Une tortue caouanne (Caretta caretta) est venue pondre ses œufs dans la nuit du 29 au 30 juillet sur une plage de Port-Saint-Louis-du-Rhône, offrant un nouvel indice du retour progressif de cette espèce protégée sur le littoral méditerranéen français.
La ponte a été détectée dans le cadre du programme national de suivi des traces de tortues marines. Ce sont les éco-gardes du Grand Port Maritime de Marseille qui ont repéré les marques laissées dans le sable lors de leurs patrouilles hebdomadaires de suivi naturaliste sur les espaces naturels gérés par le port.
Alerté immédiatement, le Réseau tortues marines de Méditerranée française (RTMMF) a pu déployer rapidement son protocole d’intervention. La présence du nid a ensuite été confirmée grâce à l’intervention des experts du réseau, avec l’appui des agents du service départemental de l’Office français de la biodiversité (OFB).

Plus de 100 mètres parcourus sur la plage
Les traces observées témoignent du passage récent de la femelle. Selon les observations réalisées sur place, l’animal a parcouru plus d’une centaine de mètres sur le sable avant de sélectionner un site favorable pour y déposer ses œufs, puis de regagner la mer.
Le choix de cette plage n’est pas anodin. Le site bénéficie d’un statut particulièrement préservé puisqu’il est intégré depuis 2007 au plan de gestion des espaces naturels du port de Marseille Fos. Peu fréquenté, exempt de nettoyage mécanique et faiblement exposé à la pollution lumineuse, il offre des conditions favorables à la reproduction de l’espèce.

Une éclosion attendue dans plusieurs semaines
La zone fait désormais l’objet d’une surveillance particulière afin de préserver le nid jusqu’à l’éclosion des œufs, attendue dans plusieurs semaines si les conditions environnementales restent favorables.
Ces épisodes de ponte, encore rares sur les côtes françaises, sont suivis avec attention par les scientifiques. La tortue caouanne est l’une des principales espèces de tortues marines présentes en Méditerranée, où les effets du changement climatique et le réchauffement des eaux semblent favoriser une extension progressive des zones de reproduction vers le nord du bassin méditerranéen.
« Dans la nuit du 14 au 15 juillet, une tortue caouanne était venue pondre sur une plage de l’anse Taberly, à Toulon. C’est sous un catamaran stationné sur le sable à une dizaine de mètres du rivage et à l’abri des regards, qu’elle a déposé ses œufs » avait observé l’association spécialisée Emergence après une découverte à Toulon.
La tortue caouane peut mesurer un mètre et peser 100 kg selon le Parc National des Calanques qui consacre une page à l’espèce. Elle est reconnaissable à sa carapace brun orangé sur le dessus, à sa grosse tête et son cou trapu. Elle se nourrit de petits poissons, mais aussi de mollusques et crustacés, dont elle casse la carapace grâce à sa mâchoire puissante. Les femelles ne pondent que toutes les deux ou trois saisons et rejoignent alors la terre, où elles creusent un trou profond dans le sable pour y déposer les œufs.
Le Parc souligne que l’espèce est menacée d’extinction en précisant que « la tortue caouanne souffre notamment de la pollution causée par les déchets plastiques présents en mer. Elle ingère accidentellement les sacs plastiques flottants qu’elle confond avec des méduses.»
La tortue caouanne, espèce menacée, est strictement protégée rappelle aussi Emergence. « Toute perturbation intentionnelle (lumière, bruit, manipulation, approche excessive…) est interdite par la loi (article L.411-1 du Code de l’environnement). Si vous êtes témoin de la montée d’une tortue sur le sable ou que vous observez des traces suspectes au petit matin, il est essentiel de contacter immédiatement le RTMMF au 06 16 86 26 86.»
Préservation de la tortue caouanne : une mobilisation collective essentielle
Chaque été, les observations réalisées par le public sont précieuses pour la préservation des tortues marines. Grâce à la réactivité des personnes présentes sur la plage et à la mobilisation des communes et gestionnaires, les équipes spécialisées peuvent intervenir rapidement afin de confirmer la ponte et mettre en place les mesures de protection nécessaires. Chaque observation signalée contribue à la conservation de l’espèce. « En adoptant les bons réflexes, chacun peut participer à la protection de ces animaux emblématiques » souligne l’association Emergence.
Les bons réflexes à adopter en cas de découverte :
Garder une distance minimale de 10 mètres ; Éteindre toute lumière artificielle ; Ne pas utiliser de flash pour photographier ; Ne pas toucher la tortue ni les éventuels œufs ; Limiter le bruit et les déplacements autour de l’animal ; Contacter immédiatement le RTMMF. Source : Association Emergence
Emergence, basée à Antibes dans les Alpes Maritimes est une association engagée pour la préservation de la biodiversité marine, œuvre au cœur de la Méditerranée pour protéger les écosystèmes marins et leurs habitants.
Le Réseau tortues marines de Méditerranée française
Depuis sa création en 2012, Emergence a fait de la recherche scientifique, de la sensibilisation, et de l’action sur le terrain ses piliers d’intervention pour répondre aux défis environnementaux de notre époque. Régie par la loi de 1901 est reconnue par les principales institutions environnementales (Office français de la biodiversité, Muséum national d’histoire naturelle, Observatoire des tortues marines de France métropolitaine, collectivités territoriales, parcs naturels, Conservatoire du littoral), elle s’est vu confier la coordination du Réseau Tortues Marines de Méditerranée Française.
Avec son réseau de volontaires, Émergence fait de la recherche scientifique, de la sensibilisation et de l’action de terrain les piliers de son intervention afin de répondre au défi majeur que représente la préservation des espèces marines et des espaces naturels. Son Centre de réhabilitation de la faune sauvage (CRFS), situé à Antibes, dans les Alpes-Maritimes, est l’un des trois centres habilités à accueillir les tortues marines en Méditerranée française. Le suivi des sites de ponte assuré par Émergence bénéficie du soutien du Fonds Maupertuis, de la Fondation Vinci Autoroutes et de la Fondation de la Mer.
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