Il s’y attendait. Mieux, il l’espérait, certainement, et s’y était préparé. Lors de ses vœux à la presse, jeudi 29 janvier à Marseille, le président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Renaud Muselier, a livré un discours dense, mêlant défense de la liberté de la presse, bilan, flatteur, de dix années d’action régionale, projections autour des Jeux olympiques d’hiver de 2030 mais aussi prises de position politiques à l’approche des élections municipales pour lesquelles, pressé de questions, il n’a pas boudé son plaisir de reprendre quelques instants sa casquette de chef politique.
C’est que le patron (Renaissance) de la Région Sud avait quelques messages à faire passer, alors que 946 communes de Provence-Alpes-Côte seront appelées aux urnes les 15 et 22 mars prochains et que l’ombre du RN, sondages à l’appui, plane sur certaines parmi les plus importantes, Marseille, Toulon et Nice en tête.
« Il faut favoriser l’union, car là où il y a division de son camp… »
Ce qu’il refuse, bien sûr, d’envisager : « Les jeux ne sont pas fait, a-t-il martelé. Si on écoutait les sondages, le RN devait gagner 15 communes en 2014, 18 en 2020. Il devait remporter la région en 2021… Résultat : aucun gain… Donc, non, je ne crois pas aux sondages. »
Ce qui ne l’empêche pas de mettre en garde son camp. Avec un maître-mot : l’union contre les extrêmes. « S’il y a plusieurs listes susceptibles de fusionner ou de se désister les unes pour les autres, il faut favoriser l’union, en amont. Il faut aussi, en aval, favoriser la bienveillance, mettre sa jalousie dans sa poche et de la mesure dans ses déclarations de campagne afin de rendre possible la victoire de son camp au second tour », a-t-il plaidé. « Car, ajoute-t-il, là où il y a division de son camp, il y a un risque majeur de voir un autre groupe politique prendre la ville. »

Muselier lâche les coups sur Allisio et Payan
Dans son viseur, bien sûr, le Rassemblement national et son candidat dans la cité phocéenne, Franck Allisio, qu’il a ciblé. « Il est incompétent. Seul 23 % des Marseillais pensent qu’il ferait un bon maire… », ironise-t-il. Avant de taper : « Au RN, ils ont quand même réussi un truc étonnant : ils ont des candidats aux municipales partout, qui disent tous aimer leur ville, mais, quand il s’agit de voter le budget du pays, ils proposent et votent un amendement pour demander la réduction de l’aide de l’Etat aux collectivités ! Allisio, il est candidat à Marseille et en même temps il vote contre 44 millions d’euros pour Marseille, c’est extraordinaire ça ! »
Sur Benoît Payan aussi, « le maire non-élu », Renaud Muselier lâche les coups et étrille son bilan, « catastrophique » : la lutte contre le narcotrafic, la quasi-fermeture d’Orange de Saint-Mauront pour raison de sécurité, mais aussi la fermeture des Galeries Lafayette, l’absence totale de projets financiers, de fonds européens, le budget municipal retoqué… « Ce n’est pas sous Jean-Claude Gaudin que ça se passe à ce que je sache. Il va falloir arrêter de se cacher derrière ça ! »
Et Martine Vassal dans tout ça, dont la campagne peine à décoller ? « Je pense que la bagarre n’a pas commencé, tempère-t-il. On est encore sur des petites phrases. On n’est pas encore sur les bilans de la municipalité. On n’est pas sur les bilans du Rassemblement national. Je ne parle même pas de Monsieur Delogu dont on sait très bien ce qu’il veut… Martine Vassal est compétente. C’est la meilleure des candidates. » Avant de conclure : « Le match n’est pas plié, loin s’en faut. Et il va s’en passer des choses. » Là dessus, au moins, il y a consensus.
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