Préparer sa retraite est devenu un sujet d’anxiété majeure pour une large partie des habitants de la Région Sud. C’est ce que révèle le premier observatoire régional de l’épargne retraite publié fin avril par Harmonie Mutuelle.
Réalisée par l’institut Lead Opinion auprès de 920 habitants de la région, âgés de 35 à 65 ans (1), l’étude met en lumière à la fois des des fractures sociales profondes, un manque d’information persistant et une forte attente d’accompagnement humain.
Une majorité d’épargnants, mais des inégalités marquées
Selon l’enquête, 57% des habitants interrogés disposent d’au moins un produit d’épargne retraite. L’assurance-vie reste le placement le plus répandu, devant les Plans d’épargne retraite individuels et collectifs. Mais cette moyenne masque de fortes disparités sociales. Seuls 2% des cadres déclarent ne disposer d’aucun produit d’épargne retraite, contre 17% des employés et 35% des personnes en recherche d’emploi. Les célibataires avec enfants à charge et les seniors approchant de la retraite apparaissent également plus fragilisés.
« L’épargne retraite existe en Région Sud, mais elle est profondément inégalitaire », souligne l’étude. Le premier frein reste sans surprise le manque de moyens financiers. Plus d’un répondant sur deux (54%) affirme ne pas pouvoir épargner suffisamment en raison de la dégradation du pouvoir d’achat et des incertitudes économiques. Une difficulté qui touche particulièrement les ouvriers (63%) et les demandeurs d’emploi (80%). À l’inverse, les catégories les plus favorisées évoquent davantage le manque de temps ou la priorité donnée à d’autres projets de vie.

Au-delà des capacités d’épargne, l’étude met en lumière une inquiétude quasi généralisée face à l’avenir. Près de huit personnes interrogées sur dix disent craindre une baisse importante de leurs revenus une fois à la retraite. Le maintien du niveau de vie arrive très largement en tête des préoccupations, devant la sécurisation des revenus futurs et la préservation de la santé et de l’autonomie. Les écarts sociaux réapparaissent ici avec force : les employés et les familles monoparentales se montrent nettement plus anxieux que les cadres.
89% des habitants de la région inquiets pour leurs revenus à la retraite
L’étude fait apparaître une inquiétude quasi généralisée concernant le futur niveau de vie des retraités. Près de huit personnes interrogées sur dix (79%) se disent préoccupées par leurs revenus futurs. Seuls 21 % affichent une certaine sérénité, un taux qui grimpe notamment à 35 % chez les cadres mais chute à 15% chez les employés et 13% chez les célibataires avec enfants à charge.
« L’épargne retraite ne peut plus rester un sujet technique. C’est un enjeu social, de pouvoir d’achat et de confiance », souligne Robert Jimenez, le directeur régional Paca chez Harmonie Mutuelle, l’un des « poids lourds » de la santé en France et notamment en région Sud avec ses 9 agences, 142 000 clients et près de 6 000 entreprises accompagnées. Le maintien du niveau de vie constitue la principale préoccupation des répondants, devant la sécurisation des revenus futurs et la préservation de la santé et de l’autonomie. « La perspective de revenus à la retraite est très anxiogène », insiste Robert Jimenez, rappelant que 89 % des personnes interrogées ont exprimé une forme d’inquiétude sur ce sujet.
Un déficit d’information largement partagé
Cette inquiétude est renforcée par une connaissance jugée insuffisante des mécanismes de l’épargne retraite. Seule une personne intérrogée sur deux estime être correctement informée sur les solutions existantes. Un chiffre qui tombe à 42% dans les entreprises de moins de 50 salariés. Si les produits les plus classiques, comme l’assurance-vie, restent relativement bien identifiés, les dispositifs plus techniques demeurent mal compris. « Il y a un vrai travail de pédagogie à entreprendre sur les différents produits d’épargne retraite », observe Robert Jimenez.
La fiscalité, les placements financiers ou encore les dispositifs collectifs comme le Percol restent perçus comme complexes par une majorité de répondants. « Le déficit d’information aggrave l’inquiétude face à la retraite », souligne l’étude.
Le besoin d’un accompagnement humain et durable
Face à cette complexité, les attentes exprimées apparaissent très claires : davantage de pédagogie, plus de transparence sur les frais et davantage de sécurité dans les placements proposés. Surtout, l’étude révèle un attachement marqué au conseil en présentiel. À rebours de la numérisation des services financiers, 71 % des personnes interrogées privilégient le rendez-vous en face-à-face pour être accompagnés dans leurs choix d’épargne retraite et près d’un répondant sur deux (47%) souhaite bénéficier d’un accompagnement continu tout au long de sa vie professionnelle, bien avant l’approche du départ à la retraite.
« L’accompagnement physique a été plébiscité, ce qui replace l’humain au centre des préoccupations », souligne encore Robert Jimenez, qui rappelle que l’épargne retraite est devenue aujourd’hui « le troisième métier cœur » d’Harmonie Mutuelle : « Dans l’approche globale que nous prônons avec avec la prévention et la santé, il était tout naturel pour nous de s’inscrire également dans l’accompagnement des adhérents à chaque étape de leur vie via notamment la préparation à la retraite et la transmission. »

Un levier d’attractivité pour les PME ?
L’étude met également en lumière le rôle croissant des entreprises dans la diffusion de l’épargne retraite collective. Seul un tiers des répondants (34%) bénéficie aujourd’hui d’un dispositif d’épargne retraite collectif (Percol), mais ceux qui y ont accès le jugent largement attractif (78%).
Pour la CPME Sud, partenaire de l’étude, ces dispositifs constituent désormais un enjeu stratégique pour les TPE et PME confrontées aux difficultés de recrutement et de fidélisation. « La capitalisation collective, en complément de la répartition, a vocation à prendre une place croissante dans la construction des retraites », estime même Alain Gargani, le président de la CPME Sud, pour qui les petites et moyennes entreprises ont « un rôle central à jouer dans la diffusion » de ces dispositifs auprès des salariés du secteur privé.
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(1) Enquête réalisée en ligne par l’institut Lead Opinion pour Harmonie Mutuelle, du 28 au 30 janvier 2026, auprès d’un échantillon de 920 répondants âgés de 35 à 65 ans, résidant en Région Sud (Alpes-de-Haute-Provence, Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Var, Vaucluse), salarié(e)s du secteur privé (70%), indépendant(e)s (12%), retraité(e)s (10%) ou en recherche d’emploi (7%). Questionnaire de 39 questions + 6 questions de profilage.
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