Arles continue d’attirer les collections privées, séduites par la beauté de la cité romaine et son intense attractivité culturelle. Le début de l’été 2025 a été marqué par l’ouverture du Musée de la mode et du costume du parfumeur grassois, Fragonard. Le site est exceptionnel dans un périmètre d’or, à l’arrière de l’hôtel de ville, rue de la Calade qui mène tout droit au théâtre antique et aux arènes.
Dans le quartier se succèdent déjà plusieurs « must » de l’Arles culturelle avec les fondations Manuel Riviera-Ortiz, Lee Ufan Arles et donc désormais le Musée de la mode et du costume Fragonard. Avant l’ouverture de cette nouvelle pépite, le chantier a duré cinq ans dans l’hôtel Bouchaud de Bussy entièrement restauré en intérieur comme à l’extérieur. Cela valait le coup d’attendre. Le travail du duo d’architecte Studio KO (Karl Fournier et Olivier Marty, basé à Paris) est particulièrement réussi et accompagne le parcours du visiteur en parfaite symbiose avec le raffinement des collections offertes au public.
L’embellissement du bâtiment, édifié au Moyen Âge, aux formes très classiques, dont la monumentale façade, l’escalier d’honneur et son jour central allie précision et raffinement à l’instar des ornements extérieurs sur les façades. Mais le luxe de la restauration n’a rien d’ostentatoire et s’efface pour mieux mettre en lumière les objets offerts au regard.
Visite en images au musée de la mode et du costume Fragonard
Pour sa première installation, intitulée Collections collection, le nouveau bijou arlésien fait une déclaration d’amour à la ville qui l’accueille, et plus particulièrement aux Arlésiennes dont la beauté vêtue est célébrée tout au long d’un parcours à travers l’histoire de la mode locale. Les vitrines se succèdent par ordre chronologique avec les pièces rares des collections des familles Costa (Fragonard) et Pascal (Arles). Les Arlésiennes, et quelques témoins masculins, défilent dans leurs tenues raffinées, de pied en cape.
De l’apparition des rubans de coiffe à la « fashion arlésienne »
La visite du Musée de la mode et du costume de Fragonard s’accompagne utilement de panneaux explicatifs. « Les rubans de coiffe apparaissent au cours des années 1820 et s’imposent rapidement comme la pièce la plus emblématique, facilement reconnaissable et connaissent de multiples évolutions stylistiques, profitant des progrès techniques de l’industrie textile. Jusqu’aux années 1830, ils enserrent un bonnet de coiffe qui renferme un chignon haut, fixé par un peigne, puis sont savamment gansés en coques harmonieuses sur le dessus de la téte. Sous le règne du roi Charles X, les manches des corsages deviennent bouffantes. parfois spectaculaires, et la ligne de la taille redescend peu à peu vers une place plus naturelle. La jeunesse arlésienne suit et fait sa mode ! »
Dans cette première moitié du 19e siècle, c’est tout un mode de vie que l’on nous raconte avec ses anecdotes : « Le commerce fluvio-maritime arlésien et la proximité avec la foire de Beaucaire sont toujours des facteurs majeurs d’adaptation et de renouvellement. Outre les bals ou les célébrations de la vie, la Grande Promenade du mois d’août. Parfois surnommée par la presse la « fashion arlésienne » est certainement l’événement le plus commenté de la mode locale. La jeunesse romantique d’Arles, de Camargue, de la Crau ou des Alpilles, raffole de cette compétition annuelle de style. Pour autant, en 1838, les participantes revendiquent leur mécontentement face aux partis pris de certains chroniqueurs de mode, corrompus par des commerces d’étoffes de la ville. »
L’art de se vêtir : l’installation vidéo de Charles Fréger
On croit percer au fil des présentations le mystère de la muse camarguaise au maintien si particulier et si délicat, à la fois spontané et maîtrisé, innocent et séducteur. Mais la fresque vidéo proposée par le photographe Charles Fréger, qui a créé pour le musée, l’unique œuvre permanente, mettant en scène des Arlésiennes à contrejour, vient brouiller les cartes. La figure iconique de l’Arlésienne en train de se vêtir ne dissipe pas son secret, tant les infimes détails se dévoilent discrètement pour vite se dissimuler. Arles, et ses madones ici comptés dans leurs plus beaux atours.
Informations pratiques et liens utiles
Collections Collection au Musée de la mode et du costume Fragonard, du 6 juillet 2025 au 4 janvier 2026
15 rue de la Calade. Arles
Site internet : musée-mode-costume.fragonard.com
De juillet à octobre, ouvert tous les jours de 10h à 18h30.
Plein tarif 10€. Tarif réduit : 6€
Fragonard ouvre son musée de la mode et du costume en juillet à Arles
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