Le marché de l’emploi continue de se tasser en France, mais la région Provence-Alpes-Côte d’Azur s’en sort nettement mieux que la moyenne, selon le baromètre trimestriel publié le 10 octobre par Hellowork, acteur majeur du recrutement en ligne.
Une baisse nationale réelle mais contenue
Selon la plateforme, propriété du groupe de presse Le Télégramme, qui s’appuie sur le volume d’offres publiées sur son site pour établir son baromètre, ce volume d’offres d’emploi a reculé, à l’échelle nationale, de 8 %, toutes catégories confondues (CDI, CDD, intérim, alternance), au troisième trimestre 2025 par rapport à un an plus tôt. Une baisse réelle mais contenue, moins marquée qu’au printemps (-11 %), qui traduirait davantage une phase d’ajustement qu’une crise.

Malgré un contexte politique extrêmement instable et une conjoncture économique incertaine, les entreprises « poursuivent leurs recrutements à un rythme ajusté », souligne David Beaurepaire, directeur délégué d’Hellowork. Le marché reste en effet à un niveau élevé, avec près de 2,5 millions d’offres diffusées, proche de celui de 2023.
La flexibilité, maître mot des entreprises
Le recul reste toutefois marqué pour les CDI (-12 %) et l’intérim (-10 %), tandis que les CDD progressent de 18 %, traduisant une recherche accrue de flexibilité de la part des entreprises après deux années de relative embellie post-Covid. L’alternance, elle, enregistre une chute spectaculaire de 19 %, pénalisée par le double impact de la réduction des aides de l’État depuis avril et de l’augmentation des charges depuis juillet.
« Le marché de l’emploi connaît toujours des turbulences, mais les signaux du mois de septembre invitent à un certain optimisme », observe encore David Beaurepaire, qui table sur un recul limité à 6 % sur un an.
La région Sud plus résiliente que la moyenne…
Toutes les régions sont concernées par le ralentissement, mais l’intensité varie selon les territoires. Dans ce contexte, la région Sud, notamment, affiche une résilience notable, avec une baisse limitée à -1 % sur un an, mieux que le Grand Est (-5 %) ou l’Île-de-France (-6,5 %), première région pourvoyeuse d’emplois, qui résistent elles aussi relativement mieux que la moyenne.
À l’inverse, Auvergne-Rhône-Alpes, deuxième région la plus dynamique habituellement, enregistre un recul marqué de -10 %. Les baisses les plus fortes sont observées en Nouvelle-Aquitaine (-15 %), en Pays de la Loire (-15 %) et en Occitanie (-11 %).

… la métropole de Nice en pointe, Aix-Marseille sur le podium
Nice, en particulier, se distingue comme la seule grande métropole en progression, avec une hausse de 10 % du volume d’offres d’emploi constaté au 3e trimestre par Hellowork sur sa plateforme. À l’inverse, plusieurs grandes métropoles subissent de lourdes corrections, notamment Nantes et Toulouse (-20 % chacune), Bordeaux (-18 %) et Lille (-18 %), alors que la métropole du Grand Paris, qui concentre à elle seule 37 % des offres urbaines, affiche une baisse contenue de -7 %.
La Métropole d’Aix-Marseille est, elle, en repli mesuré, de l’ordre de 8 %, qui lui permet de rester sur le podium des métropoles qui recrutent le plus.

Une stabilité, à l’échelle de la région, qui s’expliquerait par la structure même du tissu économique régional : une forte proportion de services, de santé et de commerce, secteurs moins exposés à la conjoncture industrielle mondiale.
Des contrastes sectoriels marqués
Dans le détail des secteurs, la santé, le social et les services à la personne concentrent en effet, à eux seuls, un tiers des offres d’emploi (34 %). Le BTP reste le premier secteur recruteur en intérim, malgré un repli de 8 %. Une contraction liée au ralentissement des grands chantiers publics et privés, ainsi qu’à la hausse des coûts de construction. En revanche, les industries souffrent lourdement : les activités de production, de maintenance et d’ingénierie reculent de 22 à 33 % selon les branches. Les bureaux d’études et la R&D affichent même une chute de 36 % des offres, preuve que la prudence gagne jusqu’aux entreprises innovantes.
Parmi les rares filières en croissance, l’industrie navale fait figure d’exception. Le secteur enregistre une hausse de 18 % des offres sur un an, portée par de grands chantiers de l’Ouest et une forte demande pour des profils techniques — chaudronniers, soudeurs, techniciens méthodes ou CFAO. Une tendance qui échappe malheureusement à la Région Sud, laquelle enregistre un fort recul, de 15 %, des offres dans ce secteur. Preuve que rien n’est acquis, dans un marché de l’emploi qui reste d’abord marqué par la forte incertitude du lendemain.
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