Réunis lundi 19 janvier sous la présidence conjointe des ministres en charge de la Transition écologique et des Sports, les membres du Comité stratégique de la « Feuille de route environnement » pour les Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver 2030 ont approuvé l’ossature d’un plan destiné à encadrer les enjeux environnementaux de l’organisation de l’événement dans les Alpes françaises. Il s’agit d’incarner, selon le gouvernement, une approche « durable et responsable » dans un territoire particulièrement exposé aux effets du changement climatique.
L’élaboration de cette feuille de route, engagée à l’issue du Comité interministériel des Jeux Olympiques et Paralympiques (Cijop) du 27 juin 2025, à Briançon, s’inscrit dans la continuité de la planification écologique nationale et associe l’État, la Délégation interministérielle aux JOP (Dijop), les collectivités régionales – notamment Provence-Alpes-Côte d’Azur et Auvergne-Rhône-Alpes – ainsi que les maîtres d’ouvrage du projet, le Comité d’organisation des Jeux (Cojop) et la Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo).

« Concilier excellence sportive, respect des territoires et exigence écologique » (Renaud Muselier)
L’objectif affiché est double : limiter les impacts environnementaux directs de l’organisation des Jeux et laisser un héritage durable pour les territoires montagneux, en renforçant leur résilience face au changement climatique. « Cette feuille de route environnementale traduit une ambition claire : concilier excellence sportive, respect des territoires et exigence écologique, résume Renaud Muselier, le président de la Région Sud. Elle fixe un cap et des actions concrètes pour réduire l’empreinte des Jeux et faire de 2030 un rendez-vous exemplaire, au service des habitants, de nos territoires et des générations futures. »
Huit enjeux clés identifiés
Cette ambition se traduit par une stratégie structurée autour de huit enjeux clés. Parmi ces axes figurent l’optimisation des transports et des mobilités décarbonées, prioritairement locales et régionales, une stratégie énergétique orientée vers la sobriété et les énergies décarbonées, ainsi que des orientations d’aménagement visant à restreindre l’artificialisation des sols et à privilégier l’utilisation de matériaux biosourcés.
La feuille de route intègre aussi des volets relatifs à la biodiversité, l’eau, l’alimentation durable, la santé environnementale, et l’économie circulaire, qui prendra en compte dès la conception la seconde vie des matériaux et la réduction des déchets.
Les huits enjeux clés du plan
. Émissions (notamment transports) – Optimiser les transports, accélérer les stratégies de mobilités décarbonées régionales et locales, définir des hypothèses d’évaluation communes et s’engager sur des projets locaux de compensation carbone en priorité agricoles
. Énergie – Viser l’efficacité et la sobriété énergétique, sécuriser l’approvisionnement pour un héritage de long terme, maximiser le recours aux énergies décarbonées adaptées aux usages
. Aménagement – Restreindre l’artificialisation, engager des constructions et rénovations de référence comme héritage, en maximisant l’usage des matériaux biosourcés dont le bois, récoltés et transformés en France et bénéficiant d’une traçabilité, penser les pratiques sportives vis-à-vis des milieux
. Écosystèmes & Biodiversité – Faire des Alpes un territoire pionnier en matière de préservation de la biodiversité en valorisant de manière soutenable le patrimoine naturel et le paysage local
. Alimentation – Dans la continuité de l’héritage de Paris 2024, privilégier les produits sains durables et de qualité (notamment grâce aux Projets Alimentaires Territoriaux – PAT), dont les produits bio et le patrimoine gastronomique local
. Eau – S’engager pour la sobriété et inscrire la consommation d’eau liée à la production de neige dans un cadre de gestion transparente et partagée de cette ressource afin d’optimiser ses usages
. « Une seule santé » – Anticiper, mesurer et prévenir tout risque de pollution air / sol / eau et réduire au maximum les nuisances lumineuses et sonores
. Économie circulaire – Veiller à la sobriété de consommation de matière et d’emballages notamment plastiques, anticiper la seconde vie de l’ensemble des matériaux et objets en phase de conception, faire date sur la comptabilisation de l’empreinte matière
Une phase de consultation élargie
Le projet final, qui comprendra des objectifs chiffrés et des propositions détaillées, promettent ses membres, doit être précisé d’ici avril 2026 avant une phase de consultation élargie. Cette consultation impliquera des instances environnementales, telles que le Conseil national de la transition écologique, le Haut Conseil pour le climat ou encore le Conseil national de la montagne, ainsi que la société civile et les acteurs territoriaux. Un groupe d’experts scientifiques sera chargé d’assurer la rigueur technique et scientifique de la mise en œuvre.
« Les travaux que nous avons conduits avec l’Etat sont des piliers solides pour la stratégie durabilité du Cojop, se félicite Egdar Grospiron, le président du comité d’organisation. Notre enjeu est clair : proposer un nouveau standard des Jeux d’hiver, qui prend en compte les enjeux environnementaux dans toutes les dimensions de l’événement. » Des JO-2030 qui « doivent être un modèle de responsabilité, prolonge la ministre des sports Marina Ferrari. Cette feuille de route environnementale traduit notre volonté de concilier excellence sportive, respect des territoires de montagne et exigence écologique et démontre que le sport peut être un levier de transformation durable au service des territoires et des générations futures. »
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