormais bien ancré dans le paysage culturel marseillais, l’Aviff poursuit un objectif constant depuis sa création en 2010 à Cannes : offrir un espace de visibilité à des œuvres singulières, souvent éloignées des circuits de diffusion traditionnels.

16e édition 18 films en compétition
Installé à Marseille depuis trois ans, le festival rassemble pour cette 16e édition 18 films en compétition – courts et moyens métrages issus de 12 pays – et favorise les rencontres entre artistes, curateurs et public. Le festival s’ouvrira avec une performance participative de la plasticienne Dalila Mahdjoub, autour de sa bibliothèque décoloniale. Une proposition à la croisée de l’intime et du politique, présentée à l’issue de la présentation officielle de la 16e édition par Daria Pouligo Golestan, directrice du festival.
Membre du jury cette année, l’artiste explore les circulations entre sphère domestique et espace public, en écho à des trajectoires migratoires et à des histoires familiales souvent invisibilisées.
Sélection officielle : quand le cinéma dialogue avec l’art contemporain
Le lendemain la compétition s’ouvre avec A Snake in the Grass de Fu Le, artiste aux pratiques multiples – chorégraphe, plasticien et vidéaste. Ce film donne le ton d’une programmation où les frontières entre disciplines artistiques s’entrecroisent, les oeuvres présentées étant issues, pour la plupart, de démarches extérieures au champ cinématographique traditionnel.
Plusieurs signatures confirmées explorent ces formes hybrides : Mingu Kang, artiste des médias sud-coréens, propose Performance N°19190301, une œuvre qui mobilise l’intelligence artificielle comme outil de création. Emma Scarafiotti, artiste italienne pluridisciplinaire aborde quant à elle les questions de genre à travers une approche performative et visuelle avec Baccanti.
Figure également au programme le film de Kamila Kuc, cinéaste d’origine polonaise, primée lors du Festival international du film du New Jersey pour « I was there », ainsi que celui de Ting-Kin Chan, artiste multimédia chinois avec Ghost Noon.
Le festival met aussi en lumière de nouvelles voix : Marion Moana David avec Brian Fog, qui explore les formes narratives contemporaines et les imaginaires de l’image ; le plasticien Mathieu Sauvat avec The Mystery of the Horizon ; et les étudiants des Ateliers de Sèvres, dont Benjamin Wizman avec Satan New Year, un film d’animation sensible consacré au quotidien d’une enfant dyspraxique.
Voix et récits du cinéma iranien
Temps fort de cette édition, un programme dédié à l’Iran réunira plusieurs réalisateurs et réalisatrices aux approches diverses. Dans un contexte marqué par la guerre au Moyen-Orient, les organisateurs affirment leur volonté d’ouvrir un espace de regard et d’écoute.
Les films abordent des sujets de société tels que la condition des femmes dans « Death Closes the eyes » d’Afshin Soufian, les questions liées à l’homosexualité dans « KER » de Sajad Soleymani, ou encore les enjeux d’identité dans The Third Dream de Mohammad Hossein Nikzad.
La question migratoire traverse également « Nabi » de Hamed Golshahi, tandis que « The Third Child » de Serna Amini s’attache à une histoire plus intime : celle d’un enfant entendant au sein d’une famille sourde, confronté à l’apprentissage du langage oral.
Un espace de rencontres et de partage
Au-delà des projections, l’Aviff se veut un lieu de circulation des regards et des paroles. Pendant quatre jours, artistes, professionnels et spectateurs sont invités à partager les oeuvres dans la discussion. Le festival se clôturera dimanche 10 mai avec la remise des prix par un jury composé de Dalila Mahdjoub (plasticienne), Jeremy Mares (visual merchandiser), Dorine Julien (collectif d’artistes Les Pas Perdus), Delphine Mogarra (plasticienne) et Raymond Dikoumé (acteur et metteur en scène). Parmi les distinctions figurent notamment le prix de la Fondation culturelle Angel Orensanz à New York, partenaire du festival depuis 2012.
Liens utiles :
Plus d’informations : https://www.art-film-festival.com/
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