En pleine crise du logement et dans un contexte budgétaire tendu, le gouvernement veut passer à l’action. Avec un parc locatif en déclin et une production de logements en berne, le nouveau ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun (LR), salue dans un communiqué diffusé vendredi 24 octobre par son ministère, le dépôt d’un amendement au projet de loi de finances pour 2026, visant à inciter les propriétaires bailleurs à investir dans le neuf ou l’ancien rénové.
Il est en effet plus que temps de redresser la barre. Vincent Jeanbrun, lui-même déclarait la veille sur RTL que le marché immobilier français est dans une situation « catastrophique ». Et de constater qu’il « il y a des Français, des familles, des étudiants, des jeunes actifs qui n’arrivent plus à se loger, faute de logement sur le marché. »
Un mécanisme incitatif et encadré
Inspiré des travaux du député Mickaël Cosson (Les Démocrates) et du sénateur Marc-Philippe Daubresse (LR), mandatés par l’ancienne ministre Valérie Létard (UDI), ce dispositif se veut gagnant pour tous : particuliers, locataires, économie locale et environnement.
L’amendement, unique proposition gouvernementale à l’Assemblée nationale, introduit un amortissement fiscal pour les logements acquis à partir du 1er janvier 2026 et loués nus pendant neuf ans minimum. Pour éviter les dérives, un plafond limite l’avantage fiscal, ciblant surtout les classes moyennes. Parallèlement, l’avantage fiscal lié aux travaux de rénovation énergétique dans l’ancien est doublé, afin d’encourager la modernisation du parc existant.
Vers une simplification du droit de l’urbanisme
Ce dispositif veut s’inscrire dans une stratégie globale, qui sera détaillée prochainement par Vincent Jeanbrun. Parmi les mesures phares envisagées : la simplification du droit de l’urbanisme, portée par le député Harold Huwart (Parti radical), et la clarification des obligations de rénovation énergétique, via la proposition de loi de la sénatrice Amel Gacquerre (UDI). Le plan d’urgence prévoit aussi de lutter contre les impayés et les squats, et de faciliter l’accès au crédit immobilier.
Le gouvernement mise sur trois axes : dynamiser l’offre de logements dans les zones tendues, accélérer la rénovation de l’ancien (notamment en zones rurales et QPV), et simplifier les procédures pour rétablir un équilibre entre bailleurs et locataires. Une mobilisation collective, incluant parlementaires, élus locaux et acteurs du secteur, est annoncée pour répondre aux attentes des Français.
Fnaim : la France a besoin « d’un véritable choc de confiance »
Un premier pas vers une relance du marché, sous réserve de l’aval des députés, qui ne semble pas suscité l’enthousiasme des professionnels. Au point que la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim) dénonce dans un communiqué « un nouveau rendez-vous manqué pour le logement ». Selon elle, « le dispositif envisagé par le gouvernement passe à côté de l’essentiel : mobiliser le parc existant et relancer l’accession à la propriété ». Pour la Fédération, « le temps des demi-mesures est révolu : la France a besoin d’un véritable choc de confiance ».
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