La société Seal SQ, spécialisée dans le développement et la commercialisation de semi-conducteurs, de PKI et de produits matériels et logiciels post-quantiques, basée à Genève et cotée au Nasdaq, et dont le siège français est situé à Meyreuil, avec une soixantaine de collaborateurs, annonce de nouveaux investissements.
À ce jour, l’entreprise explique avoir déjà investi plus de 50 millions de dollars en France, notamment dans la recherche et développement, les capacités industrielles et la création d’emplois à forte valeur ajoutée. « Le groupe est désormais en cours d’investissement supplémentaire de 200 millions de dollars d’ici fin 2026, afin d’accélérer l’innovation, la montée en puissance industrielle et la souveraineté européenne dans les domaines des semi-conducteurs et des technologies quantiques. L’effectif actuel, qui comprend près de 200 collaborateurs répartis sur ses pôles stratégiques de Toulouse, Meyreuil et Grenoble, doit être porté à 250 personnes d’ici la fin de l’année. »

Le « quantique », qu’est-ce que c’est ?
Un ordinateur quantique, calculateur quantique, processeur quantique, ou système informatique quantique, utilise les propriétés quantiques de la matière, telles que la superposition et l’intrication, afin d’effectuer des opérations sur des données. À la différence d’un ordinateur classique basé sur des transistors travaillant sur des données binaires (codées sur des bits, valant 0 ou 1), l’ordinateur quantique travaille sur des qubits dont l’état quantique peut posséder plusieurs valeurs, ou plus précisément une valeur quantique comportant plusieurs possibilités simultanées. (Source Wikipedia)
Seal SQ, anciennement WISeKey Semiconductors, affirme avoir développé une nouvelle génération de semi-conducteurs post-quantiques, conçus pour protéger les infrastructures numériques critiques face aux menaces émergentes liées à l’informatique quantique. « Les équipes françaises de Seal SQ jouent un rôle central dans la fourniture de solutions résistantes au quantique destinées aux gouvernements, aux infrastructures critiques, à l’IoT, à l’aéronautique, à la défense et aux secteurs fortement régulés. »
Le post-quantique : un impact sur l’intégralité de l’écosystème numérique
La cryptographie post-quantique (communément abrégée en PQC pour Post Quantum Cryptography) est un ensemble d’algorithmes de cryptographie classique comprenant les établissements de clés et les signatures numériques et assurant une sécurité conjecturée contre la menace quantique en plus de leur sécurité classique. Pour l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’informations (Anssi), la PQC représente la voie la plus prometteuse pour se prémunir contre la menace quantique. La transition post-quantique durera plus d’une dizaine d’années et impactera l’intégralité de l’écosystème numérique.
Sa réussite à l’échelle nationale est ainsi un enjeu majeur de la prochaine décennie. L’Anssi a publié un premier avis sur la migration vers la PQC en 2022, qui a été mis à jour et enrichi fin 2023. Elle y présente un état des lieux, ainsi que des recommandations visant à promouvoir les mécanismes hybrides d’établissement de clé ou de signature, qui combinent les calculs d’un algorithme à clé publique pré-quantique reconnu et d’un algorithme post-quantique supplémentaire. Le document incite les entités à entamer la migration vers l’utilisation d’algorithmes post-quantiques hybridés. L’Anssi a également publié un avis sur les mécanismes PQC retenus par le NIST, organisme de standardisation américain qui organise depuis 2016 un concours international en vue de la standardisation d’algorithmes PQC.
Et de préciser qu’en « combinant l’excellence en semi-conducteurs et l’expertise quantique, Seal SQ contribue à l’émergence d’une plateforme quantique verticale pleinement souveraine à l’échelle européenne – du Root of Trust au Qubit. Cette approche intégrée positionne la France et l’Europe comme acteurs de premier plan de la sécurité quantique et post-quantique, tout en réduisant la dépendance aux technologies extra-européennes et en renforçant l’autonomie stratégique du continent. »
Seal SQ : une acquisition à Grenoble avec IC’Alps
Pour Bernard Vian, son directeur général « Seal SQ France construit les fondations technologiques nécessaires pour sécuriser les systèmes de l’ère post-quantique, du silicium sécurisé jusqu’aux architectures prêtes pour le quantique. »
Le chiffre d’affaires total 2025 atteint environ 18 millions de dollars, selon des résultats provisoires, soit une hausse de 66 % par rapport à l’année précédente. Cette progression est portée par la reprise de la demande pour les produits traditionnels et l’acquisition de la société française IC’Alps basée à Grenoble en août 2025, qui a intégré 90 ingénieurs supplémentaires.
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