Interview de Béatrice Desgranges, directrice générale du festival Marsatac, revient sur les choix de cette édition 2026 et son plein de nouveautés
Pourquoi revenir à un format trois jours cette année ?
Béatrice Desgranges : Notre métier, c’est de faire un festival. On a besoin de donner à voir l’ensemble de nos contenus, de nos programmations, dans le format le plus large possible, pour toucher un public le plus nombreux possible. Trois jours nous permettent d’aller beaucoup plus loin dans ce que l’on veut raconter.
Ce dimanche, notamment, semble assez différent des autres éditions…
Béatrice Desgranges : Tout à fait. On a vraiment conçu ce dimanche comme une journée à part entière, complémentaire des soirées du vendredi et du samedi. C’est une journée familiale, résolument tournée vers nos engagements en matière de solidarité et de responsabilité sociale. L’idée, c’est de montrer le fruit de tout le travail mené à l’année par l’association, pas seulement le festival, mais tout ce qui se passe en dehors. Donner la place qu’ils méritent aux jeunes de Marsatac School, qui travaillent depuis des mois dans des centres sociaux et des collèges pour créer de la musique. Qu’ils puissent venir sur scène, devant leur famille, leurs amis, c’est quelque chose d’important pour nous.

Programmation musicale dimanche, c’est quasi 100% marseillais
En termes de programmation musicale, c’est quasi 100% marseillais : uniquement des collectifs de la ville, à l’exception de DJ Sebb, artiste réunionnais qu’on avait déjà accueilli et dont l’énergie très festive et solaire colle parfaitement à l’esprit de la journée.
Quelles sont les autres nouveautés de cette édition ?
Béatrice Desgranges : On aime ne jamais refaire exactement la même chose. Au-delà du dimanche, on inaugure Le Calage, cette nouvelle scène entièrement dédiée aux collectifs locaux. C’est une petite scène dans son format, mais elle est éminemment marseillaise dans son esprit. Elle sera installée dans la grande prairie du parc, pour danser et se poser en même temps. On étend aussi le stand Safer, avec davantage de médiation prévue : des psychologues, des juristes, pour créer de vrais espaces d’échange avec le public sur les questions de violences sexistes et sexuelles en milieu festif.

Béatrice Desgranges : « c’est une émotion qui ne se lasse pas »
Et dans les coulisses, comment se passent les derniers jours avant l’ouverture ?
Béatrice Desgranges : Le Parc Borély, c’est une fourmilière en ce moment ! Tout le monde sait exactement ce qu’il a à faire, ça s’agite dans tous les sens, mais avec beaucoup de fierté. On travaille toute une année pour cette semaine-là. Il y a de l’impatience, de la concentration, une vraie joie collective. C’est le moment où tout ce qui s’est construit dans l’ombre pendant 11 mois devient visible. Et ça, c’est une émotion qui ne se lasse pas.
Marsatac : 28 ans d’ADN
Derrière la fête, il y a une association, Orane, fondée en 1998, et un projet politique au sens noble du terme. Marsatac ne se contente pas de programmer des concerts : depuis des années, le festival porte Safer, dispositif national de lutte contre les violences sexistes et sexuelles en milieu festif aujourd’hui déployé sur près de 250 événements en France ; pilote Marsatac School, programme d’éducation artistique dans les quartiers prioritaires ; développe une agence de booking et de management pour les artistes locaux ; et mène depuis 2022 une expérimentation acoustique pionnière pour concilier qualité sonore, protection auditive du public et tranquillité des riverains. Un festival, oui. Mais surtout un laboratoire d’expériences, ancré dans sa ville.















