L’urgence d’améliorer les transports publics a été réaffirmée dès la création de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Les idées ne manquaient pas, y compris en matière de gouvernance, et l’équation économique était assez simple : que tous les acteurs concernés acceptent de mettre au peu au pot :
- le département et les intercommunalités (qui reversaient trop d’argent aux communes), mais aussi la Région, au titre des trains régionaux (notion de RER)
- les employeurs, dont la contribution devait être déplafonnée comme en Ile-de-France, en contre-partie d’une amélioration de la desserte de leurs sites
- les usagers, dans le cadre d’une tarification solidaire et en lien avec l’amélioration des services.
Se sont succédés l’agenda de la mobilité métropolitaine (2016), le plan vélo (2019), le plan Marseille en Grand et le plan de mobilité métropolitain (2021), pendant qu’avançaient les études de la Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur (LNPCA) censée améliorer les transports ferrés métropolitains dès 2030. Ultime ressort, la loi Zulési (2023) sur les Services Express Régionaux Métropolitains (SERM) était censée nourrir les échanges entre collectivités et déboucher, en concertation avec les usagers, sur un projet phasé de RER métropolitain articulé avec les réseaux urbains : une brève esquisse vient d’être remise au Gouvernement, sans engagement sur la gouvernance et le financement.
Dépitées par la faible avancée des projets et souhaitant apporter leur pierre à l’édifice, les associations d’usagers se sont regroupées et ont formulé dès 2022 leurs propres propositions sur un réseau vélo (formalisé aujourd’hui en tant que REV), sur la refonte du réseau de bus marseillais (restée sans suite ou presque), sur les alternatives moins destructrices au projet de tramway de la Belle de Mai, sur une meilleure desserte ferrée du Pays d’Aix et de sa principale zone d’activité … De nombreuses voix leur ont apporté leur soutien : parlementaires, responsables de zones d’activités, syndicats … Sans réponse aucune de la Métropole et de la Région.
Alors où en est-on ?
- les trains régionaux transportent moins de 2% des déplacements metropolitains.
- le projet de SERM promet pour 2050 quelques nouvelles haltes ferroviaires, un transport guidé entre Aix et Vitrolles … mais n’acte aucun financement
- l’Etat se désengage partiellement du projet LNPCA, avec à la clé un report (voire un abandon) du projet de traversée ferroviaire souterraine de Marseille
- le métro marseillais attend toujours ses nouvelles rames, et le tramway ses prolongements
- la Métropole reste engluée dans ses problèmes de gouvernance et de financement, incapable de se projeter dans l’avenir
- et les usagers seuls appelés à davantage contribuer au financement des transports publics !
Réveillons-nous ! La vitalité économique de la Métropole, la qualité de vie de ses habitants et la préservation de l’environnement valent mieux que des calculs économiques ou politiques de court terme.
SERM et LNPCA sont retardés ? Mettons en œuvre des solutions simples à court terme !
- une liaison ferrée efficace entre Aix et Aubagne, entre les quartiers nord et les quartiers est de Marseille, s’appuyant sur l’efficace gare de La Blancarde
- son prolongement vers une halte ferroviaire à Plan d’Aillane (+ une à Luynes) pour rendre plus accessible le pôle d’activité d’Aix-en-Provence à une grande partie de la Métropole
- des trains plus nombreux de/vers Pertuis desservant des haltes ferroviaires nouvelles à Venelles et La Calade, en connexion avec la liaison avec Plan d’Aillane

Des projets tramway retardés ?
- préfigurons les schémas de mobilité qui les accompagnent : zone apaisée, rues aux enfants, réorganisation du réseau de bus, du stationnement …
- peaufinons les projets pour en diminuer les coûts et en améliorer l’efficacité
Une restructuration du réseau bus qui s’enlise ?
- aménageons des couloirs bus, même partiels, et des priorités aux feux tricolores
- optimisons l’utilisation des bus articulés, y compris le week-end sur les lignes les plus sollicitées
Un réseau vélo qui pédale dans la semoule ?
- traçons et protégeons des pistes provisoires sur les axes les plus fréquentés

Des piétons toujours aussi empêchés de se déplacer ?
- libérons les trottoirs !
Nous ne parlons plus là en milliards d’€ d’investissement ou de fonctionnement, mais en dizaines de millions d’€. Quelques exemples :
- desserte de Fos-sur-Mer : +50 M€ d’investissement, +5 M€ de fonctionnement annuel, soit autant que le Versement Mobilité (VM) complémentaire attendu des nouvelles entreprises
- Pertuis – Aix – Plan-d’Aillane – Rognac (- Vitrolles) : + 250 M€ d’investissement, +25 M€ de fonctionnement annuel, loin du total du VM versé par les entreprises du pôle d’activité
- Aubagne – Marseille – Aix : 100 M€ d’investissement pour électrifier le plateau ferroviaire aixois, +10 M€ pour élargir les horaires du RER
- Martigues – Aéroport (- Aix-TGV – Aix) : extension de la desserte par cars express …
- Réseau Express Vélo : 100 M€ pour 300 km
Remettons à plat les projets trop longs à réaliser et trop coûteux en ressources ! Trouvons ensemble les solutions les plus efficaces à court et moyen termes ! Et mettons en place un gouvernance des mobilités digne de ce nom, impliquant l’ensemble des acteurs concernés.
Stéphane COPPEY
Secrétaire général de NOSTERPACA, membre de FNE Paca, de la FNAUT,
de MarsMob et du Collectif pour une meilleure desserte ferroviaire du Pays d’Aix.
Ancien président de Tisséo (transports toulousains)
Membre du Conseil scientifique du GART












