C’est une bonne nouvelle pour l’industrie navale française, et plus particulièrement pour Naval Group. Le parlement grec a définitivement validé vendredi 3 octobre la commande à la France d’une quatrième FDI (frégate de défense et d’intervention), baptisée « Belharra » à l’export, dans le cadre d’un partenariat stratégique entre les deux pays.
Signé en mars 2022, le contrat initial prévoyait la livraison de trois frégates destinées à la marine grecque, pour un montant de 2,26 milliards d’euros, avec une option pour une quatrième unité. Après plusieurs mois de discussions, le Parlement grec a donc donné son feu vert pour cette commande supplémentaire, comme l’avait suggéré dès le 17 septembre le ministre grec de la Défense, Nikos Dendias, à l’issue d’une réunion du conseil de sécurité nationale.
Cette quatrième frégate, qui devrait porter le nom de Themistocles, viendra compléter la série des trois premières unités déjà en construction : Kimon, Nearchos et Formion. Selon le calendrier actuel, la première doit être livrée fin 2025, la dernière en 2026, tandis que la nouvelle venue devrait rejoindre la flotte hellénique d’ici fin 2028.
Un contrat stratégique et industriel
L’achat de ce quatrième navire, pour un montant de 810 millions d’euros selon La Tribune, s’inscrit plus globalement dans le cadre du partenariat stratégique de défense et de sécurité signé entre Emmanuel Macron et le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis en 2021 et qui portait sur la commande de 24 appareils Rafale ainsi que des trois FDI pour un montant total de plus de 5,5 milliards d’euros. Et ce, dans un contexte géopolitique marqué par les frictions persistantes et de plus en plus marquées entre la Grèce et la Turquie, notamment autour des zones économiques exclusives et des forages gaziers.
Pour Athènes, il s’agit, avec cette quatrième unité, de consolider sa supériorité navale en Méditerranée orientale au moment où la Turquie modernise elle aussi sa flotte avec des bâtiments de conception nationale.
La première frégate de défense et d’intervention (FDI) livrée à Brest
Le 17 octobre 2025, Naval Group a livré à Brest sa toute première frégate de défense et d’intervention (FDI), baptisée Amiral Ronarc’h et commandée par la Direction générale de l’armement (DGA) pour le compte de la marine française. Elle est la première unité de ce programme d’envergure de 5 frégates, destiné à renforcer les capacités de la Marine Nationale et symbole du renouvellement et du renforcement des capacités de la flotte.
Naval Group compte à ce jour 9 FDI sur son plan de charge (5 françaises et 4 grecques). La tête de série, l’Amiral Ronarc’h, restera basée à Brest.
Héritière de la FREMM française, disposant de capacités démontrées dans tous les domaines de lutte (anti-aérienne, anti-sous-marine, antisurface et asymétrique), la FDI est une frégate polyvalente de premier rang, entièrement numérique, parmi les plus avancées de sa génération : 122 mètres de long, un équipage d’une centaine de marins, des radars de dernière génération et la capacité d’emporter les missiles Aster 30 pour la défense aérienne ou Exocet MM40 pour la lutte antinavire.

Participez à notre rendez-vous Question Centrale, défense et aéronautique
à Centrale Méditerranée le 12 novembre 2025
Un succès à l’export pour la France
Avec cette quatrième FDI, la Grèce devient le premier client étranger à exploiter une série complète de frégates françaises de dernière génération. Une vitrine précieuse pour Naval Group, encore marqué par ses échecs au Canada et en Norvège, à peine compensés par les contrats signés avec le Brésil, en juin dernier, pour la réalisation d’un premier sous-marin à propulsion nucléaire, et alors que plusieurs marines européennes et asiatiques s’intéressent déjà au modèle Belharra.
En remportant cette commande, le groupe basé à Lorient, où sont assemblées les frégates FDI, et fortement implanté en Méditerranée, à Toulon, renforce non seulement sa position sur la scène européenne, mais aussi l’idée d’une Europe de la défense qui passe par des coopérations concrètes.
Liens utiles :
> L’actualité de Naval Group dans Gomet’
> Notre dossier consacré à l’Aéronautique et la Défense











