Sans préjuger du résultat du second tour, notamment à Marseille où la bataille s’annonce serrée, l’affaiblissement de Martine Vassal au 1er tour à Marseille (-12 points par rapport à 2020) va avoir des conséquences sur la représentation politique métropolitaine (le scrutin « caché » des municipales), et, le cas échéant, sur la future présidence de l’EPCI.
Le poids de Marseille dans l’assemblée communautaire est en effet très important, avec 102 conseillers sur un total de 240 élus. Le nombre d’élus de la droite marseillaise va forcément régresser, potentiellement jusqu’aux deux tiers, voire plus, selon le résultat de dimanche prochain.

Le nombre de conseillers métropolitains issus de la droite marseillaise se situe, dans l’assemblée sortante, entre 35 et 40 conseillers, contre 42 pour le bloc Printemps Marseillais et neuf pour l’extrême droite. En 2020, Martine Vassal avait été élue à la présidence avec 145 voix sur 240, grâce à l’apport des voix des élus et maires hors Marseille. Une majorité absolue qu’elle aura du mal à conserver en 2026, avec un groupe de la droite marseillaise réduit et un affaiblissement politique personnel.
La montée en puissance de la gauche, si elle se confirme, garantit-elle la conquête du perchoir de la Métropole ? Pas certain du tout, car en dehors des 102 élus marseillais, le reste de la représentation est assuré par les maires des petites communes et quelques conseillers élus dans les grandes communes (voir tableau et graphique ci-dessous). Après le 1er tour, cette partie de la représentation reste majoritairement reconduite, en attendant les 33 élections programmées au second tour.

Majoritairement à droite, ils pourraient choisir un maire fédérateur (Nicolas Isnard, le maire LR de Salon réélu, est souvent évoqué en coulisses), issu de leur couleur politique, plutôt que de confier les commandes de l’exécutif à un élu marseillais. Mais Martine Vassal garde des cartes en main, car elle demeure présidente du Département des Bouches-du-Rhône (prochaines élections en 2028), une collectivité très influente auprès des maires du territoire, grâce aux projets que le Conseil départemental finance.

Une gouvernance partagée entre gauche et droite est-elle possible ? Le scénario avait échoué lors de la tentative de Jean-Claude Gaudin, premier président de la Métropole, qui avait proposé des vice-présidences aux maires socialistes Frédéric Vigouroux et Loïc Gachon. Une hypothèse torpillée en coulisses, notamment par les divisions au sein même du PS, fracturé entre Marseillais et le reste des Bouches-du-Rhône.
La photographie définitive des forces en présence dans la nouvelle assemblée métropolitaine sortira des urnes dimanche soir, ouvrant une période de tractations qui s’annonce particulièrement animée.
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