« Un chantier historique », comme l’a justement salué le maire de Marseille, Benoît Payan. La Banque européenne d’investissement (BEI) a officiellement annoncé ce lundi 25 août la signature de deux prêts d’un montant total de 425 millions d’euros pour financer le vaste « Plan Écoles » lancé par la Ville de Marseille et l’État dans le cadre du programme national Marseille en Grand.
Un chantier inédit pour 477 écoles
L’objectif : rénover ou reconstruire 477 écoles primaires, soit l’ensemble du parc scolaire public de la deuxième ville de France. Selon la mairie, environ 30 000 élèves – près d’un quart des effectifs – bénéficieront à terme de conditions d’apprentissage modernisées et plus équitables.
Le chantier, qui doit s’étaler sur près de sept ans, prévoit la réhabilitation de 129 000 m² de bâtiments scolaires. Au programme : amélioration des performances énergétiques, renforcement de la sécurité, adaptation aux nouveaux usages pédagogiques, végétalisation des cours et augmentation de la capacité d’accueil pour mieux répartir les effectifs.
Deux financements distincts
Pour ce faire, la BEI a accordé deux financements distincts, conclus en juillet dernier. D’abord, un prêt de 340 millions d’euros à la Société Publique des Écoles Marseillaises (SPEM), créée spécifiquement pour mener les rénovations lourdes de 188 écoles. La moitié de cette structure est détenue par la Ville, l’autre par l’État. Ce dernier s’est porté garant du prêt, permettant d’obtenir des conditions financières avantageuses. Ainsi qu’un autre prêt de 85 millions d’euros directement à la Ville de Marseille, qui assure la maîtrise d’ouvrage de la réhabilitation des 289 autres écoles.

La SPEM pourra également bénéficier de prestations de conseil financées par l’Union européenne dans le cadre du programme Invest EU, afin d’identifier d’éventuelles subventions complémentaires.
Qu’est-ce que la BEI ?
La Banque européenne d’investissement (BEI), dont les actionnaires sont les États membres de l’Union européenne (UE), est l’institution de financement à long terme de l’UE. Autour de huit grandes priorités, elle appuie des investissements qui contribuent à la réalisation des grands objectifs de l’UE.
En 2024, le Groupe BEI, qui comprend également le Fonds européen d’investissement (FEI), a signé près de 89 milliards d’euros de nouveaux financements à l’appui de plus de 900 projets à fort impact, « renforçant ainsi la compétitivité et la sécurité de l’Europe ». En France, le Groupe BEI a signé plus d’une centaine d’opérations en 2024 pour un montant total de 12,6 milliards d’euros.
Présent à Marseille, Ambroise Fayolle, vice-président de la BEI, a insisté sur la dimension « résolument tournée vers l’avenir » de l’opération : « Des établissements scolaires plus modernes, mieux équipés et plus sobres en énergie sont un vrai atout pour une grande ville dynamique comme Marseille. » Rappelant au passage qu’il s’agissait du tout premier financement direct de la BEI à la ville de Marseille.
Une étape majeure de « Marseille en Grand »
Ce plan d’investissement s’inscrit dans le cadre de Marseille en Grand, présenté par Emmanuel Macron en 2021 et doté de 5 milliards d’euros pour transformer durablement la ville. L’État apporte déjà 650 millions d’euros de garanties et 400 millions de subventions pour la rénovation des écoles, qui en constituent l’un des volets prioritaires, comme l’a rappelé le préfet de région Georges-François Leclerc.
Lequel a salué « un plan qui œuvre notamment pour garantir à toute la jeunesse marseillaise les conditions de la réussite scolaire, au sein de l’école républicaine, un des piliers de notre République. »
Signatures officielles et visite de terrain
Les contrats ont été signés à Marseille en présence de Georges-François Leclerc, d’Ambroise Fayolle, vice-président de la BEI, et de Benoît Payan, maire de Marseille.
« Pendant trop longtemps, les écoles de Marseille ont été abandonnées. Nous réparons des décennies de retard pour offrir à nos enfants une école publique digne, moderne, écologique », s’est félicité ce dernier, lors d’une cérémonie qui s’est prolongée par une visite de l’école primaire Saint-Louis Campagne-Lévêque (15ᵉ arrondissement), qui doit prochainement bénéficier d’une rénovation dans le cadre du projet.
A lire aussi :
> Avec Spot, l’École des mines de Gardanne ouvre un sas avec les entreprises
> École de la 2e chance : « renforcer l’impact auprès de la jeunesse marseillaise » (Lila Somé)
> Numérique : l’Ecole 42 ouvre un campus à Marseille à la rentrée 2025
> Noailles : l’école Perrin Sainte-Trinité lance un AMI destiné aux associations du quartier











