C’est une exposition à voir en famille qui se tient dans les salles de l’hôtel de Boadès, à Aix-en-Provence jusqu’au 1er novembre. Inédite, Musiques en Aix « propose un panorama unique où techniques, pratiques artistiques et patrimoine local se répondent. », commente Jean-Éric Ély, photographe, 4e génération du studio Ély, initiateur et commissaire de l’exposition.
Des orchestres du début du XXe siècle aux stars de la chanson française ou légendes du jazz, en passant par les fanfares, les bals populaires, les portraits des directeurs du conservatoire ou du festival d’art lyrique, telle une longue frise, l’exposition déroule plus d’un siècle de photographies – ou plus exactement de reportages. Car les Ély ont été les fournisseurs renommés de la presse régionale et de ses agences aixoises, fixant sur la pellicule les grands moments de la cité, dont les actualités musicales. Ce ne sont pas moins de 300 clichés, dont les plus anciens dans un état de conservation exceptionnel, que Jean-Eric Ély a triés et numérisés pour l’occasion.
Jean-Éric Ély : « On pouvait réellement faire notre travail de photographe »
L’exposition Ély invite à un jeu de reconnaissance des visages, parfois immédiat, parfois plus incertain. Pour les clichés les plus anciens, les cartels et la visite guidée deviennent alors une aide précieuse. Derrière ces images se dessine aussi le souvenir de lieux aujourd’hui disparus et de spectacles donnés dans des conditions bien éloignées des zéniths et des grandes salles d’aujourd’hui, au plus près du public et… des photographes. « On pouvait réellement faire notre travail de photographe poursuit Jean-Éric Ély. Aujourd’hui, on n’a le droit qu’aux premiers instants d’un concert. »
À l’occasion du bicentenaire de la photographie et au-delà des souvenirs, la présentation de plusieurs appareils ainsi que la reconstitution du studio de la fin XIXe siècle éclairent également l’évolution des techniques. Jusqu’à faire parler le patriarche Henry Ély grâce à un simple portrait animé par l’intelligence artificielle.« C’est émouvant mais aussi effrayant de voir ce que l’on peut faire désormais », se souvient Jean-Éric qui a prêté sa voix à son aïeul.

(au centre) 63 ans séparent le bal aux Thermes de 1938 et la fête de la musique de 2001 : deux photographies réalisées par les Ely à deux générations d’intervalle.
Quand l’affaire de famille devient l’affaire de tous
De la grande à la petite histoire, le fonds patrimonial Ély réunit aujourd’hui deux millions de clichés, ainsi que de remarquables pièces de matériel photographique de collection. Musiques en Aix constitue la quatrième exposition issue de cet ensemble, réalisée en collaboration avec le Collectif Ély pour le patrimoine photographique et iconographique d’Aix-en-Provence (Ceppia), créé en 2021. Un tel patrimoine appelle naturellement une réflexion sur sa conservation, sa valorisation et sa présentation.
Ne pourrait-il pas trouver une place plus pérenne dans une politique régionale cohérente de la photographie, aux côtés d’Arles, ville de référence pour la création et la diffusion de l’image, ou des structures dédiées comme la Maison de la photographie de Toulon, ou d’autres fonds comme celui de la dynastie Detaille à Marseille ? Car l’intérêt de ce fonds dépasse largement les frontières de la cité : il constitue une mémoire précieuse, à la fois locale, régionale et nationale.
Liens utiles :
Musiques en Aix, jusqu’au 1er novembre Hôtel de Boadès – 8 place Jeanne d’Arc – Aix-en-Provence du mercredi au dimanche, de 10h à 12h et de 13h à 18h.
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