Le groupement FNE13 des riverains du parc de Bonneveine, réuni sous l’appellation « Les amoureux du parc de Bonneveine », a vivement réagi au communiqué diffusé par la Ville de Marseille vendredi dernier et après l’abattage, lundi et mardi (lire notre synthèse) de 37 arbres dans le cadre du réaménagement du parc. Dans un communiqué publié mercredi, le collectif estime que le projet de requalification se traduit désormais par la suppression de 58 arbres d’une vingtaine de mètres de hauteur depuis son lancement, en incluant les 37 arbres abattus cette semaine. Selon lui, les 210 plantations annoncées par la municipalité ne compenseront pas à court terme la perte du patrimoine arboré existant.
Des fragilisations provoquées par les travaux réalisés au pied des arbres
Les riverains attribuent ces abattages à des fragilisations provoquées par les travaux réalisés au pied des arbres, notamment des décaissements et des tranchées ayant affecté leur système racinaire. Ils regrettent également l’absence de concertation et affirment que les documents demandés depuis plusieurs mois n’ont été communiqués que très tardivement.
Le groupement conteste par ailleurs les conclusions des expertises réalisées par ONF Vegetis (expert de l’arbre et du vivant). Il affirme qu’au moins onze arbres présentaient encore un facteur de sécurité supérieur à 1 et qu’un arbre dont la préconisation se limitait à une surveillance ultérieure figure parmi les sujets finalement abattus. Les représentants des riverains reprochent également à la Ville de ne pas avoir respecté, selon eux, des engagements verbaux de concertation pris quelques jours avant l’annonce des abattages. Ils contestent l’argument de l’urgence sécuritaire invoqué par la municipalité et soulignent que les arbres concernés avaient résisté aux épisodes venteux de l’hiver et du printemps.
Le collectif (voir l’intégralité du communiqué en bas d’article) appelle enfin la Ville de Marseille à davantage de transparence et à l’ouverture d’un dialogue avec les habitants afin de tirer les enseignements de ce dossier dans un contexte de réchauffement climatique et de préservation du patrimoine arboré urbain. Selon le groupement FNE13, une pétition contre les abattages a recueilli 2166 signatures au 19 août.

Hervé Menchon « horrifié » et « grand n’importe quoi » pour Simmarano
L’affaire du parc de Bonneveine a également pris un tour politique avec la très vive réaction de l’adjoint de Benoît Payan en charge de l’environnement et de la biodiversité, Hervé Menchon. L’élu écologiste se dissocie très nettement de l’opération menée par la mairie en se déclarant « horrifié » dans un entretien accordé à nos confrères de La Marseillaise. « Tout le sens de mon engagement politique est remis en question » déclare notamment le 12e adjoint au maire de Marseille.
Des déclarations commentées par l’élu d’opposition à la maire, Romain Simmarano (Renaissance) qui accuse la majorité d’être dans le « grand n’importe quoi. »
« Bonneveine est plus qu’une simple faute politique, c’est un symptôme : la mairie est littéralement à l’arrêt, alors que Marseille a besoin de mouvement, d’énergie, d’envie, de résultats ! » lance Romain Simmarano. « Les promesses sont comme oubliées : où en sont Carénage à 1€, nouveau parc boisé (!), chantiers des écoles et gratuité des transports ? Même les grands principes écologistes et sociaux semblent devenus secondaires. Avec une question, pour les Marseillais amoureux de leur ville : que se passe-t-il ? Qu’est-ce qui avance ? »
L’intégralité du communiqué de FNE 13
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