Dans le cadre des toutes prochaines élections municipales, la Cité des Transitions a organisé, avec le soutien du mouvement des Shifters Aix Marseille, un intéressant débat public pour approfondir les projets de transition écologique et sociale des candidats à la mairie de Marseille, chacun représenté par un colistier.

Les 130 participants mardi 3 mars à la Criée de Marseille ont ainsi pu entendre :
- Anne Claudius-Petit, pour Marseille je t’aime avec Martine Vassal (DVD)
- Erwan Davoux, pour Marseille pour tous (Divers Centre)
- Frédéric Gourc, pour Lutte Ouvrière – Le camp des travailleurs (LO)
- Gwenaël Richerolle, pour Marseille, la gauche, les écologistes et les citoyens rassemblés (DVG)
- Samuel Benhamou, pour Marseille en ordre (RN)
- Imrane Trocme, pour Marseille, fière et populaire (LFI)
- ainsi que l’écologiste Christine Juste, tout récemment candidate et donc ajoutée à la programmation.
Ils se sont exprimés tour à tour sur trois thèmes : comment penser l’aménagement de notre ville pour améliorer la qualité de vie, quelles réponses face à la précarité croissante dans notre ville, comment garantir une démocratie locale juste et inclure pleinement les citoyennes et citoyens dans les instances de décision ?

Imrane Trocme (LFI) : « Arrêter avec les délégations de service public »
Imrane Trocme souhaite « arrêter avec les délégations de service public, sur l’eau ou le logement, reprendre le contrôle des besoins essentiels, accorder 1m3 d’eau gratuit aux habitants, baisser les charges des HLM, rénover massivement le bâti avec une vision à moyen terme, construire, réquisitionner et encadrer ; pour l’accès à l’emploi local, un comité populaire de l’emploi pour accompagner, former, reconvertir et un plan de lutte contre l’exclusion numérique. »
Gwenaël Richerolle : « Pas de transition écologique sans transition sociale »
Pour Gwenaël Richerolle, il n’y a « pas de transition écologique sans transition sociale» et « depuis six ans remettre du service public dans la ville » est l’objectif de son équipe : « transports, bureaux municipaux de proximité, équipements publics, soutien du pouvoir d’achat (exemples du kit de rentrée scolaire porté à 150 euros, de la cantine pour 15 000 enfants et petits-déjeuners gratuits, transports gratuit pour les moins de 26 ans), vers l’encadrement des loyers comme à Paris et Lyon, des gendarmes du logement avec permis de louer, un plan de rénovation urbaine. C’est une responsabilité de mener les transitions dans ces six ans, sinon il sera trop tard pour les enjeux climatiques et la qualité de vie à préserver. »
Christine Juste (Ecologistes), qui présente une liste distincte de celle de Benoît Payan, dont elle a été adjointe en charge de l’environnement, a rappelé ses victoires mais aussi ses échecs, comme sur l’enlèvement des voitures et l’absence de photovoltaïque sur les écoles.
Anne Claudius-Petit : « Conjuguer exigence environnementale et attention sociale »
Anne Claudius-Petit, conseillère régionale, présidente Commission Transition énergétique, stratégie des déchets, qualité de l’air à la Région propose « coopération entre la mairie et les autres collectivités comme la Métropole ; végétalisation pour prévenir la chaleur, les problèmes de santé et les inondations ; mobilité avec le nouveau tramway vers la Bricarde et la Castellane déjà engagé, vers les quartiers Nord à désenclaver ; pour le logement, des charges foncières différées pour débloquer les projets avec en priorité les copropriétés dégradées ; en matière énergétique, la SPL Energies de Provence (avec le Département et la Métropole) pour servir les logements des ménages modestes et les bâtiments publics ; et en résumé de conjuguer exigence environnementale et attention sociale, par une écologie populaire, portée par les citoyens et s’adressant au plus grand nombre. »
Erwan Davoux : « L’argent public existe mais il est mal utilisé »
Erwan Davoux veut « créer des logements très sociaux, développer les dispositifs classiques dans le privé comme la Prime rénov’, faire rémunérer par la mairie un programme de mentorat avec les étudiants d’Aix Marseille Université contre le décrochage scolaire, faire plus de prévention santé et obésité avec des infirmières et assistantes sociales, accorder la gratuité des transports ». « L’argent public existe, dit-il, mais il est mal utilisé : le plan Marseille en grand qui prévoit 5 milliards d’euros de l’Etat est sous-exploité faute d’accord et de savoir-faire. »

Frederic Gourc (Lutte Ouvrière) recense « 19 000 logements vacants à réquisitionner », déplore « les logiques capitalistes du bâtiment, la pauvreté d’un pôle et l’opulence à l’autre pôle » et conclut : « Nous les travailleurs pouvons diriger la ville et choisir les projets, se battre, par un vote de conscience, planter un drapeau rouge. »
Samuel Benamou : « Stop à l’étalement urbain »
Pour Samuel Benamou, « la priorité est de réorganiser l’existant et pas de multiplier les nouveaux projets ; stop à l’étalement urbain et sanctuarisation du végétal ». Il cite le cas de « l’hippodrome Borély et ses 16 hectares en bord de mer fermé au public bail depuis 2024 » et propose « trois grandes étapes de rénovation urbaine sur trois ans, en s’appuyant sur les diagnostics de performance énergétique (DPE) dont plus de 20 milliers sont notés F, transformant la contrainte en levier de rénovation, en activant l’investissement privé, avec les lois Malraux et Denormandie dans l’ancien, plus localement une exonération de taxe foncière sur les logements vacants rénovés, pour diminuer de moitié la vacance. »
Un consensus semble se dégager sur la gouvernance à améliorer, le « mille-feuille » à rationaliser entre secteurs et mairie centrale, la représentativité à élargir et les comptes à rendre en cours de mandat.
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