L’Association régionale des organismes HLM des régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Corse (AR HLM Paca & Corse) a fêté son 50e anniversaire le 10 juin dernier au Mucem à Marseille. En télescopant la visite de Juliette Méadel, ministre déléguée chargée de la Ville. Robin Hamadi, directeur, répond à trois questions d’actu de Gomet’.
La visite de la ministre de la ville Juliette Méadel a suscité nombre de réactions dans le mouvement HLM. Comment avez-vous reçu les propos de la ministre dans votre association ?
Robin Hamadi : Nous déplorons les propos de la ministre car ils sont très injustes. Voyons les chiffres de ce fameux l’abattement de 30 % de la taxe foncière sur les propriétés bâties (la TFPB). L’abattement fiscal a concerné 22 millions d’euros pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et 13 millions d’euros pour les Bouches-du-Rhône. Cet abattement n’est pas un cadeau. Il a été obtenu notamment par un soutien à la médiation, par un investissement sur la sécurité. Les bailleurs ont mis un million d’euros sur la table alors que ce n’est pas de leurs compétences première. La moitié de l’exonération obtenue correspond à du soutien à l’action sociale dans l’habitat social. Il faut relativiser avec les chiffres. Les HLM dépensent 800 millions d’euros par an dont 200 millions dans les quartiers difficiles. Nous sommes obligés d’investir dans la sécurité mais aussi dans des travaux qui dépendent de la sécurité : nous faisons des réparations qui sont dues aux dégradations du commerce illicite et du trafic de stupéfiants.
Nous ne comprenons donc pas les propos de la ministre qui ont été très mal perçus par nos salariés. Nous avons 1 800 gardiens dans la région, 400 à Marseille dont 300 qui vivent dans les quartiers. Ce sont des gens qui sont parfois en danger : comment peut-on leur dire qu’il faut mettre le turbo ?
Vous fêtez les 50 années de ce qui reste l’ARHLM malgré la volonté de changer de nom et de devenir AR Habitat Social Paca & Corse. Après un demi-siècle, qu’est-ce que le mouvement HLM peut apporter dans notre région ?
R. H. : J’ai voulu que nous marquions cette étape par une manifestation aussi studieuse que festive. Les HLM souffrent d’une image dégradée, alors que la réalité vécue est très différente. J’ai donc commandé cinq études sur l’environnement social dans le logement. Elles ont pour but d’objectiver la situation du logement social dans la région en fournissant des données chiffrées pour sortir des idées reçues et des ressentis… Nous avons commencé à révéler le 10 juin dernier les premiers chiffres. 9 000 logements devraient être produits chaque année. Or la région peine à en produire 6 000.
L’accroissement du nombre de ménages demandeurs d’un logement social correspond aujourd’hui à deux nouvelles demandes par heure.
L’accroissement du nombre de ménages demandeurs d’un logement social correspond aujourd’hui à deux nouvelles demandes par heure. Si on analyse les motifs de cette demande, on constate que les situations d’urgence (reprise du logement par le propriétaire, violences intrafamiliales, suroccupation, insalubrité) concernent 92 000 demandeurs. Le nombre total de demandeurs sur la région atteint à fin 2024, 184 000 demandes réelles (hors les demandes de ménages déjà dans le parc social). Pour répondre à la demande de tout le monde, il faudrait multiplier la production par plus de 4 (25 000).
Et vous démontrez que construire du logement social rapporte à la commune de résidence…
R. H. : Oui et notre étude est très précise : chaque fois qu’on loge un salarié qui sort du social privé, pour intégrer un logement social il y a un gain de pouvoir d’achat et ce supplément de pouvoir d’achat bénéficie massivement à la commune de résidence. C’est un message à envoyer au maire et aux candidats à la veille des élections municipales : plus on crée de logement social, plus on génère des dépenses locales.
Si on logeait dans le parc HLM tous les ménages demandeurs d’un logement social au 31 décembre 2024 dans une des 92 communes du territoire de la métropole Aix-Marseille-Provence, cela générerait 140 M€ de retombées économiques supplémentaires pour le territoire.
Document source : étude sur les besoins en logements sociaux
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