Depuis le 1er janvier 2026, une étape clé a été franchie en France sur le marché de l’électricité avec la fin du modèle de l’Arenh (accès régulé à l’électricité nucléaire historique) mis en place il y a 15 ans pour permettre l’ouverture du marché de l’électricité à la concurrence.
Cette évolution offre aux entreprises la possibilité de sécuriser leurs coûts d’approvisionnement énergétique en se protégeant des aléas conjoncturels qui engendrent la volatilité des prix de l’électricité. Les récentes crises, notamment celle de 2022 avec le pic historique consécutif à un contexte géopolitique instable et des tensions sur l’outil de production nucléaire, ont marqué les esprits.

« Le dispositif en place avant le 1er janvier 2026 n’a pas été capable de nous protéger face à une crise d’une telle ampleur », retrace Yann des Longchamps, le directeur régional d’EDF Commerce en Méditerranée. « L’explosion des tarifs dans la période 2022 – 2023 a provoqué un véritable séisme en France ainsi que dans le reste de l’Europe, et a suscité une prise de conscience chez les particuliers et les professionnels de l’importance de l’électricité dans nos vies. »

Un marché qui reste concurrentiel avec des prix stables
Ce nouveau dispositif a pour objectif de protéger les consommateurs en proposant un prix de l’ électricité qui soit stable et compétitif.
Alors, comment justement garantir cette protection sur les tarifs alors même que l’instabilité géopolitique est toujours d’actualité ? La solution repose sur la mise en place de contrats moyen et long terme.
« Le nouveau modèle de marché cherche à protéger avant tout les consommateurs », souligne Yann des Longchamps. Les nouvelles offres de moyen terme proposent ainsi des contrats sur 4 à 5 ans, et plus de 10 ans pour les contrats long terme, qui ont l’avantage de neutraliser l’influence d’effets conjoncturels sur le prix (cf graphique). Ils donnent ainsi de la visibilité aux entreprises sur le poste de dépense « énergie » en leur permettant de se concentrer sur leur cœur de métier.

Par ailleurs, ce nouveau dispositif préserve et renforce le marché de l’électricité dans sa logique concurrentielle. « J’insiste sur ce point : l’idée est bien de permettre à la France d’avoir un modèle de marché qui respecte le principe concurrentiel. Il ne s’agit pas de le remettre en question, mais au contraire de le vivre pleinement tout en offrant des solutions de stabilité et de compétitivité des prix de l’électricité pour les clients. »
Un modèle qui performe déjà !
Le nouveau modèle de marché, entré en vigueur en ce début d’année, sécurise la compétitivité des entreprises. En effet, la France affiche des prix parmi les plus bas d’Europe, autour de 50€/MWh, amenant de nombreux dirigeants à sécuriser leur budget sur une durée longue, dans une stratégie de « gestion maitrisée des risques ». Le nouveau dispositif de marché a été en effet pour partie anticipé par beaucoup d’entreprise pour ne pas attendre le grand soir du 31 décembre 2025.

Le bilan est d’ailleurs éloquent et témoigne de l’intérêt porté par la nouvelle offre. Ainsi en 2025, sur le marché d’affaires, un contrat signé sur trois l’a été avec un horizon de quatre ans et au-delà. L’ensemble des entreprises et tous secteurs confondus sont au rendez-vous. Plus de 1 500 boulangers ont par exemple souscrit à des contrats de quatre ou cinq ans depuis début 2025. Cette profession, particulièrement exposée aux variations soudaines de prix de l’énergie, bénéficie désormais d’une sécurité précieuse.
En Méditerranée, plus de la moitié du portefeuille EDF des clients PME-ETI-Grandes entreprises éligibles a souscrit à ces offres moyens termes, et la dynamique se poursuit. 93 % des clients soulignent l’intérêt de ces offres pour la stabilité et la compétitivité des prix. Mais si la prise de conscience est bien réelle, de nombreuses entreprises doivent encore franchir le pas, notamment dans les secteurs exposés comme le commerce de gros et de détail, l’agriculture ou encore le tertiaire. « Car même si le prix de l’électricité est actuellement bas, un consommateur reste toujours exposé face à un nouvel épisode de volatilité s’il ne s’est pas protégé avec un contrat qui lui garantit la stabilité du prix dans la durée », rappelle Yann des Longchamps.
Sartorius Stedim Biotech (Aubagne) et Le Roy René (Aix) : deux acteurs emblématiques du territoire qui témoignent de l’intérêt pour le nouveau modèle de marché
Deux entreprises emblématiques du territoire n’ont pas attendu. Dans l’agro-alimentaire, la PME La Confiserie du Roy René, à Aix-en-Provence, maison centenaire spécialisée notamment dans les calissons d’Aix et le nougat de Provence, se renouvelle et se modernise en permanence. Sa directrice générale, Laure Pierrisnard, souligne les raisons d’avoir signé un contrat à moyen terme avec EDF : il permet, dit-elle, « de maîtriser et de sécuriser le poste énergétique, important pour la fabrique ».
Un engagement complété par une centrale photovoltaïque installée sur le toit de la fabrique, qui contribue à renforcer la stratégie du Roy René de faire appel « aux filières courtes et agricoles locales » dans un cadre sécurisé.

