La réforme de la loi PLM (en vigueur à Paris, Lyon et Marseille depuis 1982) a été adoptée définitivement à l’Assemblée nationale ce jeudi 10 juillet. C’est l’épilogue d’un long parcours controversé avec des oppositions ou des soutiens variés, dépassant les frontières partisanes, pour répondre à des logiques plus locales.
Ainsi alors qu’à Paris, les socialistes ont ferraillé contre le projet, à l’inverse à Marseille, le même parti a défendu la réforme. Même paradoxe apparent à droite et au centre où le gouvernement prônait le changement de mode scrutin alors que la droite locale à Marseille défendait l’inverse.
Laurent Lhardit : « mettre fin à une gestion électoraliste de notre ville »
Les réactions ne sont pas faites attendre. « Je me félicite de l’adoption ce matin par l’Assemblée nationale, à une immense majorité, de la réforme de la loi PLM (Paris-Lyon-Marseille), qui modifiera enfin le mode de scrutin de ces trois grandes villes, et ce, dès les élections municipales de 2026. Cette réforme introduit des progrès démocratiques qui permettront aux électeurs de ces trois villes de bénéficier enfin d’un mode de scrutin très proche de celui existant dans toutes les autres villes de France. Les Marseillaises et les Marseillais vont ainsi pouvoir élire directement les conseillers municipaux qui eux-mêmes élisent le maire, déclare ainsi le député PS des Bouches-du-Rhône Laurent Lhardit. Avec le Maire de Marseille, Benoît Payan, nous avons mis fin à une gestion électoraliste de notre ville qui abandonnait certains quartiers en fonction de leur vote. Le texte voté ce matin permet d’ancrer dans la loi l’égalité de tous les Marseillais devant le suffrage », estime le député de le 2e circonscription (7e et 8e arrondissements de Marseille).
Réforme de la loi PLM : « une magouille des Parisiens »
À front renversé, le mouvement Une Génération pour Marseille emmené par Romain Simmarano, proche de Renaud Muselier, dénonce « une magouille des Parisiens. »
Dans un communiqué, Une génération pour Marseille estime ainsi que « Pour la troisième fois, et malgré l’opposition massive du Sénat – la chambre des territoires – l’Assemblée nationale a choisi d’imposer à Marseille et Lyon une magouille de Parisiens. Cette réforme devait apporter simplification, elle apporte complexification avec une deuxième urne, et une deuxième élection dans chaque secteur. Sans aucun regard pour les compétences de proximité des maires de secteur ! Cette réforme devait apporter le principe « un électeur = une voix », elle reste inégalitaire, la prime majoritaire permettant à l’électeur du gagnant de peser nettement plus que l’électeur des suivants. »
Et d’accuser l’inefficacité du nouveau dispositif : « Cette réforme devait apporter l’élection directe du maire, elle ne change rien à l’affaire puisqu’on continuera d’élire un conseil municipal. Autrement dit, le remplacement de Madame Rubirola, élue par les Marseillais, par Monsieur Payan, pourra se produire de nouveau. Qu’on ne s’y trompe guère, donc. Cette réforme n’est qu’une petite opération parisienne, pour les Parisiens, et menée par les Parisiens avec quelques alliés marseillais ne calculant que leur intérêt politicien – Rassemblement National et Printemps Marseillais main dans la main. Malgré ce tripatouillage de Parisiens, malgré les jeux de couloir, malgré les combines, notre rassemblement va gagner en 2026. Notre détermination à incarner le changement, forte de cette coalition de la droite, du centre, et même des écologistes raisonnables comme des sociaux-démocrates, l’emportera parce que c’est ce dont Marseille a besoin. » La campagne est lancée.
Les sénateurs ont prévu d’user de leur dernier recours pour s’opposer au texte. Ils ont annoncé saisir le Conseil constitutionnel qui peut encore empêcher la promulgation du texte si les « Sages » jugent le texte non-conforme.
Grandes ou petites listes, à qui profitera la réforme PLM ?
La principale disposition est l’instauration d’un scrutin pour élire directement le conseil municipal, comme dans toutes les communes de France. Les mairies et les votes par arrondissements sont conservés (les mairies de secteur n’ont que très peu de pouvoir). En parallèle l’électeur, outre le vote pour son arrondissement/secteur, devra voter pour le conseil municipal de la ville avec, en tête de liste, la personne appelée à devenir maire. Ce deuxième vote enverra également les conseillers qui siégeront à la Métropole Aix-Marseille Provence.
Certains observateurs considèrent que cela va favoriser la notoriété des maires sortants, ou les personnalités connues, qui pourront présenter uniquement une liste pour le conseil municipal central, d’autres au contraire pensent que cela pourrait faciliter l’existence de petites listes qui ne présenteront pas de liste dans les arrondissements. Bref, en matière de clarté et de simplification, on a déjà, sans doute, fait mieux…
Lien utile :
La réforme de la loi PLM dans les archives de Gomet’














