48 heures après la réunion synthèse du débat public sur l’avenir de la zone industrielle de Fos-Berre, les acteurs économiques réunis autour du président de l’UPE 13 (Union pour les entreprises), Philippe Korcia, ont pris la parole à Marseille jeudi 10 juillet et appelé « à l’action.» En présence de Jean-Michel Diaz, président du GMIF (Groupement maritime et industriel de Fos et sa région), Cyril Sauvat, président de la fédération du BTP des Bouches-du-Rhône, Martin Féraud, président de l’Union maritime et fluviale et Sébastien Motte, responsable territorial ouest métropole de l’UPE, Philippe Korcia veut que les décisions structurantes pour la réussite de la transformation industrielle soient prises sans tarder.
« Nous avons aujourd’hui une chance extraordinaire de pouvoir continuer à développer ce territoire en trouvant une souveraineté industrielle, une souveraineté énergétique et également un développement économique. » Les chiffres annoncés parlent d’eux-mêmes : 20 milliards d’investissements, 10 000 emplois directs créés, 40 000 indirects, une trentaine de projets industriels.
« Nous voulons accompagner cette dynamique avec notre collectif « Nous l’entreprise » et la force de frappe de l’UPE qui rassemble 14000 entreprises adhérentes pour un total de 500 000 collaborateurs » rappelle Philippe Korcia qui attend désormais des actes forts avec en ligne de mire l’année 2030. « Cette échéance doit absolument être validée par l’ensemble des acteurs du territoire, que ce soit les acteurs de l’Etat, je parle évidemment de la préfecture, mais aussi des industriels qui veulent s’engager. »
Jean-Michel Diaz sur Fos Berre : « aller vite, fort et avec justesse »
Jean-Michel Diaz, après avoir rappelé toute la richesse industrielle du département et de son histoire enfonce le clou. « Il faut qu’on passe à l’action sur l’ensemble des thèmes qu’on retrouve dans la feuille de route qui, rappelle-t-il, a été signée en février cette année. Il y a plus de quatre mois maintenant, il faut qu’on aille vite, il faut qu’on aille fort et qu’on le fasse avec justesse. » Et d’appeler à la mise en place rapide d’un organe de gouvernance qui soit clair qui soit opérationnel pour cordonner les décisions (…) à ce que des infrastructures indispensables, soient livrées dans les temps en retenant pour chacune d’elle, la solution qui va permettre aux investisseurs de prendre les décisions maintenant.»

Parmi ces infrastructures, la ligne électrique à très haute tension (THT) est dans tous les esprits. « Elle est absolument indispensable, martèle Jean-Michel Diaz, et pas seulement pour la décarbonation industrielle mais aussi pour la mobilité, le tertiaire, la data, le numérique. Notre devoir est de prendre la décision pour les 80 ans à venir. (…) ce n’est pas qu’un projet technique c’est un projet de civilisation.»
THT, gouvernance : « C’est désormais à l’Etat de prendre ses responsabilités »
Dans ce dossier THT, Philippe Korcia ne cache pas sa conviction : « la seule solution c’est la voie aérienne prônée par RTE. Les autres hypothèses engendrent des coûts tellement importants que ce serait une folie. Et je ne comprends pas pourquoi on perd autant de temps. Cette ligne doit être créée avec le tracé qui a été proposé, direct et aérien. C’est désormais à l’Etat de prendre ses responsabilités. C’est un dossier d’enjeu national. Il n’y a pas de négociations à avoir. »
Enfin sur la gouvernance, autre point sensible, Philippe Korcia met là aussi la pression, craignant de nouveaux atermoiements dans le contexte des prochaines élections municipales : « Je demande que soit mise en place d’ici septembre-octobre une vraie organisation pour cette zone avec soit un GIP, soit une autre formule à définir. Je suis assez favorable à un GIP car cela permet de regrouper les forces. Comme on l’a vu sur les mobilités, cela a très bien marché. Je ne veux surtout pas que l’Etat dise, il est urgent d’attendre alors que nous on pense qu’il est urgent d’agir. »
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