Autre partenariat historique et renouvelé dans le cadre de la nouvelle donne du marché, celui signé dans l’industrie santé avec l’ETI pharmaceutique Sartorius Stedim Biotech, basée à Aubagne. Elle est engagée avec EDF de longue date et a basculé sur un nouveau contrat.
Outre la sécurisation de l’approvisionnement électrique, l’entreprise vise aussi la décarbonation de son site (bornes électriques, panneaux photovoltaïques, flottes décarbonées…) avec l’objectif de réduire les émissions de GES de 10 % par an d’ici 2030 et d’atteindre le zéro émission en 2045.
Olivier Potet, en charge des Facilities et des Travaux Neufs de Sartorius en Europe du Sud, et Jérôme Viargues, responsable des Services Généraux à Aubagne (1200 personnes, une vingtaine de bâtiments, un nouveau siège et campus de 16 hectares inauguré en 2025), doivent gérer une consommation annuelle de 11 GWH. « Notre volonté, affirme Olivier Potet, est d’avoir à la fois une énergie de source renouvelable et d’acheter de l’électricité à faible coût pour éviter toute flambée comme il y a pu avoir à la sortie de la crise du covid.»

Fin du mois et fin du monde
Le nouveau modèle de marché intègre par ailleurs un volet réglementaire tout autant stratégique. Les deux mécanismes ayant été annoncés en novembre 2023 par l’ancien ministre de l’Economie Bruno Le Maire et EDF doivent en effet permettre de garantir à la fois la souveraineté et la compétitivité de la France en matière énergétique.
En effet, en complément de la mise en place des contrats de moyen et long terme, un nouveau mécanisme réglementaire sera mis en place, une sorte de garde-fous, appelé VNU pour Versement Nucléaire Universel. Si le prix devait à nouveau augmenter au-delà de certains seuils, l’Etat viendra chercher les revenus additionnels chez EDF pour les redistribuer au marché afin de soulager la facture des consommateurs exposés à cette hausse. Ce mécanisme sera mis en place avec l’adoption d’un décret à venir.
« Une fois que nous avons sécurisé le court terme et l’urgence, à savoir la facture d’électricité que l’on va recevoir à “la fin du mois”, nous devons nous engager collectivement dans la lutte contre le changement climatique », conclut Yann des Longchamps. Il affirme que les conditions sont au rendez-vous : « En France, nous avons la chance de bénéficier d’une électricité décarbonée (produite à 93 % sans émission de CO2), abondante, compétitive et qui assure la souveraineté énergétique du pays. Nous disposons par ailleurs d’offres contractuelles adaptées et qui répondent aux besoins de l’ensemble du marché en termes de stabilité et de compétitivité des prix. Enfin, nous proposons des solutions techniques et sur mesure pour nos clients grâce à nos filiales de spécialité pour décarboner et électrifier les usages. »
Face à cet alignement inédit des conditions, l’enjeu n’est plus d’attendre, mais d’agir
Aujourd’hui, les lignes sont claires. Jamais la France n’a réuni autant d’atouts : une électricité abondante, largement décarbonée, à des prix parmi les plus compétitifs d’Europe. Des offres de marché qui apportent stabilité, visibilité, ainsi que des solutions concrètes pour accompagner l’électrification des usages. L’enjeu n’est plus d’attendre, mais d’agir. Individuellement, chaque entreprise a une décision stratégique à prendre. Collectivement, c’est un mouvement qu’il s’agit d’amplifier. Car l’électrification est une nécessité au service de la performance et de la transition écologique. Le moment est venu de transformer cette convergence en engagement durable.
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