Pour la première fois, la Compétition nationale des WorldSkills, la plus grande rencontre de la jeunesse et des métiers, s’installe à Marseille, du 16 au 18 octobre. Pendant trois jours, 800 jeunes venus de toute la France se défieront dans 67 métiers, du design graphique à la chaudronnerie, de la cybersécurité à la pâtisserie. Un rendez-vous majeur de l’excellence professionnelle que la Région Sud a voulu accueillir sur son territoire, en y investissant près d’un million d’euros.
À dix jours du coup d’envoi, Renaud Muselier, président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, affichait sa fierté lors de la conférence de presse tenue lundi 6 octobre : « Nous organisons en région Sud la plus grande compétition mondiale de la jeunesse et des métiers. Nous avons obtenu son organisation en 2023 face à l’Occitanie et à la Bourgogne-Franche-Comté. »
Six sites répartis dans Marseille
Un honneur, mais aussi un défi logistique et financier. L’événement mobilise six sites de compétition répartis à Marseille, dont le Parc Chanot, le lycée Passedat pour les métiers de l’hôtellerie-restauration, ou encore les CFA des Compagnons du Devoir et Automobile Formation 13. Le budget global atteint 6 millions d’euros, financé par plusieurs acteurs publics, dont 1 million d’euros, donc, de la Région Sud, et 90 000 euros de la Métropole Aix-Marseille-Provence.
Au-delà du prestige, la compétition s’inscrit dans une stratégie politique assumée. « C’est en réalité une répétition générale des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver 2030 », confie Renaud Muselier. Une autre façon de dire que la Région Sud voit dans ces WorldSkills un instrument de rayonnement économique et territorial, mais aussi un accélérateur d’orientation et de formation.
Une compétition qui se veut inclusive
Quelque 70 jeunes talents régionaux, dont 5 en situation de handicap, incarneront ce message d’excellence et d’inclusion dans 58 métiers – de la maroquinerie à la maintenance aéronautique, en passant par la cybersécurité, la chaudronnerie ou la fabrication additive. « Nous voulons cette année proclamer fièrement que le handicap peut rimer avec excellence professionnelle », s’enthousiasme Florence Poivey, présidente de WorldSkills France.
L’événement s’adresse aussi à la jeunesse régionale : 20 000 collégiens et lycéens de 400 établissements viendront à Marseille pour assister aux épreuves. La Région a mis en place un plan transports de grande ampleur pour garantir leur venue gratuite. « Parmi ces visiteurs, 8 200 élèves viendront gratuitement grâce à nos transports ZOU!, précise Renaud Muselier, Nous les faisons venir à Marseille Saint-Charles, puis la Métropole leur offre la gratuité du métro jusqu’au Parc Chanot », durant toute la durée de la compétition.
Apprentissage, orientation et formation : une stratégie à 50 millions d’euros
La Région justifie cet investissement par son rôle de chef de file de l’orientation et de la formation professionnelle : « Ce que nous faisons, c’est créer des vocations, donner des idées à notre jeunesse et répondre aux besoins de compétences des entreprises du territoire », souligne encore Renaud Muselier. Les WorldSkills s’intègrent ainsi dans un plan global de 50 millions d’euros voté pour 2025, destinés à soutenir l’apprentissage, la formation et l’insertion professionnelle.
La Région consacre 1,1 million d’euros à l’orientation, avec trois dispositifs phares :
- le Bus de l’Orientation (600 000 €), pour aller à la rencontre des élèves et présenter les métiers dans les zones éloignées
- la plateforme “Stages au Sud” (100 000 €), déjà forte de 1 000 offres en ligne, pour faciliter la recherche de stages dès le collège et le lycée
- un appel à projets territorial (400 000 €), pour financer des initiatives locales d’accompagnement à l’orientation.
Mais c’est bien l’apprentissage qui concentre l’essentiel des moyens : 17 millions d’euros y sont consacrés cette année. Parmi les priorités, la Région finance :
- les 28 missions locales (5 M€), chargées d’accompagner les jeunes dans leur insertion professionnelle
- les CFA (5,5 M€), afin de créer de nouvelles filières et rénover les locaux dans les territoires où l’offre est encore insuffisante
- les écoles de production (1,5 M€), qui forment les jeunes par la pratique au sein d’unités de production réelles
- les écoles de la 2ᵉ chance (4,7 M€), pour favoriser la réinsertion des jeunes décrocheurs, notamment dans les métiers en tension.
Ce dispositif s’inscrit dans un contexte de forte demande en main-d’œuvre : France Travail recense 70 000 offres d’emploi non pourvues dans les secteurs du numérique, de l’industrie, du BTP, des travaux publics, de la maintenance des véhicules ou encore de la chaudronnerie. A noter que la Région mobilise également 34 millions d’euros pour la formation professionnelle, finançant 5 000 places de formation dans les secteurs porteurs comme la maintenance industrielle, le soudage, l’hôtellerie-restauration, le tourisme ou la logistique.
Document source : le dossier de presse de WorldSkills 2025
Lien utile :
> Notre hors-série consacré à la formation et à l’emploi












