Le paysage politique local sorti des urnes ce dimanche 15 mars confirme les tendances lourdes observées ces dernières années au niveau national comme l’enracinement (RN) ou l’implantation (LFI) des extrêmes. Des évolutions qui parfois se télescopent avec les spécificités de chaque commune, et selon souvent la personnalité du maire sortant, son bilan et la durée de son règne, le cas échéant l’usure du pouvoir.
Trois grandes catégories de situation peuvent résumer la carte électorale dans le département selon les résultats du maire sortant. Il y a les grands gagnants dès le premier tour, les édiles accrochés, voire contestés, mais qui résistent. Et enfin ceux qui sont réellement menacés de perdre. Notre soirée électorale dimanche soir, au fil des résultats, permet de classer les principales communes dans l’une ou l’autre des catégories.
Des maires dans un fauteuil
Dans la première, celle des vainqueurs incontestables, on notera les réélections faciles autour de l’étang de Berre de Nicolas Isnard (74,71%) à Salon, Frédéric Vigouroux (57,45%) à Miramas, Martial Alvarez (62,91%) à Port-Saint-Louis, Laurent Belsola (70,48%) à Port-de-Bouc ou encore d’Eric Le Dissès (77,04%) à Marignane, Pascal Montécot (67,66%) à Pélissanne.
Plus au nord et à l’est, Jean-Pierre Serrus s’impose à La Roque d’Anthéron (54,59%), Arnaud Mercier (80,52%) à Venelles, Jean-Pascal Gournes (64,07%) à Meyreuil. Danielle Milon (53,72%) à Cassis, Alexandre Doriol (57,33%) à La Ciotat, Roland Giberti (80,27%) à Gémenos et Georges Christiani (73,90%) à Mimet, Lionel de Cala (75,77%) à Allauch et Amapola Ventron à Cabriès (64,41%) retrouvent confortablement leur fauteuil de premier magistrat.
Des ballotages favorables
Dans la deuxième catégorie, celles des maires challengés mais en ballotage plutôt favorable, une série de sortants devrait passer l’épreuve dimanche prochain sauf accident, à l’instar des villes les plus importantes du territoire après Marseille : Aix-en-Provence avec Sophie Joissains (39,41%), Arles avec Patrick de Carolis (34,09%), Martigues avec Gaby Charroux (35,71%) et Vitrolles avec Loïc Gachon (41,11%). D’autres maires sortants du département sont aussi bien placés même s’ils n’ont pas raflé la mise dès le 1er tour : Maxime Marchand (46,03%) à Sausset, Mario Martinet (38,86%) à Berre-l’Etang, Philippe Ginoux (45,72%) à Sénas, Hervé Cherubini (45,38%) à Saint-Rémy-de-Provence ou encore Hervé Granier (43,56%) à Gardanne.
Istres, Aubagne, Pertuis : des maires sortants en suspens
Enfin, quelques sortants parfois historiques, comme François Bernardini (32,25%) contre Robin Prétot (42,06%) à Istres ou Roger Pellenc (29,17%) contre Aurélien Auclair (43,43%) à Pertuis sont clairement en danger. Idem à Aubagne, où Gérard Gazay n’arrive qu’en seconde position avec 24,83% des voix. Vincent Languille (26,38%) au Tholonet n’est que troisième. Dans certaines communes, le maire historique ne se représentait mais apportait son soutien aux impétrants. Ils sont en situation parfois délicates comme à Fos avec Rémy Esnault (30,70%) arrivé derrière Philippe Maurizot (34,71%) ou encore Grégory Bouchet (24,20%) aux Pennes-Mirabeau face à une potentielle quinquangulaire au second tour.
A Marseille, la situation est aussi périlleuse pour Benoît Payan (DVG) même s’il demeure le favori. Arrivé en tête du 1er tour (36,70%), il pourrait bénéficier d’un report de voix des petites listes, d’une partie des électeurs de Sébastien Delogu (LFI) et de ceux de Martine Vassal (DVD), qui a annoncé son maintien au second tour, tous voulant faire barrage à la menace d’une victoire du Rassemblement National dont le candidat Franck Allisio pointe à 35,02%. Les abstentionnistes (47,82%) pourraient également se mobiliser dans le même mouvement. Autre facteur à ne pas négliger introduit par la réforme de la loi PLM : la prime de 25% à la liste arrivée en tête afin de favoriser une majorité claire.
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