C’est une « bonne nouvelle pour ArcelorMittal Fos‑sur‑Mer » commente François Sgro, le directeur général d’ArcelorMittal Méditerranée, sur le réseau social Linkedin. Et la « bonne nouvelle » a été annoncée dans un communiqué vendredi 13 mars : « Nous nous préparons à revenir à un fonctionnement à deux hauts fourneaux au second semestre. »

La principale raison évoquée par l’aciériste indien est la nouvelle donne en matière européenne attendue de longue date par la direction du groupe qui considère que « les mesures de défense de l’Union européenne pour limiter les importations seront mises en œuvre rapidement. » Une manière de maintenir la pression alors que la mise en place du nouveau régime est attendu à partir de juillet 2026.
Bruxelles durcit ses positions pour freiner l’afflux d’acier à bas prix
Bruxelles, après des mois de discussions tendues et de signaux d’alarme venus des bassins sidérurgiques, de Fos à Dunkerque, de la France à l’Allemagne, en passant l’Italie, la Belgique, l’Espagne ou le Royaume-Uni, la Commission européenne, mise sous haute pression par les industriels, avait présenté, mardi 7 octobre 2025, un « plan acier » d’une ampleur inédite, destiné à préserver une filière en crise face à la concurrence asiatique, la flambée des coûts de l’énergie ou encore les exigences croissantes de décarbonation.
Le cœur du dispositif repose sur un durcissement des mesures commerciales : les quotas d’importation d’acier exemptés de droits de douane seront réduits de moitié, et les surtaxes appliquées au-delà de ces volumes passeront de 25 % à 50 %, des taux similaires à ceux mis en place aux États-Unis et au Canada.
Enfin, le contournement des barrières douanières sera limité par un dispositif qui obligera les importateurs de produits en acier transformé de déclarer dans quel pays le métal d’origine a été produit. Objectif : freiner l’afflux d’acier à bas prix en provenance de Chine, d’Inde ou de Turquie, accusé de déstabiliser les marchés européens. Dans un communiqué, Aditya Mittal, le patron d’ArcelorMittal, s’était déclaré « sincèrement soulagé par les propositions de soutien de l’industrie européenne de l’acier annoncées. »

La « bonne nouvelle » s’accompagne d’autres annonces concernant le site de Fos-sur-Mer qui emploie 2 500 salariés et génère une activité pérenne pour environ 1 200 personnes dans les sociétés sous‐traitantes, selon les chiffres communiqués par l’entreprise.
ArcelorMittal à Fos : redémarrage du haut-fourneau n°1 programmé pour juin
Le haut-fourneau numéro 1, qui bénéficie actuellement de travaux pour allonger sa durée de vie, redémarrera en juin 2026, et le haut-fourneau numéro 2, actuellement en fonctionnement, restera en production. Des recrutements nécessaires pour des postes d’opérateurs/trices et de technicien(ne)s de maintenance (électriciens, mécaniciens, automaticiens…) sont lancés tandis que « la démarche d’amélioration de la productivité et de la performance se poursuit afin de renforcer la compétitivité. »
Afin d’accompagner cette montée en puissance du site, un budget d’investissement dédié est prévu, portant ainsi l’enveloppe d’investissements du site de Fos-sur-Mer à « 90 millions d’euros » pour l’année 2026. « Les études relatives au projet d’installation d’un four à arc électrique, élément clé de la trajectoire de décarbonation initiée en 2024 avec la mise en service d’un four poche, se poursuivent », précise enfin ArcelorMittal. François Sgro commente ce nouvel élan avec optimisme : « Une dynamique industrielle forte, tournée vers l’avenir. »
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